356. Valse sur la glace
Je continuais d'écouter l'histoire que racontait Mamie Estelle à Emily sur son envolée amoureuse avec Papy Merrill.
" Tu vois, ma chérie, je n'ai pas donné tout de suite de réponse à ton arrière-grand-père.
- Tu lui as dit quand ?
- Le lendemain, quand je l'ai emmené à la patinoire. Je ne voulais pas me précipiter sans non plus le laisser dans l'incertitude, mais mon cœur débordait de tant d'allégresse que je ne pouvais pas moi-même rester aussi longtemps sans lui exprimer mes sentiments.
- Et ensuite ?
- Tu me sembles bien pressée de connaître la suite.
- Oui !
- Papy Merrill, à vivre depuis toujours ici, n'était jamais monté sur des patins à glace. Comme tu peux l'imaginer, il était bien gauche quand il s'est élancé. Quant à moi, je lui ai fait une démonstration. Et je crois que je ne m'étais jamais sentie aussi légère sur la patinoire. J'ai tourné, tourné et Merrill chutait, se relevait, cherchait son équilibre. Il riait si fort que les gens le regardaient avec dédain.
- Ça veut dire quoi, Mamie ?
- Qu'ils le toisaient de haut et il s'en fichait royalement. Ce qui a fini de me convaincre si je devais avoir encore quelques doutes, ce qui n'était pas le cas.
- Je l'ai rejoint, je lui ai tendu les mains et quand il a été tout près de moi, je lui ai murmuré que j'acceptais de me marier avec lui. Son sourire était si lumineux à cette minute que j'ai eu l'impression que la lumière du soleil transperçait les nuages. Ensuite, c'est ensemble que nous avons valsé sur la glace. Jusqu'à aujourd'hui, d'une certaine manière.
- C'est tellement beau, Mamie.
- Oui, ma puce. Toi aussi, tu vivras ça un jour. "
Captivé, je n'avais pas entendu Papy Merrill entrer dans le salon. Un doux sourire flottait sur sa barbe blanche. L'amour continuait de creuser de profonds sillons entre eux et je me pris à espérer de connaître la même ferveur éternelle avec Beatrice.

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