12 août - Le plateau
La pente disparaît.
Le plateau s'étend devant moi. Une surface presque plane, entourée de parois abruptes sur trois côtés. Je ne l'imaginais pas aussi grand. Dans la vallée, la montagne semblait étroite au sommet. D'ici, c'est autre chose.
Le vent est là, mais il ne fait pas de bruit. Il se déplace, je le sens sur ma peau, mais il glisse sans rencontrer d'obstacle, sans friction, comme si l'air ici avait décidé de se taire.
Je fais quelques pas.
La neige est fine, tassée. Elle crisse différemment sous mes pieds. Pas comme la neige des pentes. Plus compacte. Plus vieille.
Je me retourne pour voir d'où je viens. La face est déjà loin. Trop loin, me semble-t-il, pour le temps que j'ai mis.
Je regarde devant moi.
Et je vois la première structure.
Des blocs.
Pas des rochers tombés. Pas des éboulis. Des blocs posés.
Je m'approche lentement, comme si le bruit de mes pas pouvait déranger quelque chose.
Ils ne sont pas empilés au hasard. Pas effondrés. Disposés.
Je pose la main sur l'un d'eux.
La pierre est différente de la roche environnante. Plus dense. Plus sombre.
Et il y a des marques.
Pas des fissures. Pas des traces d'érosion.
Des lignes.
Fines. Régulières. Elles passent d'un bloc à l'autre comme si la séparation entre eux n'existait pas. Comme si elles avaient été tracées après que les blocs eurent été assemblés.
Je recule.
Je regarde autour de moi.
Il y en a partout.
Ce n'est pas un amas de rochers. Ce n'est pas un hasard géologique.
C'est un lieu.
Je marche entre les structures. Le silence est total. Même mes pas semblent absorbés.
Plus loin, une surface se dresse, presque verticale. Je passe la main. Les mêmes lignes. Je ne sais pas ce que c'est. Pas une écriture que je reconnais. Pas un motif décoratif. Quelque chose d'autre.
Je regarde tout le plateau.
Tout semble lié. Tout semble faire partie d'un même ensemble que je ne peux pas voir entièrement.
Je devrais noter. Je devrais photographier.
Mais je reste.

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