316. Le cristal
Depuis la pluie incarnate, les rumeurs allaient bon train sur les terres du royaume. Et le mystérieux convoi qui arriva de nuit jusqu'aux portes de la capitale n'atténua en rien les racontars et les obscurs témoignages.
Le Professeur Corvino, même s'il avait par précaution dépêché ses petites souris à travers la cité, n'accordait que peu d'importance aux ragots de ses concitoyens de basse extraction. Seuls lui importaient les fragments de la météorite que les survivants d'Eluria avaient ramassés pour lui. Et, dans les profondeurs inaccessibles de l'Université, il tentait de réassembler les pièces de ce puzzle tombé du ciel.
Il avait perdu depuis longtemps le fil des heures lorsqu'en approchant deux éclats, il sursauta. L'espace d'une seconde, il avait entendu, à peine plus fort qu'un souffle comme s'il parvenait de très loin, un hurlement sauvage. Il frémit au souvenir de ce vieil adage appris lors de sa propre scolarité ici même.
Il est des caprices de la Nature que la Science ne peut expliquer, mais il est du devoir des érudits de percer ces secrets, de les théoriser et de les démontrer.
Se trouvait-il face à l'une de ces énigmes ? Ou existait-il des questions auxquelles il était plus sage de ne jamais apporter de réponse ? Quelle était l'origine de cet étrange astéroïde ? Recélait-il une forme à révéler ?

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