L’essence
*
« L’amour »
Un terme qui fait rêver,
L’amour jadis était partout.
Et se tenait d’un seul et même contenant.
La source de l’eau de vie.
D’où il coulait avec abondance.
L’essence :
Ce fluide divin qui donna naissance,
Aux âmes amoureuses.
Dont les seuls rescapés étaient :
« Selihan et Irisa »
Deux êtres au physique totalement opposé,
Et pourtant loin des yeux, sans le savoir ils s’appelaient.
Car,
De leur cœur se trouvait l’origine.
Ce flux était l’énergie de la vie.
Celui qui donne à tous la saveur des denrées,
Comme en ce moment, où la mère de Irisa préparait à manger.
Elle avait demandé à sa fille de cueillir des champignons près d’un bois.
Quand Irisa revint, sa mère lui sourit et la remercia.
Pour Irisa sa mère était un modèle de prestige.
Elle aimait tant sa mère que parfois elle se demandait
Si ce n’était pas trop.
Elle qui regardait attentive cuisiner pour apprendre,
Fut attirée par un craquement de branches.
La jeune Irisa leva la tête pour regarder autour d’elle,
Et vit son père arriver avec de quoi donner plus de saveurs,
Au maigre repas qu’ils pouvaient se permettre.
Il fallait croire et surtout, le comprendre,
Qu’autrefois personne ne mangeait à sa faim.
Et quand le paternel arriva avec un lièvre en main,
Sans regarder son homme, sa femme sourit.
Elle savait,
Sans même l’avoir vu,
Elle savait,
Qu’aujourd’hui ils allaient apprécier un bon repas.
Irisa alla à la rencontre de son père,
Pour lui soulager de sa charge, une sacoche de fortune
Cousue main avec une peau de bête.
Ainsi, l’homme arriva auprès de sa fille,
Et tous deux se regardaient enchantés de se revoir.
Trois jours étaient passés.
Durant lesquels, l’homme avait laissé ses femmes seules.
Dans un monde où les animaux grognent,
Où les fauves avaient de très longues canines.
Mais aussi et bien d’autres créatures dangereuses.
Sans le comprendre, la famille était toujours saine et sauve.
Le petit clan s’était émancipé d’autres biens plus grands pour vivre
Dans la plus grande simplicité.
Car il y avait des rumeurs que nombreux et nombreuses,
Etaient les hommes et femmes à se grouper dans un seul et même lieu.
Les cités commençaient à émerger, lentement mais sûrement.
La petite famille s’était écartée, en toute discrétion, de ce mouvement.
Et dans c’est dans le silence que l’animal brûlait,
Sous les flammes d’un petit feu où les braises étaient rougeoyantes.
D’un côté,
Il y avait un animal mort qui avait donné sa vie pour d’autres,
Et de l’autre,
Une famille qui respectait ce sacrifice pour sauver la leur.
C’est comme cela qu’était autrefois le cours de la vie.
Bien au-delà de leurs propres existences.
* * * * * * * * * * * *
* *
*

Annotations
Versions