Une ferme mystérieusement silencieuse . . .

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J'étais à l'orphelinat hier. Je m'y rends souvent lorsque j'ai du temps libre pour dispenser des leçons aux enfants. Ils apprennent vite ! Si on leur donne leur chance, ils peuvent tous avoir de bons métiers et un bel avenir. Historia a vraiment bien fait de créer cet établissement pour les orphelins démunis des bas-fonds ! Et nous devons aussi remercier Livaï qui a soutenu et défendu le projet de notre reine. Étant lui-même originaire de la ville souterraine, personne ne pouvait comprendre ces enfants et leur besoin d'aide mieux que lui.

En me rendant sur place, j'ai constaté que certains enfants étaient malades. Ils ont attrapé une fièvre. J'ai donc promis de leur préparer le remède adéquat. Je le connais bien, mon père, qui était médecin, m'a beaucoup appris. Seulement, pour préparer ce remède, il faut une plante qui ne pousse pas dans la région mais un peu plus loin, à quelques kilomètres. Voilà pourquoi je me suis levée tôt ce matin, je dois aller la cueillir pour préparer le remède et soigner les enfants.

Après mon réveil, je me lave les mains, le visage et les dents. Je m'habille d'un pantalon bleu foncé et d'une chemise blanche. J'enfile mes bottes de cuir brun, une cape noire et je descends les escaliers. Je passe par le réfectoire. Le caporal-chef Livaï est assis à une des tables, une tasse de thé à la main. Il m'interpelle :

- Tu vas chercher cette fameuse plante dont tu parlais hier soir ?

- Oui, les enfants en ont besoin le plus vite possible !

- Depuis que nous avons renversé l'Ancien Régime, nous ne faisons plus grand chose de nos journées, si ce n'est préparer et attendre la prochaine expédition. Je m'ennuie, j'ai besoin de me dégourdir les muscles. C'est pour ça que je t'accompagne.

À ces mots il se lève et, après être allé chercher sa cape, se dirige vers la porte. Il me lance, sans se retourner :

- Alors ? On y va, oui ou non ?

Je lui emboite le pas.

Nous sortons du bâtiment et nous dirigeons vers les écuries. Chacun s'approche de son cheval pour le seller. Puis nous montons en selle et lançons nos chevaux au pas, puis au trot.

L'aller se déroule sans accroc. Nous traversons des prairies et une forêt. Le soleil brille et il fait bon. Les chevaux vont bon pas et je caresse la crinière blanche du mien de temps à autre tout en discutant de sujets et d'autres avec le caporal-chef dont le cheval noir trotte près du mien.

Nous arrivons, au milieu de la journée, au lieu où pousse la plante recherchée. J'en remplis ma sacoche pendant que Livaï s'occupe de donner à boire aux chevaux.

Une fois que ma sacoche est pleine, que nos montures se sont abreuvées ainsi que nous, je dis au caporal-chef :

- Rendons nous immédiatement à l'orphelinat ! Je crois qu'il y a là-bas tous les autres ingrédients dont j'ai besoin. Ainsi, je pourrai donner le remède aux enfants dès qu'il sera prêt ! Cela vaut mieux.

- Alors ne perdons pas plus de temps.

Nous montons à nouveau sur nos bêtes et les lançons au trop.

Nous avons parcouru la moitié du chemin lorsque nous passons près d'une petite ferme. Elle est entourée de quelques champs de dimensions moyennes. Je l'observe quelques secondes avant de tirer sur les rennes de mon cheval pour nous arrêter. Le caporal-chef, voyant que je me suis arrêtée, tire à son tour sur les rennes de sa monture avant de me demander :

- Que se passe-t-il ? Pourquoi t'arrêtes-tu ?

- Quelque chose ne va pas.

- Quoi donc ?

- Vous entendez ?

- Non, je n'entends rien du tout à part le bruit du vent qui agite les feuilles des arbres et les tiges de blé.

- Justement, voilà ce qui ne va pas ! Cette ferme est beaucoup trop calme ! On n'entend pas un animal, pas une personne ! Et pourquoi personne ne cultive les champs ou ne s'occupe des bêtes tant qu'il fait encore jour ? Ne travaille-t-on pas jusqu'à la tombée de la nuit dans une ferme ?

- Maintenant que tu le dis, c'est vrai que le coin est anormalement silencieux.

C'est en effet si étrange que cela en devient mystérieux, et j'ai besoin de satisfaire ma curiosité, alors je dis, sans réfléchir :

- Allons voir !

Aussitôt, je descends de cheval et m'approche de cette exploitation agricole. Je peux entendre des pas derrière moi : Livaï m'a suivie sans aucune hésitation.

Après quelques minutes de marche, nous arrivons devant la porte de la ferme. Elle est barricadée, des planches de bois, fixées dessus, empêchent qu'on l'ouvre. En levant la tête, nous constatons que toutes les fenêtres de la maison ont subi le même sort.

- Recule, me dit mon caporal.

Je m'exécute. Livaï s'approche de la porte et lui met un coup de pied si puissant qu'elle vole en éclats !

Nous pénétrons dans la demeure. Elle est plongée dans l'obscurité, seuls les quelques rayons de soleil capables de passer entre les planches qui barricadent les fenêtres permettent d'éclairer un peu l'endroit. À chacun de nos pas, le plancher de bois craque et de la poussière se soulève. Cette habitation est très sale, on ne l'a sûrement pas nettoyée depuis un bon bout de temps. Je peux distinguer une grimace de dégoût sur le visage de Livaï. Il y a aussi une odeur nauséabonde qui flotte dans l'air. Je mets mon mouchoir sur mon nez pour m'empêcher de respirer cette puanteur et éviter de vomir. En tournant la tête, je constate que mon supérieur a pris la même initiative.

Nous arrivons dans la pièce principale. L'odeur se fait de plus en plus forte et, lorsque nous découvrons sa provenance, je ne peux m'empêcher de pousser un cri de surprise et d'horreur . . .

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