Le combat d'une vie
J'ai peur d'écrire un journal. Ma main tremble, mon stylo tape nerveusement la table, tac, tac, tac. Mon esprit se brouille me refusant la capacité d'écrire, d'organiser mes idées et de les exposer.
Pourquoi ? Parce que je n'ai rien à dire ou parce que je ne veux rien dire de moi. Je ne sais pas.
Parce qu'une petite voix de juge s'entend : "Arrête-toi ! T'es nul ! Tu fais de la merde !" A laquelle souvent je répond "Ta gueule !" le temps d'abandonner toutes mes envies.
Alors je fais mine de méditer au-dessus d'une feuille blanche, de chercher quelque chose au fond de moi, de passer outre ce blocage et mes sens premiers. Mais mon esprit divague vite "Ah tiens, il pleut dehors" ; "Au fait, j'ai pas reçu un mail depuis tout à l'heure ?".
Et je ne fais rien.
Entre deux sons d'ébène m'est venue une question : j'ai peur de quoi ?
De m'exposer aux autres ? "Salut, moi c'est François !" comme si ce n'était jamais arrivé.
De montrer mon petit jardin secret ? "Salut, moi c'est François ! J'ai des soucis émotionnels profonds !"
J'entends la voix des juges clamer en chœur "Ta gueule !"
J'ai peur d'être jugé. Mais pas jugé par les autres, je suis capable de passer outre, d'être jugé par moi-même. Mon meilleur ennemi, mon meilleur critique artistique. N'est-il pas ?

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