Acte 4 - Le pacte

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Deux mois plus tard…

Astaria Le Faisteed avait bien reçu le message provenant de Danesse L. Abriel, nouvelle chef en titre de la Guilde… et l’avait considéré d’abord comme un nouveau piège de Gazoze, une nouvelle tentative d’infiltrer son royaume. Mais dans le doute avait mandaté ses propres espions voir ce qu’il en était réellement. Il fallut plus d’un mois pour qu’elle ait la certitude, l’intime conviction que ce dernier n’était plus de ce monde… et pour constater que, de facto, la guilde avait cessé tout acte guerrier envers l’Empire, montrant ainsi un réel désir de faire évoluer leurs relations vers quelque chose de plus noble.

Astaria n’avait, à ce jour, jamais pris de décision hâtive, sans peser le pour et le contre de chacun de ses actes… et ses actes avaient toujours été le reflet de ses pensées, juste et noble. C’est avec une fierté pour l’ancien ennemi dissimulé sous un masque de pseudo neutralité qu’elle finit par accepter une rencontre, à la frontière entre les deux royaumes, loin du front, dans une bâtisse de lumière servant d’arrière-garde et dont la distance entre son trône et celui de la guilde était strictement équivalente, bien que sur le territoire de l’Empire, on aurait pu considérer ce lieu comme l’un des derniers espace de paix sur la ligne de front… bien que sur le territoire de l’Empire, ce refuge de paix flirtait avec les terres de la Guilde, dominant la rivière Kwaï dont le tumulte rappelait, au loin, deux cents ans de haine.

La pièce principale était faite de bois noble, éclairée par un savent jeu de miroir captant le moindre rayon de soleil à toute heure de la journée et le reflétant dans la pièce dont le plafond était aussi haut que la pièce était longue et large. Une sorte de cube respirant la noblesse du bois traité. Les portes étaient également en bois, tout aussi noble, mais d’une essence différente, permettant le contraste entre le mur et le passage vers les autres pièces.

Autour de la table se trouvaient Astaria et Danesse, toute deux accompagnée de trois témoins et un scribe désigné par le Haut Mage gardien du monde… même si toutes les factions de Celtana avaient perdu foi en lui au vu de la situation sur deux siècles, Astaria avait trouvé juste qu’il envoie un émissaire totalement neutre acter leur rencontre. Et par neutre est entendu qu’à part sa toge pourpre désignant son rôle, aucun ne pouvait deviner son identité. De son arrivée à son départ, il resterait capuchonné et ne parlerait que pour valider les propos des uns et des autres. Il ne ferait qu’acter par écrit les accords et faire signer les parties concernées au bas de son compte rendu. Ni plus, ni moins. Mais une fois cela fait, les deux parties (ou plus lorsque cela s’avérait nécessaire) pourraient justifier d’une action, un témoin totalement neutre pouvant valider les dires et actions de chacun.

Les deux femmes étaient vêtues de leur uniforme régulier, deux chefs de factions, deux égales venues discuter de l’avenir. Que ce soit l’Empire ou la Guilde, aucun n’était armé, le scribe ayant pris soins de verrouiller tout ce qui aurait pu nuire au dialogue. Il reposerait les clefs sur la table une fois son office terminé.

Danesse prit la parole en première.

- Aujourd’hui est le jour où tu m’entends dire que nous ne fuirons jamais.

Astaria lui répondit solennellement que l’Empire était là pour la Guilde car une alliance se conclut à deux. Et elle lui demanda ce que la Guilde comptait faire.

Danesse repris alors la parole.

- Si je te donne des diamants, et elle désigna sur la carte les usines les plus propres que la guilde avait généré ; et des perles, cette fois elle désigna les casernes ; serait tu heureuse d’aider le peuple… ?

Astéria considéra la proposition et répondit sur un ton amical et empli de bonne volonté.

- Si je le pouvais, Danesse, je pourrais vous donner le monde, tout ce que je peux faire est offrir mon aide, ma main et mon empire.

Les deux femmes partageaient la même pensées, matérialisée par leurs propres doutes et expérience.

Astaria se demandait si Danesse disait vraiment la vérité, si elle voulait vraiment cesser les conflit puériles… et si sa proposition était sincère, dans ce cas, c’était à elle de répondre.

Danesse se demandait si elle était la faible de la négociation parce qu’elle comprenait que dans l’état des choses… seule une alliance pouvait sauver ce qu’il restait de son monde.

- Si je prends les diamants et les perles, que je donne asile aux faibles, serais-tu une femme heureuse ? demanda Astéria, fixant Danesse droit dans les yeux. Puis elle ajouta ses propres mots. Si je pouvais t’offrir le monde, je le ferais mais tout ce que je peux faire est là.

Danesse ne détourna pas le regard et lui répondit le plus sobrement du monde, avec l’assurance d’un chef de guerre qu’elle apprenait à être tout en gardant sa compassion et son humanisme qui l’avait menée à renverser Gazoze.

- Il est venu le temps, c’est bien le moment, ou la sagesse trouble nos esprits. Et nous trouverons, ce que nous cherchions.

Astéria était emballée par les propos sincères de Danesse mais fit également mine de respecter son rang et l’Empire qu’elle représentait.

- Oui, c’est l’instant magique, ou l’avenir brille… au moins pour nos deux patries. Notre alliance brillera au point de rendre l’ennemi aveugle. Et ensemble nous verrons la vérité.

Danesse agréa. Je te donne les diamants et les perles…

Et Astaria agréa également. Et je le peux, je te donne le monde et mon aide.

Elles se levèrent toutes deux et se serrèrent la main. Une poigne ferme, sincère, sans remords ni regrets.

Le scribe était resté impassible et avait tout acté, il les invita à se rassoir pour lire les termes de l’accord conclus.

D’une voix solennelle, il prit la parole, les deux femmes étant attentives, se fixant les yeux dans les yeux.

Vous agrée de voir un ennemi commun à votre porte ; Vous refusez de le laisser dicter sa loi ; Vous joignez vos forces et groupez vos empires ; le temps des fourberies est passé.

Vous avez décidé du monde de demain ; Vous avez acté une seule maison ; Vous êtes maintenant plus nombreux ; et plus jamais seule

Vous cessez de vous regarder en méfiance ; Vous avez parlé et cela a eu du sens ; Vous vous serrez la main et vous actez êtes responsables, vous l'êtes, vous l'êtes. Vous vous soutiendrez, vous serez noble. Et vous ne reconnaissez qu'un seul ennemi, vous affirmez être responsable, et vous l'êtes, vous l'êtes.

Vous ne ferez pas marche arrière, vous marcherez ensemble, vous agirez conjointement jusqu’à ce que le temps soit passé. Vous jurez aucunes illusions, de trouver les réponses au pourquoi, et refusez de vous rendre sans savoir pourquoi.

Vous cessez d’être des ennemis…

Même s’il est question de pouvoir et de contrôle, de briser les volontés et violer les âmes, vous refusez qu’on suce votre énergie jusqu’à en mourir.

C’est acté, c’est acté.

Vous avez décidé du monde de demain ; Vous choisissez d’unir vos maisons ; Vous serez maintenant plus nombreux ; La question est… Avez-vous déjà été seule ?

Les deux femmes acquiesçaient d’un hochement de tête alors le scribe tendit le parchemin de foi, Astéria invita Danesse à le signer en première, après tout, c’était sa proposition, il était normal à ses yeux qu’elle soit la première à signer, ce qu’elle fit sans sourciller. Alors Astéria prit le parchemin tendu par Danesse et le signa à son tour puis le rendit au scribe.

- Pour ce qui me concerne, dit-il sans changer le timbre de sa voix, tout est en règle, il vous appartient de mettre cela en place à votre guise.

Il se leva et posa les clefs des deux coffres sur la table puis remis sa plume et son matériel dans sa besace avant de quitter les lieux comme il était venu, laissant derrière lui deux copies du traité, emportant celle signée des deux parties devant témoins.

Chacune sorti de la pièce par une porte différente menant à un couloir qui les mèneraient à leurs chambres respectives… et chacune récupéra son équipement tel que convenu. Demain, chacune rentrerait chez elle et la fusion pourrait se mettre en place. Les deux avaient le sentiment d’une victoire et d’une grande avancée suite à la signature de ce traité.

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