IMPOSSIBLE DE CHERCHER UNE AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN.

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Quand j’arrivai devant le petit bistrot rouge sang marqué des grandes lettres blanches « Chez Dino, le roi de la pasta », Cathy était déjà installée à une petite table en rotin, un verre de rosé à la main. Elle avait sa tête des bons jours et elle m’accueillit d’un sourire détendu.

— Salut ma belle ! Tu vas bien ?

— Pas trop non, lui dis-je la mine déconfite et les yeux embués.

— Ah bon ? dit-elle en me regardant d’un air inquiet. Non, attends, ne me dis rien, je te parie que c’est encore un coup de Max le chercheur fou ? me répondit-elle vengeresse. Il a encore frappé !

Cathy n’avait toujours pas digéré son éviction soudaine de notre maison et de nos repas bien arrosés. Max était devenu son bouc émissaire, l’objet convoité de toutes les moqueries et critiques. Normalement j’aurais rigolé, rebondi sur la remarque, déjoué le piège narquois mais je m’écroulais littéralement sur la chaise en osier à côté d’elle. J’avais les larmes aux yeux, et franchement, je ne savais pas trop comment commencer. Oui, c’était bien un coup de Max, sauf que cette fois ce n’était pas drôle ou délirant mais triste et, que, cette fois, nous n’allions pas nous en sortir indemnes. Je me sentais littéralement anéantie.

— Oui, c’est Max, lui annonçai-je dans un souffle. Je ne sais pas où il est, il a disparu.

— Comment ça disparu ? glapit-elle immédiatement.

— Il n’est pas rentré depuis deux jours et il n’est pas au boulot. En plus, j’ai découvert ce matin qu’il ne travaillait plus au CNRS depuis plusieurs semaines. Je suis passée au commissariat. Je ne sais pas quoi faire. Je ne comprends pas du tout ce qu’il se passe. Son répondeur est plein de mes messages mais il ne me rappelle pas. J’ai l’impression qu’il m’a quittée, que tout est fini entre nous ou qu’il lui est arrivé quelque chose de grave, lui sortais-je d’un seul bloc.

Cathy me regarda longuement en silence. Elle dut mesurer l’ampleur du désastre alors elle enchaîna gentiment une série de phrases rassurantes :

— Ecoute, ne te tracasse pas trop, on va le retrouver. C’est un type un peu bizarre avec des convictions fortes mais je ne crois pas qu’il ait une autre vie. Il doit plutôt être parti étudier les plantes carnivores dans le fin fond de la forêt de Fontainebleau pour réfléchir sur le monde dans lequel on vit et puis il va rappeler, dans un jour ou deux, la gueule enfarinée, sans même se rendre compte que nous nous sommes inquiétées. Il est bien capable de faire un coup pareil sans se rendre compte des conséquences chez un être normal. Et pour le laboratoire, il veut peut-être te faire la surprise d’un boulot dans une autre institution et il attend le bon moment pour te l’annoncer. Tu t’inquiètes sûrement pour rien, je suis certaine que tout va s’arranger très vite.

Dis comme ça, si simplement, il me semblait que Cathy avait trouvé une réponse satisfaisante à toutes mes questions, un moyen rassurant de remplir les vides qui me manquaient pour me rassurer et calmer mes angoisses. J’eus envie de la croire pour voler encore quelques précieuses secondes à la tristesse qui m’envahissait :

— Tu as sans doute raison mais quand même ça me met un coup.

— Ben, on n’a qu’à appeler Tom ! dit-elle aussitôt. Il doit savoir où il est son copain, le contraire serait étonnant, vu qu’ils s’appellent tout le temps.

— Je n’osais pas te le demander. Je me suis dit qu’il savait sûrement ce qui se trame avec Max. Je voulais t’en parler avant d’inquiéter tout le monde.

— Aucun problème. Tom est parti cinq jours avec Robert pour aller chercher des vélos dans l’Est de la France, mais il est joignable, il m’a appelée hier soir, et, je suis certaine que Max lui aura parlé récemment. Pour le coup, c’est simple comme un coup de fil.

Tout en parlant Cathy pianotait déjà le numéro sur son téléphone cellulaire, histoire que nous soyons rassurées rapidement et qu’on puisse manger détendues.

Elle tomba directement sur la messagerie de Tom et elle laissa un message mi inquiet-mi moqueur pour qu’il rappelle au plus vite à propos de Max. Evidemment, dans la campagne alsacienne le réseau n’était certainement pas terrible, et, en ce moment, les communications cellulaires étaient particulièrement difficiles.

Nos tortellinis aux calamars arrivèrent. Ils étaient délicieux, justes assaisonnés comme il fallait avec le piment dosé à point. Ce petit restaurant ne payait pas de mine mais la cuisine italienne était exquise et Dino, un homme affable, était capable de vous remonter le moral en moins de deux. Une pizza fine et craquante à souhait, un plat de pâtes parfaitement al dente et tous les soucis disparaissaient. Cathy dévora son assiette, et je pensais en la regardant qu’elle ne risquait pas de tourner vegan dans les années à venir, vu l’appétit qu’elle avait pour les bons petits plats. C’était vraiment un paradoxe à elle toute seule Cathy, une écolo des temps modernes qui s’adaptait aux situations en fonction de son humeur du jour. Je n’avais pas très faim, l’estomac noué par l’inquiétude et le désarroi de ces dernières heures. On se quitta après le café, qui était à la hauteur des meilleurs Ristretti de Rome, et Cathy promit de m’appeler dès qu’elle aurait des nouvelles de Tom.

J’errai sans but. On était mercredi, il n’y avait pas classe, je n’avais pas d’obligations. Je me dirigeai vers le parc Monceau, là où nous nous étions rencontrés quelques années plus tôt avec Max, et mon esprit se perdit en conjectures variées : comment notre couple avait-il pu dériver à ce point et nous conduire à une telle perte de confiance mutuelle ? Comment est-ce que j’avais pu ne rien percevoir de la crise qui arrivait ?

Il y avait du monde au parc, des enfants qui couraient, des chiens qui se roulaient dans l’herbe avec délectation, des parisiens qui profitaient de cette journée ensoleillée du mois de mars. Pendant que la vie quotidienne suivait son cours, je me sentis seule au monde au milieu de cette foule colorée. Comment est-ce que j’avais pu me tromper autant sur l’homme qui partageait ma vie depuis plus de quatre ans et pourquoi ne rappelait-il pas ? C’était insensé : ça ne lui ressemblait tellement pas. Comment avait-il pu partir le matin, il y a deux jours, comme si de rien n’était et, toutes ces semaines, où il me racontait les aventures du laboratoire et de son équipe alors qu’il n’y était déjà plus. Sur quoi travaillait-il réellement ? Qu’est-ce qu’il avait fait de son équipe ? J’avais des centaines de questions qui s’additionnaient au fil de mes pensées. Toutes sans réponses. Mon esprit errait en vain dans les limbes de mon cerveau paniqué.

Toutes les dix minutes, je sortais le téléphone de ma poche pour vérifier un éventuel appel mais l’écran restait désespérément vide, pas d’appels de qui que ce soit et pas de textos non plus. Mon cœur battit la chamade quand le téléphone émit un bip bip au milieu de l’après-midi mais c’était simplement un texto du numéro bizarre 1 02 00 envoyé par mon opérateur mobile pour m’annoncer qu’ils faisaient des promotions sur les appels à l’étranger : la belle affaire, ce n’était vraiment pas le moment et j’avais renvoyé un énorme STOP rageur en retour pour mettre fin à ces agissements publicitaires envahissants.

Comment est-ce que j’avais pu vivre à côté de Max pendant tout ce temps, partager des fous rires, des pleurs, des années de quotidien sans me rendre compte qu’il était en train de me tromper ? Mes pensées étaient-elles à ce point obnubilées par le quotidien que je n’avais même pas saisi la moindre variation d’état d’esprit de mon compagnon. Je n’avais rien vu, rien compris, encore moins sur ces dernières semaines alors que son quotidien avait déjà quitté les rails de la normalité. Comment est-ce que j’avais pu attribuer l’air soucieux et occupé de Max à une préoccupation liée à ses recherches sur le plancton et ne pas percevoir le mensonge qui semblait évident ?

Je me sentais idiote et mon cœur était pulvérisé en mille morceaux déjà totalement irrécupérables. Brisée, je rentrai à l’appartement. Pinto m’attendait en courant comme un fou en rond dans l’appartement, la laisse dans la gueule, pour me motiver pour la promenade quotidienne. Mais je m’effondrai dans le canapé et je restai sans bouger pendant qu’il sautait du canapé à la table basse d’un air ravi, espérant me motiver par des cabrioles incongrues et interdites. Je n’avais même plus la force de le sermonner et je regardais sans réagir les magazines posés sur la table basse décoller puis s’écraser bruyamment au sol sous ses assauts.

A huit heures, Cathy m’appela. Je compris tout de suite au ton de sa voix que quelque chose ne tournait pas rond. Tom n’avait pas appelé. Cathy, atteinte par la contagion de l’inquiétude, avait fini par appeler Robert pour savoir où ils étaient. Mais Robert ne savait pas où Tom se trouvait. Il n’y avait jamais eu de voyage prévu dans l’Est, Robert avait une semaine de congés que Tom lui avait donnée la semaine dernière pour une histoire d’inventaire. Non, il n’avait pas eu Tom au téléphone depuis deux jours mais il avait les clefs de l’atelier et il proposait qu’on y aille. Ainsi, Tom avait menti, lui aussi, et, cette information, qui aurait pu me conforter dans l’idée que je n’étais plus seule et que Cathy partageait désormais mon sort, me paniqua encore un peu plus.

Cathy m’informa qu’elle passerait me prendre avec Robert, au pied de mon immeuble, trente minutes plus tard.

Nous nous retrouvâmes tous les trois dans la camionnette bariolée de Robert en route vers le hangar. L’atmosphère était pesante et très anxiogène. Le trajet qui était court me parut interminable ; aucun de nous trois n’avait envie de parler. Une fois, le lourd cadenas du hangar ouvert, nous pénétrâmes dans l’espace propre, vide, éclairé par les néons blafards qui bourdonnaient. Il n’y avait rien de spécial : c’était vide et rangé, comme d’habitude. Pas de résidus humains récents, les poubelles étaient vides, pas d’empreintes de notes nulle part. Pas de post-it qui aurait laissé un indice quelconque. Rien. Pas de Tom, pas de Max, ou de traces de qui que ce soit dans les parages, à part quelques mulots qui gratouillaient la laine de verre derrière les plinthes et qui s’enfuirent en nous entendant arriver. Cette fois on avait vraiment un gros problème. En faisant le tour plus attentivement, Robert nous dit que, juste sur le mur du fond, il manquait une série d’outils : tournevis, pinces coupantes, perceuse ainsi que toutes les grands rallonges électriques et que, dans la remise, le groupe électrogène avait disparu.

Nous nous regardâmes tous les trois sans comprendre. Mais où étaient-ils passés ? Robert suggéra une idée : ils avaient fait un tour dans la campagne pour aller chercher des vélos et ils allaient appeler dans une heure ou deux pour nous rassurer. Mais c’était une affirmation ridicule, car ils avaient plutôt emmené de quoi se construire une cabane dans les arbres avec tous ces clous et scies. On essayait juste de se rassurer entre nous pour ne pas ajouter un élément angoissant qui aurait contribué à accroître un peu plus l’anxiété générale. Nous étions tous les trois emmurés dans nos pensées, perdus dans les scénarios les plus fous. Cathy semblait aussi déboussolée que moi le midi même. On se regardait sans rien dire quand Robert proposa de nous raccompagner chez nous.

Avec Cathy, nous nous rendîmes toutes les deux, dès le lendemain matin, dans mon commissariat de quartier pour ajouter la disparition de Tom à celle de Max. On était au début du troisième jour pour Max et son absence n’avait plus rien d’une blague d’étudiant. On retrouva le même flic dans le même bureau miteux :

— Bon alors, on résume, ce n’est pas un bonhomme qui a disparu ? C’est deux bonhommes en fait ? C’est bien ça ?

— Exactement, a répondu Cathy.

— Alors c’est plutôt rassurant en fait, nous répondit le policier. Ça ne vous vient pas à l’idée qu’ils sont peut-être partis ensemble ?

— Ben si, bien sûr qu’on y a pensé ! ajoutai-je immédiatement. En effet, ils doivent bien être ensemble !

Le flic nous prenait vraiment pour des idiotes et, vu la situation, c’était plus que pénible, il fallait passer la seconde vitesse maintenant. Il nous regardait avec un air rieur, ironique, et, franchement déplaisant. Il était évident qu’il ne prenait pas du tout notre histoire au sérieux.

— Ben, nous y voilà, lâcha-t-il, pour une fois, ce n’est pas une histoire de bonnes femmes. Peut-être bien que vos bonshommes sont partis ensemble. Enfin quand je dis partis ensemble, je dis qu’ils sont peut être ensemble ! Ce ne serait pas la première histoire de ce genre que je vois. Et puis ben voilà ! Ils ont pas osé vous le dire, il faut les comprendre ce n’est pas si facile à annoncer !

Il nous regarda l’air moqueur, nous prenant pour les dernières bécasses du quartier qui n’avaient pas vu le coup venir et, pire, avaient raté la fin du film. On se regarda avec Cathy ; c’est vrai qu’on n’y avait même pas pensé. Enfin, c’était gros comme une montagne, on s’en serait bien rendue compte, non ? Cathy, ne savait pas trop, elle avait des doutes, elle aussi. J’étais un peu ébranlée mais, en même temps, Max m’avait caché son départ du laboratoire avec habileté, alors, peut être qu’une homosexualité aussi était de la partie. C’est vrai qu’ils étaient si proches … Qui sait si le plan n’était pas machiavélique à ce point ? J’étais à deux doigts de souscrire aux hypothèses les plus fantasques de notre cher enquêteur. Il semblait lui-même très fier de sa théorie et jubilait sur sa chaise, prêt à ranger le dossier définitivement dans la pile, derrière le bureau. Affaire classée, une de plus. Un bon point pour les statistiques.

Cathy se reprit assez vite, et elle enchaîna :

— Bon, en même temps, Tom a disparu, alors histoire ou pas histoire comme vous dites, on peut peut-être remplir les papiers concernant sa disparition, non ? Ce serait bien de les chercher maintenant, qu’ils soient ensemble ou pas. On peut avancer ?

— Ouais, mordit le flic, on peut. Mais on ne va pas perdre trop de temps non plus si c’est juste une énième histoire de fesses. Enfin de fesses, je m’entends, dit-il dans un rictus sournois. Allez : nom, prénom, date de naissance et numéro de sécurité sociale du disparu.

— Tom Schiazelno, 28 mars 1980 et je ne sais pas pour le numéro de Sécu.

— Alors là, pas de numéro de Sécu, pas de dossier, répondit-il du tac au tac. C’est la procédure, et il referma le dossier du plat de la main, d’un air triomphant.

Le flic tapa quand même le nom et le prénom dans sa base de données.

— En plus, je n’ai personne à ce nom-là. Inconnu au bataillon. Vous êtes certaine du nom ? Parce que là votre disparu il n’existe même pas dans le fichier ! Vous savez quoi mes petits dames, j’ai un peu de boulot, alors, je vous laisse chercher le numéro de Sécurité de sociale et l’adresse de ses parents et quand vous aurez tout ça, ben, vous reviendrez me voir. OK. A ce moment-là, on complétera le dossier. Revenez dans l’après-midi, avec toutes les informations, et, promis, je remplirai la déclaration de disparition. Le fait qu’ils soient deux à disparaître, je trouve que c’est très rassurant !

Il nous regarda une dernière fois avant de saisir un dossier sur la pile de gauche, de l’ouvrir et de saisir son téléphone pour passer à autre chose. Il était clair que nous apparaissions à ses yeux comme deux gourdes trompées par leurs hommes. Du classique, du banal, du sans intérêt, mise à part cette petit anecdote croustillante des deux copains amoureux partis ensemble sans prévenir et qui lui vaudrait sans doute un brin de rigolade avec les collègues, un soir, autour de la bière et du saucisson.

Il ne nous raccompagna pas à la porte non plus cette fois-là.

Cathy et moi nous nous retrouvâmes dehors, un peu sous le choc. Inquiètes, visiblement trompées sur la marchandise, moquées par le flic qui nous prenaient pour des andouilles moyennes et définitivement désemparées face à la marche à suivre.

Chez Cathy, on chercha partout la trace d’un numéro de sécurité sociale mais on ne trouva vraiment rien. Les tiroirs du bureau de Tom étaient vides. A part un paquet de chewing-gum à la fraise, un calepin vierge de notes et un vieux stylo Bic mâchouillé avec ferveur, il n’y avait rien. Le bureau n’avait pas servi depuis un bon moment. Cathy n’avait aucune information de son côté, elle n’avait pas jugé bon jusque-là d’apprendre le numéro de sécurité social de Tom, elle s’en fichait. Une fois de plus de Tom, on ne savait que ce qu’il voulait bien nous confier. C’est-à-dire rien. Rien de personnel, rien d’intime sur sa vie. Cathy et Tom avaient une relation dépassionnée, ils partageaient du temps, de l’espace, des fous rires mais bien peu d’état d’âmes. C’était la base de leur relation, ce qui ne nous aidait pas du tout. On n’avait rien à filer au flic et on se retrouvait toutes les deux dans l’impasse, condamnées à attendre qu’il se passe quelque chose de nouveau, qu’un signe nous parvienne de Tom ou de Max dans les prochains jours.

Il restait l’option d’un accident qui nous amenait à une hospitalisation grave de nos compagnons, une situation dramatique qui les empêcherait de nous joindre. Mais, même si un accident restait possible, personne n’avait appelé de l’institution hospitalière pour nous prévenir d’un état tragique dans un service de réanimation quelconque et ça devenait heureusement de moins en moins crédible avec les heures qui passaient.

Je rentrai chez moi. Avec Cathy, nous nous promîmes un appel immédiat, si l’une d’entre nous avait des nouvelles quelconques, même au beau milieu de la nuit.

Je me couchai en arrivant, assommée par le stress. Je me blottis à côté de Pinto qui jappait dans son sommeil, imperturbable et sans doute en train de courir après la baballe de ses rêves. Je me mis à penser que les chiens étaient bien moins stressés que nous autres, pauvres humains et je cherchai le sommeil en me retournant nerveusement dans le lit mais il ne vint pas. Et quand le jour pointa à travers les persiennes j’étais encore plus perdue.

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