Portrait chinois au clair de lune 

2 minutes de lecture

Si j'étais un animal, je serais un lynx car j'aime sa façon indolente de marcher sur des pentes glacées et escarpées à 2500 mètres d'altitude comme s'il était en chaussons dans un salon douillet.


Si j'étais un végétal, je serais un laurier car j'aime ses arômes de court bouillon qu'il diffuse dans les jardins d'été.

Si j'étais un pays, je serais la Mongolie car j'aimerais tellement me perdre dans ses plaines sans fin au son des chants traditonnels.

Si j'étais un sport, je serais l'équitation pour tout ce qu'elle représente.

Si j'étais une musique, je serais la petite musique de nuit de mozart qui était la passion de mon fils lorsqu'il avait cinq ans.


Si j'étais une touche de clavier d'ordinateur, je serais l'étoile pour en distribuer à mes amies qui mènent leur vie de famille et professionnelle du mieux qu'elles peuvent.

Si j'étais un vêtement, je serais un jean large car c'est tellement confortable.


Si j'étais un objet, je serais un flacon de parfum parce que parfois les choses ne s'expliquent pas.


Si j'étais une couleur, je serais beige parce que c'est neutre et élégant.

Si j'étais un véhicule, je serais une trottinette sans moteur parce que c'est cool de glisser dans les rues comme une éternelle enfant.


Si j'étais un meuble, je serais un fauteuil tulipe de Saarinen par que la désinvolture qui émane de ce mobilier des années cinquante rend heureu.


Si j'étais un personnage historique, je serais une des inconnues qui est restée figée dans une rue de Pompéï au moment où les coulées de lave ont enseveli cette cité antique car les femmes sont trop souvent les inconnues de l'histoire.


Si j'étais un personnage de fiction, je serais le personnage qu'interprète Bill Murray dans le film "Lost in translation" parce que c'est tout moi.


Si j'étais un signe de ponctuation, je serais une virgule bien-sûr, indispensable mais jamais reconnue pour les bienfaits qu'elle prodigue : qui a déjà remercié une virgule ?


Si j'étais un plat, je serais un mafé de poulet, parce que les meilleurs que j'ai mangé sont ceux que j'ai acheté dans le foyer d'ouvrières africaines à côté de ma chambre d'étudiante et qu'en plus j'y ai appris à dire merci en Wolof.

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