Premiers pas
J'ai eu, comme tout le monde, des périodes difficiles dans ma vie des moments de doute et de dégoût.
Je vous rassure, je ne vais pas vous raconter ma vie. Les autobiographies me font bâiller d'ennui et cette complaisance envers soi-même me fait bondir.
En revanche, j'aimerais, avant de quitter cette triste comédie, nommée la vie, partager avec vous quelques mots.
Nous nous noyons jour et nuit dans une infâme logorrhée et je me blâme de ne pas savoir tenir ma langue, mais certains mots méritent d'être sauvés.
Je pensais avoir fait le tour de tout et plus rien ne me touchait.
Je ne croyais plus dans l'argent, la gloire, l'amour, la religion, la patrie, la révolution, la musique, la philosophie. Mon âme était noire et calcinée, un goût de cendres ne quittait pas ma bouche.
Je me doutais bien que le problème venait de moi et sûrement pas du monde extérieur : j’ai toujours refusé de faire porter aux autres le poids de mes erreurs et errements.
Totalement perdu, j'ai lu le Tao, et plus précisément les poèmes de Lao-Tseu.
Quelques mots sont venus à moi et ne m'ont plus jamais quitté :
"Ainsi celui qui sait se contenter est toujours content. "
Jour après jour, depuis des années, je n'ai jamais cessé de méditer ces paroles de sagesse.
Et j'ai compris, oui c'était moi, uniquement moi, qui devait changer.
J'avais enfin trouvé le secret de la paix et du bonheur, un chemin intérieur paisible et puissant.
Et j'ai aussi appris à aimer, à savourer cet art subtil qui consiste à tout dire en quelques mots.
Depuis, chaque jour je m'astreins à la sévère discipline des haïkus.
Chaque jour, j’accueille un nouvel haïku,qui me fait aimer passionnément cette vie, et je partage avec vous mon doux secret :
En secret ces quelques
mots qui sait se contenter
est toujours content

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