439. Fahrenheit 451

Une minute de lecture

L'horizon s'enflammait de l'orangé et de l'or du couchant quand l'info tomba en ce dimanche soir.

Dean Stagg apprit la déflagration par les messages qu'il reçut sur son téléphone. L'orage grondait et il avait fini par s'abattre. En réaction aux autodafés qui soulevaient autant d'hourras que de vagues d'indignations, au dialogue définitivement rompu entre les hommes, le gouvernement décidait la destruction systématique de tout livre.

Adieu Shakespeare !

Adieu Hemingway et Faulkner !

Adieu Sagan !

Adieu Platon, Cervantès, Camus !

Adieu à ces hommes et ces femmes aux doigts de plume.

Stagg était trop abasourdi pour pleurer.

Tous ces petits courants populistes s'étaient réunis en un énorme torrent fascisant. Sous son poids, les barrages du bon sens, de la démocratie avaient cédé pour engloutir les gens sous un régime autoritaire. Et pour assassiner de l'intellectuel, le feu.

Stagg contempla les rayons pleins de sa bibliothèque. Les livres étaient devenus des armes. Il avait peur.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Shephard69100 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0