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L'horloge du salon indiquait vingt et une heures passées, quand Lisa rentra chez elle, après une éreintante journée à offrir des soins médicaux à domicile. La jeune femme ne rêvait que d'une seule chose : un bain relaxant. Dans la salle d'eau, elle tamisa la lumière, mit en route une playlist de musique méditative, alluma quelques bougies et versa du sel de bain anti-stress à la vanille dans l'eau chaude. Elle s'installa confortablement, puis expira de bien-être. Les paupières closes, elle profita de ce moment de détente. Sa respiration s'apaisa et ses muscles se détendirent les uns après les autres. Bientôt, le sommeil la gagna.
La jeune femme se retrouva dans un vaste champ de coquelicots. L'herbe fraîche chatouilla ses orteils. Dans le ciel, d'un bleu clair sans nuage, deux soleils brillaient. Sa robe blanche virevolta au gré du vent. Les yeux pétillants, elle ne perdit plus de temps. Comme à son habitude, elle monta la colline et une splendide vue s'offrit à l'infirmière. Au loin des montagnes aux sommets enneigés surplombaient une forêt fournie. Une rivière serpentait entre les arbres. Lisa rejoignit l'entrée du bois et s'y enfonça. La connaissance du lieu ne l'empêcha pas d'être toujours aussi émerveillée par la faune et la flore qui l'entouraient. Des séquoias géants abritaient des huttes plus ou moins grandes. Sur son passage, des fleurs multicolores, à taille humaine, dansaient dans une belle harmonie. De petits renards, aux yeux adorables, jouaient à cache-cache dans les fourrés. Sourire aux lèvres, l'étrangère continua sa route jusqu'à un pont rustique permettant de traverser la rivière à l'eau cristalline. Appuyée contre un arbre, elle admira l'être qui se désaltérait : un homme grand, élancé avec une belle musculature. Une longue chevelure brune, éclatante, se déployait sur ses épaules. Ses iris dorés et ses oreilles pointues accentuaient sa beauté surnaturelle.
Une brise imperceptible souffla. Immédiatement, il releva la tête, ferma les yeux, Lisa aperçu un sourire sur son doux visage. Il remit son arc et son carquois sur son épaule et s'avança avec légèreté, ses pieds touchant à peine le sol. Encore quelques pas et ils seront ensemble. À la fin de la dernière enjambée, ils s’étreignirent tendrement. Elle, la tempe droite posait sur le torse de son amant, captant les battement rapide de son cœur, lui, le nez plonger dans ses cheveux or, s’imprégnant de l'effluve fruité et sucré de son parfum. Ils restèrent ainsi de longues minutes, profitant de ces retrouvailles.
Soudain, le paysage changea, le couple frissonna. Le ciel se noircit de menaçants nuages. Les fleurs se fanèrent, les arbres perdirent leurs feuilles, la rivière s’assécha et l'elfe en face de Lisa s'envola dans un hurlement déchirant. Le cœur battant la chamade, la respiration haletante, la gorge serrée, Lisa tenta d'attraper la main de son amour. Mais, il était trop tard !
Dans un sursaut et en sueur, elle se réveilla non pas dans la baignoire, mais dans son lit. Les rayons de soleil s'infiltrant par les interstices du volet, indiquèrent à la jeune femme le début d'une nouvelle journée. Assise, elle peinait à se remettre de son cauchemar. Un mauvais pressentiment s'insinua dans chaque cellule de son corps. Un bruit de frottement provenant du fauteuil près de la fenêtre accentua son mal-être. Elle observa le renforcement, une silhouette s'en dégagea. Paniquée, elle se recula à l'aide de ses mains, vers la tête de lit, tandis que ses pieds se battaient contre sa couette qui l'empêchait de se mouver.
– Pardon pour tout ça, s'excusa l'ombre quand Lisa se recroquevilla sur elle même.

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