454. Tout au bout

Une minute de lecture

Les alizés portaient en leur sein le printemps, mais l'hiver se refusait à abdiquer. De froides brumes remontaient la baie, incapables pour l'heure de franchir les limites de la terre. Et, comme une vigie farouche, le corail délavé de la cabane du vieux Lars, notre voisin, tranchait sur l'ardoise du brouillard.

J'entendis tout à coup un blop-blop-blop et je me penchai par-dessus la rambarde de bois. Je ne vis rien d'autre que le glauque des rivages, les ombres impénétrables qui glissaient juste sous la surface et quelques blocs de glace qui couraient dans les remous de la baie. L'excitation plus forte que la peur, je me courbais encore davantage sur la coursive vermoulue. Une voix noire me repoussa en arrière :

 " Tu f'rais bien de pas t'appuyer là-d'ssus. Si tu tombes dans le port en c'te saison, tu s'ras gelé avant qu'on ait pu te repêcher. "

Depuis le seuil de son atelier, le vieillard m'observait d'un œil mi-clos. Autrefois, il était plongeur. D'abord de combat, murmurait-on. Puis sur les plateformes pétrolières. J'avais toujours été curieux de ces profondeurs qu'il avait explorées.

 " J'ai entendu quelque chose dans l'eau, m'sieur.

 - Tu f'rais mieux de te plonger dans tes études plutôt que dans c'qui s'passe sous la surface. "

Et il disparut dans l'obscurité de son appentis. Et si j'osais lui rendre visite un soir pour entendre ses histoires ?

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