477. Six shooter

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Au rai de lumière jaune sur la nuit, je devine que quelqu'un s'est introduit dans ma piaule. Le temps que j'aille chercher deux bières au distributeur. Je pense au revolver glissé sous mes chemises, à côté de mon pochon de weed. Je pense à mes notes qui traînent sur la table qui me sert de bureau. Je pense à cette énergie déployée pour me remettre sur de bons rails.

Dans le meilleur des cas, c'est Penn qui veut s'entretenir avec moi sur la suite de notre investigation. Dans mon désir le plus fou, c'est Homme qui est descendu des collines pour accepter notre interview. Mais quelque chose me souffle, probablement suggéré par la furtivité de l'intrusion ou la sensation que ce même quelqu'un veillait dans l'obscurité et a attendu que j'ai le dos tourné pour s'introduire chez moi, que je fais fausse route. Ne chercherait-on pas plutôt, avec de telles méthodes, à m'intimider ?

Je saisis les bouteilles par le goulot, une dans chaque main, prêt à les fracasser sur la tronche des intrus. Puis je plonge dans la pièce, aussi remonté qu'effrayé. La porte et mon cœur cognent, l'un en résonnant contre le mur de la chambre, l'autre à tout rompre dans ma cage thoracique.

La jolie fille que j'avais aperçue quelques jours plus tôt est assise sur mon lit défait, une roulée entre les lèvres. Elle tient mon Colt d'une main détendue, mais me semble-t-il promte à réagir au cas où. Son air farouche m'évoque étrangement les tueurs à gages de la mafia italienne, ses yeux noisette me scrutent si intensément que ma raison se met à vaciller, mon âme à scintiller. Et mon palpitant s'emballe.

Cool, podna ! Joue-la cool !

 " Je vous offre une bière ?

Elle rit.

 - Pourquoi pas ? "

Je décapsule l'une des Budweiser, la lui tends. Sa gorge monte et descend tandis qu'elle boit à la bouteille. Elle capte que je l'observe, me sourit. C'est comme la Lune quand elle émerge de derrière les nuages et illumine l'océan. Je lui lance :

 " Vous me cherchiez ?

 - J'attends depuis deux heures sur le parking le moment opportun.

 - Vous voulez me trucider ?

J'essaie de plaisanter en pointant mon six-coups entre ses doigts séduisants.

 - Oh ! Non. J'aime juste les armes et j'ai aperçu la crosse dans votre valise.

 - Pourquoi vous êtes là, alors ?

 - Vous posez pas mal de questions sur Josh Homme.

 - Yep. Je prépare... nous préparons avec mon collègue un papier sur lui, sur les raisons qui l'ont poussé à venir dans le désert.

 - Je peux vous mener à lui, si c'est ce que vous voulez, Matthew Wright.

 - Vous connaissez mon nom ?

 - Vous avez quelques très bons articles. Jamais accablants et assez amusants, je dois avouer.

 - Alors, vous en savez plus sur moi que moi sur vous.

 - Que voulez-vous savoir de moi ?

 - Comment vous vous appelez. Pour commencer.

Elle rit encore. C'est comme le tintement du cristal sur les tessons de mon cœur abîmé.

 - Je m'appelle Carmen. "

Les tatouages floraux qu'elle arbore sur le bras m'envahissent la poitrine. Lentement, elle déboutonne sa blouse.

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