#1
Là, dans cette boite en métal, à l’abri de tous les regards, elle renonça à toute forme de résistance et s’abandonna à sa chaleur rassurante. Ses gestes étaient imprégnés d’une fougue irrésistible qui la bouleversait. C’ était magnétique. Ses lèvres appelaient les siennes comme un assoiffé implore la pluie. Et soudain, tout ce qui l’avait effrayé jusque là devint velours. Elle était sans crainte. Comme si, l’espace d’un instant, il l’avait délivrée d’elle même, de ce coeur devenu douleur, amputé de son élu.
Son élu. Quand elle le rencontra, elle sut que c’était lui depuis toujours. Celui qu’elle attendait. Celui a qui elle s’était réservée sans le savoir. Elle voyait son avenir dans ses yeux. Le regard noir de son élu engloutissait toutes ses craintes. Elle l’avait toujours cherché en vain. Alors, avec le temps, elle avait fini par se barricader, et apprivoiser sa solitude. L’amour l’effrayait mais la fascinait. C’était une terre inconnue, où elle ne pourrait rien maitriser ou prévoir, elle le savait. Pour cela, elle s’y était toujours refusée. Mais quand elle avait croisé son regard, elle avait compris qu’elle était confrontée à cette tempête intense avec laquelle personne ne peut avoir le dernier mot.
Elle avait toujours redouté l’inconnu et la spontanéité de la vie. Et l’Amour incarnait sa peur. La peur de se dévoiler. Dévoiler son âme. Dévoiler son corps. Elle s’y était toujours refusée farouchement. L’aspect charnel de l’amour la terrifiait particulièrement. Ce qui paraissait si naturel et instinctif au reste du monde lui paraissait pourtant être une montagne qu’elle ne pourrait jamais gravir. Un périple. Elle n’avait jamais éprouvé de désirs. Et personne n’avait réussi à faire taire ses appréhensions. Elle s’était toujours sentie comme un animal sauvage qui attendait d’être apprivoisée. Mais jamais personne n’avait su s’y prendre. Pourtant elle s’était convaincue que l’Amour engloutirait tous ses doutes.
Avec l’élu, ce jour était arrivé. Il avait su l’apprivoiser sans blesser la pudeur de son âme. Ses doutes avaient tous été engloutis. Il s’apprêtait à la déshabiller de son nom pour la vêtir du sien. Pas à pas, elle se dirigeait vers son élu, le destin que Dieu lui avait choisi. La sérénité l’envahissait. Son coeur, son corps et sa raison étaient en accord. Ils désiraient l’élu.

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