590. Le maelström

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Le maelström voulait notre mort.

Sous son ventre noir, nous roulions d'un bord à l'autre d'une arène louvoyante, aux murailles liquides veinées d'écume. Le vent hurlait dans les haubans. Le Capitaine l'imitait depuis la barre de notre galion, mais ses mots se perdaient dans la furie de l'ouragan, dans les paquets de mer qui s'abattaient sur le pont et emportaient les hommes.

Zébrures diamantines des éclairs qui dansaient autour de nos voiles gonflées, prêtes à se déchirer dans un monde où bas et haut se mêlaient, où la peur et l'espoir nous cinglaient le corps et l'esprit avec une même rage.

Nous étions fétus de paille dans la tourmente et il ne nous restait plus qu'à nous agripper au bastingage, aux cordages et prier. Et, tout à coup, la peur me quitta.

Ce typhon à la gueule, je me surpris à le bénir. Car il est des leçons que l'on n'entend qu'au plus fort des tempêtes.

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