VI

4 minutes de lecture

Ce fut une chance pour nous que nous eussions des facilités à comprendre cette matière, car nous pouvions échanger des mots entre quelques notions récitées avec aisance par le professeur, Harvey Robert. Et à entendre son accent, il semblait tout droit venu d’Angleterre. Cette île où la royauté était le centre de leur monde. Ridicule, avais-je pensé sournoisement en levant les yeux au ciel. Puis après réception du mot, le professeur Harvey nous imposait un devoir à rendre dans deux jours. Un travail à rendre en binôme et cela nous avait comblé, car meilleur binôme que nous deux, il n’en existait sûrement pas d’autre.

— Vous allez me rendre un devoir sur le dernier cours, le dualisme de substances cartésien. Le cogito ainsi que sur le grand problème, ledit mind body problem. Peut-être que parmi vous autres jeunes étudiants, étudiantes. Il y aura peut-être des réponses intéressantes. De ce fait, je vous laisse, car c’est la pause déjeuner ! Bonne journée à vous et à jeudi !

Lorsque je pris ma chemisette que je rangeais dans mon sac, je rejoignais Lydia qui m’avait attendu quelques rangs plus bas. Et quand nous fûmes réunis, elle m’avait dit :

— J’adore le thème qu’il nous a donné. De plus, tu lis bien trop dans mes pensées, Judith. Tu m’agaces. Comment sais-tu que je n’ai plus que ce beau brun ténébreux en tête ?

Judith sourit allègre.

— Je sais que tu sais que je sais ce à quoi tu penses, répliqua-t-elle.

Sa phrase que je ne compris pas sur le moment m’avait fait sourire, et nous partîmes de la salle, dotée d'une joie légère. Cette douce journée qui semblait nous remplir de bonheur. Puis ce ne fut que dans les couloirs de l’université que nous avons croisé la bande de pétasses acrobates aux deux jumelles qui semblaient régner en maîtresses dans les couloirs.

Vêtues pour faire leurs acrobaties, elles nous avaient ignorés pour mon plus grand plaisir, mais cela ne laissait présager rien de bon. Je les connaissais comme ma poche et elles voulaient probablement nous faire un coup de pute dans l’ombre. J’en étais plus que certaine. Comme on dit, il y a toujours anguille sous roche, surtout avec ce genre de filles. Quant à la dernière, Jordana Donatella passa, elle nous avait un petit sourire discret et un clin d’œil tout aussi discret. Finalement, parmi toutes ces harpies, elles n’étaient pas toutes bonnes à jeter, avais-je pensé.

Au même moment où on avait croisé Jordana Donatella, Lydia voulut lui parler. Or, dommage qu’elle avait été entourée de ses mégères, car elle lui aurait bien parlé de son grand frère. Surtout lui demander comment faire pour le voir sans l’appeler directement. Néanmoins, cela n’était que partie remise et nous avions du pain sur la planche et notre devoir nous attendait. Lydia et moi, ne voulions pas prendre de retard sur le travail donné, ainsi nous nous précipitâmes à la bibliothèque pour voir si quelques ouvrages auraient pu nous aider à parfaire notre devoir.

Et ce ne fut qu’une fois sortie qu’un grand soleil enchanteur nous accueillit avec ses plus beaux rayons le tout accompagné du chant des oiseaux, les étudiantes et autres étudiants tous aussi souriants que chaleureux remplissaient l’université. Et nous avions pris la direction de la bibliothèque et lors de notre trajet Judith me posa une question :

— Je viens de songer à quelque chose, tu sais, nous devrions peut-être inviter Jordana à la prochaine soirée, quand penses-tu ?

Toujours dans ses pensées, Lydia en sortit subitement et m’avait répondu :

— Désolé, j’étais ailleurs, tu peux répéter ?

Mais lorsque Judith voulut relancer sa phrase, Denver et John nous croisèrent et nous saluèrent :

— Alors les filles, comment va-t-on aujourd’hui ? Lydia, ton regard est toujours aussi merveilleux, complimentait Denver.

J’avais été gêné et je n’eus répondis qu’un simple : merci c’est gentil, tandis que John accosta Judith aussitôt :

— Judith, nous allons refaire une autre soirée différente. Et cette fois-ci, sans les jumelles Carmen et son équipe. Nous vous tiendrons au courant. À plus tard - Divine, lança-t-il à Judith le regard charmeur.

Décidément, ces deux-là savaient parler aux femmes, mais nous étions ravis d'apprendre la prochaine soirée. Puis nous nous retrouvâmes devant le bâtiment d’époque : la bibliothèque. Quand nous pénétrâmes à l’intérieur, un calme olympien régnait en maître, comme si ce lieu était félicité, sous les grâces d’un silence éternel. Nous commençâmes notre investigation, sous le regard pénétrant de la concierge qui se chargeait de surveiller les lieux. Madame Hans nous avait demandé nos cartes d'étudiant. Nous étions passés sans que cette dame d’un certain âge ne nous dévisageait avec son air inquisiteur.

Quand enfin nous pûmes trouver les ouvrages nécessaires, nous étions repartis en prenant soin de montrer nos ouvrages à madame Hans avant de partir dans le même silence qu'à notre arrivée, afin de ne pas déranger certaines et autres étudiants qui travaillaient studieusement. Probablement les génies de demain, avais-je pensé. Et j’avais souri et Lydia semblait elle aussi ravie. On était connectés et plus encore...

Enfin et quand nous étions retournés dans notre chambre, on avait explosé de rire, car la femme de la bibliothèque était sans conteste la plus froide, mais aussi la plus pet sec de toute l’université. Mais pour une fois, elle n’avait rien dit, rien fait contre nous, pas même grogné en voyant nos ouvrages empruntés, madame Hans avait même souri.

— S’il faut, madame Hans est peut-être aussi une dualiste rien qu’à voir comment elle nous avait accueillies ! m’avait sorti Lydia.

J’avais posé la tonne de livres sur mon bureau et répondit à ma belle blonde :

— Probablement que oui, rétorqua-t-elle. Dommage qu’elle soit aussi rigide, car à voir son sourire, je pense qu’elle nous aurait peut-être bien aidés. Qu’importe, au boulot, binôme ! Et après on va se faire offrir à manger. Qu'en penses-tu, très chère ?

— Vendue, ma chère Judith ! jusqu’au moment de l’arrivée du plat principal.

Annotations

Vous aimez lire Sylvain del Rosario ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0