Chapitre 39

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Aédan

- Je suis venue pour m’excuser. J’ai poussé mes investigations plus loin après ton départ pour avoir la preuve et le nom de la personne qui a essayé de t’incriminer dans cette histoire de fuite.

- Et tu as trouvé ? Tu crois que cela changera quelque chose à ton manque de confiance envers moi ? Tu penses que je vais accepter tes excuses ?

- J’ai confiance en toi Suzie et tu avais raison sur mon manque de confiance. Mais c'est en moi que je n’avais pas confiance. En effet, comme toi j’ai beaucoup souffert en amour et je suis terrifié à l’idée de remettre mon coeur dans les mains d’une femme. Je n’aurais jamais dû te laisser quitter mon bureau.

Un silence passe, je reprends ma respiration et continue mes explications. Alors que ses yeux si jolis et tendres d’ordinaire sont cette fois ci plein de larmes de colère.

- Je ne voulais pas revenir vers toi tant que je n’aurais pas confondu le traître.

- Mais alors que fais-tu ici ? Cela signifie que tu as débusqué tous les traitres ? s’étonne-t-elle.

- Etant donné que ce problème est réglé définitivement. J’étais venu ce soir pour m’expliquer. Je souhaite que tu me donnes une dernière chance pour te rendre heureuse. J’ai jamais eu besoin de m’excuser auprès d’une femme et je dois dire que je ne sais pas vraiment comment je dois m’y prendre.

Son visage s’adoucit sous ma gêne et un sourire en coin se lit sur son visage. Serait-elle prompt à me laisser une chance de me faire pardonner ? Plus aucune hésitation, je me plonge dans de nouvelles révélations.

- Suzie, je m’en veux beaucoup de tout ce qui s’est passé. Amanda a fomenté ce coup bas avec Jérémy, la beauté glaciale à l’accueil, son frère et Jean. J’ai appris que l'hôtesse d’accueil avait un frère et qu’il est très connu dans le monde du hacking. Il a réussi avec l’aide de sa sœur à rentrer dans nos serveurs par le biais de ton ordinateur et de tes codes d’accès.

- C’est pour ça que tu as cru que c’était moi. Mais pourquoi ?

- On ne pourra plus te faire de mal directement ou en t’utilisant en voulant m’atteindre. La police se charge de boucler l’enquête et j’ai fait un grand nettoyage au sein de mes collaborateurs.

- Et pour Jean le problème vient d’être réglé également. Mais pour Amanda …

- Ne t’inquiète pas pour elle. Elle a irrémédiablement pris ses distances avec moi et mon entourage. Elle sera sûrement inquiétée par la police mais sa fortune et ses relations risquent de l’aider à s’en sortir. Par contre, sa réputation, elle, est assurément ruinée. Un accord qu’elle n’a pas pu refusé lui a été proposé par l’intermédiaire de nos avocats respectifs.

- Lequel ?

- Lors de notre divorce, il était convenu que certaines règles concernant nos sociétés devaient être respectées. Puisqu’elle a enfreint le contrat, sous peine de poursuite judiciaire, elle a accepté de ne plus mettre un pied en Europe. Elle est repartie vivre aux Etats-Unis.

Suzie ne décolère pas de savoir qu’Amanda a vainement essayé certes, mais tout de même, de l’incriminer. Ses joues toutes rouges sont pour une fois pas de mon fait. Je le lui fait remarquer et elle me sourit gêné.

Annie pousse Suzie à faire une valise pour aller passer quelques jours chez moi juste pour la mettre en sécurité. J’insiste également pour qu’elle ne reste pas là ou Jean reviendra sans aucun doute la relancer. Elle se laisse convaincre assez facilement à mon grand étonnement et à ma plus grande joie. Elle est très en colère, choquée et honteuse de ce qui s’est passé ce soir. Je voudrais la prendre dans mes bras comme Annie le fait sous mes yeux. Je suis impuissant en cet instant et mon cœur s’arrache de ma poitrine.

Annie me tend une valise. Elle me conseille de prendre grand soin de sa petite sœur, qu’elle a assez souffert. Je le promets et prends la main de Suzie par réflexe et l'entraîne vers la sortie après avoir salué Annie et Alex. Suzie ne cherche pas à retirer sa main de la mienne. Elle a besoin d’être rassurée et je compte bien lui apporter la quiétude dont elle a besoin.

En chemin, je lui déclame mon envie de la protéger sans vouloir pour autant l’étouffer. Je ne souhaite pas lui faire peur mais au contraire la rassurer. Nous discutons tandis que Charles nous conduit. J’ai la sensation qu’il fait exprès de prendre les chemins les plus longs pour nous laisser le temps de nous retrouver.

Elle décolère et son sourire réapparaît. Ma remarque a fait son petit effet et elle est moins crispée. Je tente une main sur sa cuisse et elle réagit aussitôt. La surprise l’a emporté et j’en frissonne de désir. La réceptivité de sa peau à mon contact m'entraîne dans une exaltation. J’ai envie d’elle. J’ai tout le temps envie d’elle mais ce n’est clairement pas le moment. Profiter de la situation ne serait pas judicieux.

Gentlemen avant tout !

A notre arrivée dans ma demeure, nous nous installons au salon. Elle me demande quand je vais me décider ou si c’est elle qui doit prendre les choses en mains. Surpris par ses mots, je la regarde ébahi. J’en ai tellement envie que je ne voudrais pas avoir l’impression de profiter d’elle et de son état. Suzie s’approche de moi sans me quitter des yeux.

Nos corps se rejoignent. L’inévitable se produit, un baiser ardent. Je l’embrasse avidement, laissant mes mains se promener sur son corps. Ses hanches, ses seins me rendent fou de désir. Je la fais glisser sur le canapé entre mes jambes, lui remonte sa jupe. Je veux la posséder ici, maintenant. Elle me laisse diriger nos ébats. Cette situation est très érotique. Je baisse mon pantalon, ma queue s’étire et je l’habille d’une capote. Mon membre la pénètre, mes mains se positionnent sur ses hanches. Nos mouvements de va et vient ne durent pas très longtemps. L'excitation mêlée à la frustration des ces derniers jours nous a émoustillé. Elle s’abandonne à la jouissance la première et la seconde suivante j’éjacule, l’orgasme me saisissant. Nous sommes essoufflés et comblés de plaisir. Je me retire délicatement. Elle est magnifique sous l’extase de nos ébats. Je contemple sa poitrine. Je dépose des baisers pleins de tendresse dans son cou et ma langue se fraye un chemin entre ses lèvres pour lui donner un dernier baiser avant de filer sous la douche.

Alors que l’eau ruisselle sur mes épaules, Suzie se glisse dans mes bras. Nos langues se mélangent, l’effusion de mes sentiments me saisit. Je suis sûr à cet instant de mes sentiments pour elle. Je l’aime. J’aime cette femme comme je n’ai jamais aimé. Je l’aime plus que tout et elle aussi m’aime. Elle vient de me l’avouer alors que nos corps s’apprêtent une nouvelle fois à s’unir.

***

Au petit matin, nous nous réveillons enlacés dans les bras l’un de l’autre. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas réveillé avec autant d’ardeur. L’odeur de sa peau chaude et sucrée me rappelle la vanille. Je la désire. Encore et encore. Est-ce qu’il est possible qu’un jour mon désir pour elle s’amenuise ? Je ne sais pas mais pour le moment mon membre ne cherche qu’à assouvir son appétit charnel.

Suzie est allongée sur le côté dans notre lit. Elle semble avoir encore besoin de sommeil. Je me frotte contre elle, elle sourit alors que ses yeux restent fermés quand mon sexe si raide lui caresse le bas du dos.

- Hum … On dirait que Monsieur est vaillant ce matin.

- Tu es comme une barbe à papa, tu es sucrée, brillante et légère. Et j’adore la barbe à papa. Je ne m’en lasserai jamais … tout comme toi.

- Dois-je comprendre qu’il s’agit de ta friandise préférée et que Monsieur a une petite envie de friandise ?

- Madame est coquine ce matin …

Je lui prends son menton délicatement et lui tourne la tête pour l’embrasser goulument comme pour attraper un gros morceau de barbe à papa pour qu’il remplisse ma bouche tout entière.

Il n’y rien de mieux que de faire l’amour au petit matin pour débuter sa journée sur le bon pied.

Nous nous sommes levés, douchés et habillés. Nous devons parler de choses sérieuses aujourd’hui.

Nous nous installons autour de mon bureau chez moi pour discuter de l’affaire en cours. Suzie finit par accepter le fait qu’il faut qu’elle porte plainte contre Jean pour harcèlement et violence conjugale. Notre avocat s’occupe de tout. Elle a eu beaucoup d’appréhension et de peur que nous surmontons ensemble. Le plus important pour Suzie aujourd’hui est de se sentir en sécurité ou qu’elle soit.

Nous sommes enfin libre de vivre notre relation. Notre liberté nous aura coûté cher pour Suzie comme pour moi mais nous l’avons mérité.

Un prix peu cher payer pour toucher du bout du doigt le bonheur d’aimer et d’être aimé en retour.

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