Répéti-son - Allitérations et Assonances.
On aborde ici les allitérations et les assonances.
Pour se souvenir de la différence entre ces deux figures de style, le mot assonance se finit par la voyelle -e, et concerne donc, les voyelles et le mot allitération se termine par la consonne –n, et de fait, concerne donc les consonnes.
Le trait commun réside dans la répétition d'un son. Voici quelques exemples, dont certains très connus.
— De ce sacré soleil dont je suis descendue (Racine)
— Pour qui sont ces serpents qui sifflent au-dessus de vos têtes (Racine)
— Les sanglots longs des violons de l'automne (Paul Verlaine)
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Cet exercice consiste à faire une liste de mots autour d'un son choisi.
Prenons le son "aire".
L'orthographe n'intervient pas dans la démarche, seul compte le son.
Une fois la liste établie, écrire un quatrain et/ou un texte plus long en utilisant tout ou partie des mots, comme un magasin de sons.
Les temps indiqués sont juste pour informer. Suivant qu'on le fait seul ou à plusieurs, on peut moduler le délais de réflexion.
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Liste de mots en son ère ou aire (15 minutes)
A, air, anniversaire, amère, Angleterre, aviaire, affaire, B, bancaire, C, calvaire, coléoptère, cinquantenaire, calcaire, caractère, caténaire, cerf, D, diptère, documentaire, délétère, dessert, E, éphémère, F, fer, Finistère, faire, G, grammaire, H, haltère, I, indiffère, identitaire, J, jachère, L, linéaire, légionnaire, M, militaire, minister, montgolfière, millionnaire, misère, P, partenaire, préfère, pépère, panthère, passagère, R, repère, S, sous-clavière, square, T, trentenaire, tonnerre, terre, U, unitaire, V, vénère, vétérinaire...
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Quatrain (10 minutes)
J'ai pris une chanson de Charles Trenet, car je n'étais pas inspiré mais je me rattraperai pour le texte long.
Dans la vie faut pas s'en faire, Moi je ne m'en fais pas
Toutes ces petites misères, seront passagères, tout ça s'arrangera
Je n'ai pas un caractère à m'faire du tracas
Croyez-moi sur terre, faut jamais s'en faire, moi je ne m'en fais pas
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Texte plus long (30 minutes)
Un anniversaire pour la reine d'Angleterre
C'était l'anniversaire de son petit frère et cela rendait bien amère, notre reine d'Angleterre. Malgré la grippe aviaire, elle prit ses petites affaires, passa à son agence royale bancaire pour retirer de l'argent afin d'acheter un cadeau à lui offrir.
Après un petit calvaire pour son service de sécurité, attaqué par d'étranges coléoptères, elle se retrouva au final invitée pour le cinquantenaire du directeur de l'agence, trop heureux de le fêter avec sa majesté. Cependant, en présence de son altesse, le bougre fut pris d'un coup de calcaire, car très sensible, il manquait sans doute de caractère.
La reine réalisa qu'elle irait bien se faire un tour incognito dans un train de banlieue, car cela lui rappelait son enfance, les wagons, les caténaires, les gares et même des montgolfières. Elle n'aimait pas les mouches, ces étranges diptères qu'elle avait vus dans un documentaire s'affairer sur la dépouille d'un pauvre cerf. Aussi sortit-elle de la banque à l'ambiance délétère et se dirigea vers Trafalgar Square et Saint Pancras, suivi de sa petite armée.
Pendant le trajet, consciente de toutes ces choses éphémères, elle se plongea dans un magazine parlant du Finistère. Puis, entre deux coussins, elle découvrit un vieux livre de grammaire en français. Décidément, ces mangeurs de baguettes l'étonneraient toujours. Pour s'occuper, son personnel sécuritaire levait des haltères, lisait les journaux sur ces phénomènes identitaires qui secouaient certains quartiers de Londres et du pays.
Son altesse semblait à son affaire, trop heureuse de se mettre en jachère. Dans la voiture restaurant, elle put admirer quelques linéaires de desserts. Edith Piaf chantait mon légionnaire sur une petite télé. Cela lui donna à penser à tous ces militaires qui l'entouraient pour assurer sa sécurité et l'empêcher de voir toute la misère de certains quartiers. Certes millionnaire, elle avait perdu son mari, son partenaire, son repère.
Alors la bougeotte la prenait, impossible de se tenir pépère. Visiter un zoo, voir des panthères. Cela la fascinait. Se comporter comme une simple passagère la ravissait. Oui, ses mains s'engourdissaient de temps à autre, alors elle se massait les sous-clavières. Terribles, tous ces fourmillements en raison de son âge, le sien étant fort avancé. Cette jolie trentenaire qu'elle voyait dans le reflet de la vitre s'en était allé depuis fort longtemps.
Elle repensa à son domaine, à ses chiens, à ses chevaux. Il faudra qu'elle parle un jour prochain, à son vétérinaire, car sa jument prenait peur au moindre coup de tonnerre. Elle ne tenait pas à se retrouver par terre, les quatre fers en l'air, si elle devait encore la monter.
Oui, se répéta-t-elle, Il faudra qu'elle parle aussi au prime minister. Elle refusait qu'on la vénère. Toutes ces foules, à chacune de ses sorties, toutes ses mondanités l'épuisaient et tous ces articles dans cette presse people. On lui donnait à croire que les manifestations de ses sujets se voulaient unitaires. Mais pour elle, le cœur n'y était plus.
Elle souhaitait en présent s'en aller, rejoindre ses ancêtres et son mari, six pieds sous terre.
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