Ceci n’est pas une déclaration (1/2)

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Périgueux, printemps 1992. Loreleï, 15 ans. Vivian, 18 ans.


Vivian et Loreleï parlaient de sexe tout le temps. Ce qu’ils aimaient, ce qu’ils voulaient faire, ce qu’ils avaient entendu dire… Ce sera la première fois pour tous les deux. Vivian assumait avec humour d’être puceau à 18 ans. Son meilleur ami, Thomas, l’était toujours, à 19 ans.

Une chose était sûre pour elle : elle n’aimait pas Vivian. Elle le lui avait dit, au tout début de leur flirt, quand il lui avait demandé :
— Pourquoi tu dis jamais que tu m’aimes ?
Elle l’avait regardé, surprise :
— Ben… Parce que je t’aime pas ! On sort ensemble. Tu me plais. C’est tout.
— Les autres filles, elles disent toujours qu’elles m’aiment.
— Je suis pas « les autres filles ».
Elle n’était jamais revenue sur ses paroles.

Au printemps, les troisièmes du collège de Loreleï se mobilisèrent pour organiser une soirée. Ils voulaient absolument qu’elle ait lieu avant le BEPC, pour que les parents ne punissent pas ceux qui l’avaient raté. Ou qui n’avaient pas eu une assez bonne note. Qui sait l’excuse que les parents auraient pu inventer ? Vivian avait demandé à venir. Loreleï avait refusé : — Je sors avec mes copines !
— Y aura qui ?

— Tout le monde ! Ça fait longtemps que j’ai pas été à une grosse soirée !

Il proposa donc une soirée foot - pizza à Thomas.

Pendant la soirée, Loreleï croisa son premier flirt, Guillaume. Il était venu à la soirée avec un ami de la fac. Loreleï dansait avec ses copines, quand elle capta le regard de son ex et de son copain. Ils parlaient en la fixant. Dans les flashes du stroboscope, Loreleï prit conscience de tout. « Rhythm is a dancer » frappait dans les ventres, les corps moites de sueur appelaient la langue, sa queue de cheval se balançait sur ses épaules, son body se plaquait sur ses seins…

À ce moment précis, elle sut : ce qu'ils voyaient, ce qu'ils avaient dit d'elle, ce qu'ils désiraient.

« Je ne suis plus la gamine rougissante de 4e », pensa-t-elle, en s'avançant vers eux.

Guillaume lui présenta son ami. Elle ne retint pas son prénom. Ils s’isolèrent.

« Allez, je lui laisse toucher mes seins. Pas de soutif, pratique. C’est pas trop mal. Mais moins bien qu’avec Vivian. Sa main sur ma cuisse remonte sous ma jupe. Hop là ! Je le bloque. J’ai juste un message à faire passer. J’ai pas envie de plus. »

Le lendemain de la soirée, elle balança à Vivian :

« Avant que tu l’apprennes par quelqu’un d’autre. Je suis sortie avec un mec à la fête.

— Quoi ! Mais je croyais qu’on était ensemble ?

— Oh ça va ! Tu te souviens quand t’es sorti avec l’autre dans le bus ?

— C’était il y a super longtemps ! Entre nous, ça a changé !

— J’étais pas au courant. On a qu’à dire qu’on est fidèle à partir de… maintenant ! »

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