Autobiographie
Il est bien plus aisé d'écouter ses amis se confier que de livrer à la feuille un bout de soi à travers des mots bien trouvés. Des anecdotes, j'en ai plein les poches, elles sont en boules quand elles sont trop moches. Des souvenirs, je pourrais en remplir des malles, je les ai pliés en deux pour les délivrer les jours pluvieux. Des vestiges d'un passé froissé dorment au fond d’un panier dans un coin de mon grenier, je préfèrerai les gommer. Puis il y a mes sourires dissimulés dans mes pages au travers de mes histoires.
J’ai tourné dans tous les sens par quel bout prendre ce défi et pour la première fois, les mots m'ont fuis. Ils se sont ligués pour me torturer. Non, à aucun moment ce n'est le syndrome de la page blanche, sinon je n'étalerai pas un brin de mes pensées sur le papier, elles s'affolent depuis que mes doigts s'agitent sur le clavier.
Je vois vos yeux briller, curieux de lire ce que je voudrais vous livrer. Il est difficile de parler de soi-même, peut-être devrais-je demander à ceux qui m'entourent de tout leur amour. Je connais certains de mes personnages qui seraient ravis de balancer des potins des plus croustillants, des petits riens à se mettre sous la dent. Ne vous gargarisez pas, je suis une femme des plus banal. Enfin, aux dires de mon homme, je suis géniale. Oula ne faites pas cette tête, rien de coquin pour une fois.
Née sous le signe du Cancer dans un département au bord de la mer, je rêve sans cesse les yeux ouverts. Alors rien d'étonnant de trouver mes pensées se balader au fil de l’eau. Je sème des galets au rythme de mes envies. J'accroche mes vers au vent pour leur offrir un peu d'allant. Si je manque de rimes, je m'enthousiasme au soleil couchant. Dans l’horizon, je perçois les prémices de mes poésies, un seul souffle s'immisce, courant d’air emportant mes facéties.
Vous devez penser que je brode pour remplir l’espace pourtant souvent je déborde quand mes émotions me dépassent. Si la vie me malmène, je me démène pour ne pas sombrer. Je suis une vraie fontaine, les larmes glissent sans peine. Être sensible n'est pas un défaut, même si certains pourraient le considérer comme un fardeau.
Je m’enthousiasme pour un rien, un escargot en virée à la rosée du matin, une fleur au parfum subtil souvenir d’antan, un héron faisant le pied de grue sur la Loire. Je peux fixer un nuage avant l’orage se métamorphoser en dragon, un arc-en-ciel révéler ses couleurs dans une palette grisée. Chaque instantané est une source dans laquelle je puise sans me lasser.
J'avance pas à pas et finalement à bien réfléchir, la meilleure des manières de vous satisfaire est de laisser faire mes mots jouer une partition à leur façon. Peut-être suis-je à côté de la plaque, hors sujet ! Après tout j’adore sauter dans les flaques après la pluie, une belle claque pour chasser les ennuis. Si j’ai des secrets, ils sont bien gardés dans mon jardin, je les cultive sans regret. Si je les récolte, désinvolte ce sera pour les distribuer avec parcimonie dans mes textes, mes récits.
Comme souvent, je viens de lire à celui qui partage ma vie, mes petits bouts parsemés ici et ailleurs. À peine suis-je arrivé à ce passage, qu'il m’a dit avec malice, c'est déjà fini ! Mince, il est gourmand le bougre. Comment vais-je pouvoir m'étaler de telle sorte de ne pas abuser de votre patience ?
À bien réfléchir, si je dois être sincère sans poser de frontière entre vous et moi, la meilleure solution est d'utiliser la formule poétique avec laquelle je m’amuse sans cesse. Paresse ou liesse, allez savoir.
Allez à l’essentiel, trouver un moment fort, un souvenir perdu
Un sacré défi quand les idées se bousculent au portillon.
Tracer un chemin direct alors que j’adore emprunter des sentiers inconnus.
Oups, ne vous inquiétez pas, je ne perds pas l' Nord.
Bon, je vous l’accorde tout cela peut paraître confus.
Il ne faut pas grand chose pour que je parte dans toutes les directions
Oscillant entre un projet, un rêve à poser dans le décor.
Graver mes pensées dans un petit coin avec attention.
Rire de mes bêtises que j’empile sans le moindre effort.
Accepter de lâcher prise quand la vie me bouscule
Pas facile quand on connaît ma sensibilité.
Hurler parfois je le voudrais pour refouler mes peurs ridicules.
Incroyable challenge, il fallait vraiment oser
Exposer une part de notre personnalité.
Réponse à un défi : autobiographie

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