385. Vers la lumière
La tempête secouait avec une telle violence l'avion que je me demandais si elle ne cherchait pas à nous retenir prisonniers.
Ballotté en tous sens, Alejandro essayait de se signer. Dans le ronflement des moteurs, j'entendais sa prière. Quant à moi, je me cramponnais aussi fort que je pouvais à la banquette, mais je ne réussissais qu'à tressauter comme une marionnette désarticulée en jurant comme un charretier.
Depuis le cockpit, Jules gueula :
" Il va falloir que nous nous délestions de notre cargaison. "
Je parvins à ramper jusqu'au poste de pilotage.
- Après tout ce qu'on a traversé pour la ramener, tu veux t'en débarrasser ?
- Pas le choix ! C'est ça ou le crash ! "
Il tirait si fort sur le manche que ses bras semblaient parcourus d'épais câbles électriques. Il serrait la mâchoire à s'en faire grincer les dents. Je me glissais dans le siège du copilote.
" À nous deux, nous allons ramener ce vieux coucou vers la lumière ! Dis-moi juste quoi faire, Jules.
- T'es cinglé, Jimmy !
- Ouais, mais je ne lâcherai pas notre or ! "
Puis je m'adressai à notre DC3 :
" Redresse, saloperie ! Redreeeesse ! "
" Ô Soleil couchant ! Quoique l'heure soit venue; je module encore sous toi, si nul autre ne te chante, mon hymne d'adoration sans mélange. "
Walt Whitman
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