339. Les navires pestiférés
Pour Lord Baltimore, si la vie avait presque repris son cours, Sélène illuminait encore ses nuits, sans sommeil pour la plupart, de reflets de sang.
De France, il avait ramené les images de ces vastes champs de boue noire, aux cratères plus nombreux qu'à la surface de la Lune, de ces tranchées où s'entassaient des hommes aux yeux hagards, aux visages si creusés qu'ils ressemblaient à des fantômes, de ces cadavres qui pourrissaient dans la fange, hors d'atteinte d'une ambulance qui les aurait ramenés vers l'arrière.
Sur les rivages déchirés du Maine, il retrouva un peu de cette paix d'autrefois.
Par une glaciale journée de janvier, un télégramme lui parvint :
" Votre harpon toujours affûté ? Stop. Ici peste étrange, émigrés européens. Stop. Votre aide requise. Stop. Urgence. Stop. Col. Bingham. "
Les jours tranquilles tiraient à leur fin, songea-t-il, le regard plongé dans les vagues qui frappaient la côte sauvage.
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