Le lac des cygnes
La musique commence..
La danseuse s’élance,
Enveloppée de tulle,
Et prend de la hauteur..
Comme en apesanteur,
Elle rythme la cadence,
D’une chorégraphie,
Vaporeuse, aérienne..
En bonne tragédienne,
Elle semble dans sa bulle,
En transe et inspirée,
Connectée, en osmose,
Avec la symphonie,
Des notes de Tchaïkovski..
Elle enchaîne les pas,
Les attitudes les poses..
Pirouettes, entrechats,
Fouettés et arabesques,
Ou les bras en couronne..
Tantôt fluide, ondoyante,
Et tantôt statuesque,
Elle est reine et madone..
L’étoile fascinante,
Pique voltige et tournoie,
Survole et se déploie..
Synchrone, vraie souveraine,
Elle enchante la scène..
Mais soudain elle chute..
Le temps est suspendu,
Sur l’émoi du public,
Les gens sont en haleine,
Sur le son de la flûte..
Rien n’est jamais perdu,
Dans tout incident d’art,
Pour peu qu’on le transcende..
Et puis vient le déclic,
Malgré tous les regards..
En un quart de seconde,
Elle reconquiert le monde,
Et reprend la légende,
Le ballet, avec grâce,
En gardant face blanche,
En oubliant son trac,
Et son mal à la hanche..
Elle virevolte à nouveau,
Investissant l’espace,
Ensorcelant les planches,
Évoluant sur le lac,
Du fameux maestro,
Majestueuse et digne,
Réincarnant le cygne,
Jusqu’à la note finale..
Puis c’est la révérence..
Elle reçoit les bravos,
L’ovation de la salle,
Dans toute son élégance..

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