L'Audience - 2 -चंद्र

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चंद्र

Le despote Niall a littéralement craché son injonction. Remis de ma surprise, je transmets, dans des termes plus civilisés, son invite à Bhediya. Celui-ci tourne la tête vers l’inquisiteur Martô.

Quelques secondes plus tard, l’homme vêtu de bure se prend le crâne à deux mains, il écarquille les yeux, ouvre la bouche pour un hurlement muet. Le silence est retombé sur l’assemblée, chacun interroge les autres du regard, à la recherche d’une dénégation de l’évidence.

« Noooon », s’écrie le despote.

Bhediya, peiné, me demande de transmettre ses regrets.

« Bhediya est absolument désolé, il n’a fait qu’effleurer l’esprit de l’inquisiteur Martô, malheureusement ce qu’il redoutait s’est produit. »

L’inquisiteur se met debout, tombe à genoux, joint les mains.

« Oui ! Martô, priez ! Votre foi va vous sauver ! » l’exhorte son suzerain en se précipitant vers lui.

Martô est terrorisé, il se signe, puis il recule accroupi, fuit Niall en poussant des cris d’épouvante.

« Mais faites quelque chose, aidez-le ! » lance le despote se tournant vers les druidesses.

Maebd commence à se redresser, alors Scáthach se penche devant moi puis saisit le bras de la Bandrui l’empêchant de finir son mouvement.

« Vous n’y pensez pas Niall, jamais il n’accepterait qu’une “sorcière” aille souiller son âme si pure ! Voulez-vous donc qu’il soit damné ? » répond Aífe sans se lever.

Le despote est atterré. À présent, Martô le vilipende et continue à le fuir en rampant, il ne cesse de reculer que lorsqu’il se retrouve dos au mur dans l’angle nord-est de la pièce. Le roi et la reine sont inquiets. Avant de regagner sa place, Niall enjoint à son archiatre de prodiguer des soins à Martô qui bave recroquevillé sur lui-même. Tandis que le docte mire tente de l’examiner, Martô alterne vociférations et glapissements aigus, en se démenant comme un forcené. Un brouhaha a envahi la salle, les uns se préoccupent de l’état de santé de l’inquisiteur ; d’autres débattent de son courage, son inconscience, son arrogance ou sa vanité ; certains Shannonnais évoquent en catimini leur soulagement de ne pas avoir été désignés par le despote.

Quelques minutes plus tard, le sergent Seaghdh ouvre les deux battants de la porte laissant entrer six gardes – équipés d’un bard et de larges sangles – qui se dirigent vers l’homme tétanisé. Probablement, le roi constatant l’inanité des efforts du guérisseur, les a-t-il appelés à la rescousse ? Non sans difficulté, les soldats finissent par l’allonger et le garrotter sur la civière, puis ils l’évacuent, suivis de l’archiatre.

Le roi semble pensif, la reine tente de retrouver sa sérénité. Je peux lire la compassion sur les visages de la Bandrui Maebd, du duc Mael et des princesses Grüchka et Ainu Sangdragon, un sourire sardonique sur ceux des ban-draoidh Scáthach et Aífe, celui d’Ardril reste impénétrable ; quant à la Shannonnaise brune aux yeux noisette dans le verre de qui j’ai bu, c’est sans réelle surprise que je découvre du soulagement sur le sien.

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