Les aventures du dragon - 5 - चन्द्र

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« Namasté, dis-je en m’inclinant, les paumes jointes devant le chakra du cœur. La comtesse Niamh pourrait-elle me recevoir ? Je me nomme Chandra.

— Je me souviens de vous, prince, mais la comtesse est absente. Si vous souhaitez l’attendre, veuillez entrer, je vous servirai un rafraîchissement ! m’informa une délicieuse jeune femme.

— Non, merci. J’ai d’autres visites à rendre, j’essayerais de repasser. Faites-lui part de mon affection. »

Tant pis, puisqu’elle est sortie, je vais aller directement présenter mes hommages à la Bandrui. Je n’ai que quelques pas à faire pour rejoindre la place centrale où se trouve sa résidence.

« Namasté… La Bandrui, pourrait-elle me recevoir ? Je me nomme Chandra, déclaré-je au jeune homme qui vint m’ouvrir.

— Veuillez entrer, asseyez-vous. Je vais immédiatement la prévenir ! »

Je le suis du regard, il tourne au fond d’un couloir… Je l’entends frapper à une porte.

Alors que je me prépare à attendre, des cris retentissent, suivis par des bruits de sandales qui heurtent le sol au pas de course. Je vois apparaître Maebd qui court vers moi, puis, à distance, Niamh ralentie par une grossesse de cinq mhí.

La druidesse se jette littéralement sur moi, m’étreint frénétiquement. Elle me désenlace, ses mains se posent sur mes épaules, elle me fait légèrement reculer, me dévisage et s’extasie :

« Chandra ! C’est bien toi ! Chandra, c’est merveilleux, Bhediya va bien ? »

Éberlué, alors que je balbutie un namasté, sans répondre à sa question aussi surprenante que son comportement, Niamh écarte délicatement la Bandrui de moi et m’embrasse à son tour, s’étonnant :

« Libre ! Tu es libre ! Nous avons eu si peur pour toi ! »

Elle me donne un tendre baiser. Quand nos bouches se séparent, je lis l’interrogation dans les yeux de Maebd.

« Bhediya va très bien, il est à l’extérieur de la ville avec sa meute ! Mais que se passe-t-il ?

— Venez, allons nous installer tous trois dans mon cabinet. Gildas ! Fais-nous servir une collation », décide Maebd.

En nous dirigeant vers notre destination, je demande à la comtesse comment elle se porte.

« Très bien, mais nous en parlerons plus tard, si tu veux bien.

— Entrez, asseyez-vous, nous invite la druidesse… Chandra, ces derniers jours, de nombreux pigeons sont arrivés de Shannon. Tous les messages te mentionnaient…

— Quoi ? Moi ? Pourquoi ?

— Je comprends ton incompréhension, mais s’il te plaît écoute-moi sans m’interrompre, tu en sauras autant que nous. Le premier rapportait que le héraut du despote avait proclamé : “L’étranger connu sous le nom de Chandra assisté par deux autres démons a lâchement assassiné, dans leur sommeil, douze piquiers”. Je fus aussi surprise que tu l’es, mais ce n’est pas tout. Le deuxième annonçait que tu avais été fait prisonnier. Le troisième relatait que Niall se vantait que ses soldats t’avaient traqué comme un rat et pris dans leurs rets. Le quatrième précisait que ceux qui t’avaient capturé ne t’ont pas encore conduit à Erestia, m’explique la Bandrui.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? questionné-je, abasourdi.

— Nous n’en savons pas plus que toi, nous étions inquiètes, et je me demandais ce qu’était devenu Bhediya. J’ai cherché qui pouvaient être les prétendus démons dont parle le premier billet, j’ai supposé qu’il s’agissait de lui et de ta jument dont tu nous as vanté les qualités de combattante. Comme il n’est plus fait mention d’eux dans les suivants, j’étais préoccupée par leur sort, essentiellement celui de Bhediya avec qui je suis liée par une très ancienne amitié. Mais tu es ici, avec nous, et tu m’as assuré que Bhediya va bien.

— Nous allons très bien. Niamh, comme ton factotum n’a sûrement pas manqué de te le notifier : après notre départ d’Alastyn, nous avons accosté à Fiume ; je me suis rendu à ton domaine, j’y ai récupéré Chaitali. J’ai dû décliner son hospitalité, car j’avais hâte de retrouver le bijou que Aubierge m’avait chapardé avant de tomber entre les griffes de Niall…

— Effectivement, mon intendant m’a informée que tu avais repoussé la voie maritime et immédiatement pris la route. Maebd et moi en avions déduit que – pressés d’atteindre Erestia – vous aviez emprunté le chemin le plus court en pénétrant dans la contrée de Shannon aux environs de Haf bracch. Nous n’avions pas imaginé que vous étiez restés au sud du Gàirdean Lir, ce qui vous oblige à le traverser. Mais je… nous sommes ravies de ce choix, puisqu’il t’a conduit ici.

— Bhediya m’avait proposé l’itinéraire que tu évoques, mais nous avions laissé sa meute dans la forêt de Brucélionde, je ne pouvais accepter qu’il l’abandonne.

— Nous voilà rassurées, mais qui vont-ils exécuter pour le mariage de Niall avec Aubierge Martô ? questionne la Bandrui. Car il est arrivé une cinquième missive qui annonçait que ta mise à mort ferait partie des réjouissances prévues pour fêter les noces du despote. Merci, Blánaid, pose ça là. Niamh, Chandra, servez-vous !

— Merci !

— Merci, dis-je en m’emparant d’une pâtisserie au miel.

— Il y a déjà près de deux mhí que Niall a fixé la date de la cérémonie nuptiale au jour précédent la onze aedrini, reprend notre hôtesse. D’après nos antennes, la baronne Martô serait enceinte, elles ajoutent qu’il semble improbable que Niall soit le père…

— Devine à qui nous l’attribuons, intervient la comtesse.

— Heu !

— La marquise Teafa pense également porter un enfant. Chut ! Attends ! Aífe et Scáthach sont aussi persuadées d’être prégnantes. Dans leur cas, les possibilités sont multiples », précise Maebd, amusée.

Le rire de Niamh résonne avec celui de la Bandrui. Pris au dépourvu, je me joins à elles, sans savoir si c’est adéquat. La comtesse se penche et me chuchote à l’oreille, mais suffisamment fort pour que Maebd l’entende :

« Mon tendre Chandra, as-tu l’intention de conquérir Shay, par enfants interposés ?

— Je… ce n’est pas… je n’ai…

— Je te taquine ! Ha ha ha ha ! Tu n’as pas pour dessein de te reproduire à tout va, je le sais très bien. Mais quand on aime les femmes comme tu les aimes, il arrive qu’on en féconde.

— Hum hum ! intervient Maebd. Un fruit ? Un gâteau ? Cervoise ? Eau ? Vous fêterez vos retrouvailles plus tard. Chandra, tu diras à Bhediya que la reine Eileen et moi portons également des enfants…

— Ha ! C’est merveilleux, Menskr est-il là ? Que je le salue.

— Non, Menskr a repris son périple à travers le monde, mais je sais qu’il sera enchanté d’apprendre la nouvelle, répond-elle en esquissant un sourire.

— Il est loin ? Vous l’avez fait prévenir…

— S’il te plaît, ne me vouvoie pas. Oui, je me suis débrouillée pour l’en informer, et il ne devrait plus tarder à en être avisé. »

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