La rencontre

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 Dessiner. C'était ma passion. Je prenais beaucoup de plaisir à réinventer la réalité qui m’entourait. J'aimais cette idée de retranscrire sur mon carnet des séquences de vie où soudain tout se fige. De quelques traits, de quelques ombres, avec légèreté ou avec force, de ma mine de critérium ou de mon bâton de fusain, je décalquais les paysages qui m’entouraient pour en garder une trace, et ce, au plus beau moment qui puisse être. Ce jour-là, je m'étais installé sur la place centrale, à la recherche du moment parfait. Puis elle est arrivée.

 Cette jeune fille asiatique sur son skateboard entama une danse majestueuse et élégante et me fit perdre la raison. Tournoyant à droite à gauche, enchaînant les figures, elle avait capté mon regard. Depuis mon banc, je me suis dit que c'est elle que je devais dessiner.

 Alors, comme guidée par cette force que l'on pourrait appeler l’admiration, j'ai commencé à la croquer, alternant gomme, crayons et marqueurs indélébiles, pour que ce souvenir prenne vie sur cette page blanche. À plusieurs reprises nos regards se croisèrent et de l'admiration émergea un tout autre sentiment. C'était idiot en y repensant. Était-ce possible, un coup de foudre véritable?

 Comprenant que c'était elle qui m'inspirait, elle vint à moi, fléchissant une jambe, puis l'autre, alternant de pied porteur dans une cadence presque sensuelle, certainement pour m’impressionner. Elle s'est assise à côté de moi, a retiré ses écouteurs par lesquels s’échappaient les notes d'une musique rythmée, puis nous avions longuement discuté. Je suis restée assise sur ce banc bien plus longtemps que prévu, à côté d'elle. Méline.

 Avant de partir, elle me demanda de lui donner mon numéro, ce que j'acceptais sans hésiter. Elle m'embrassa tendrement sur les lèvres d'un baiser furtif et passionné puis tourna les talons. Je l'ai alors retenue par le bras, avant de lui rendre son baiser. Elle sourit, puis, comme une requête, me fit une demande bien particulière.

 Ayant un souvenir d'elle dans mon carnet de dessin, carnet que j'emporte toujours avec moi, elle voulait en avoir un de moi sur sa planche, pour pouvoir m'emmener partout avec elle. C'est ainsi que naquît ce premier souvenir commun, mon nom gravé dans le bois, au-dessous de son skateboard.

 Ce doux souvenir maquilla mon visage d'un bonheur provisoire, avant que je revienne à la réalité. Le trajet parut interminable, mais je suis arrivée. Elles sont devant moi. Les portes du Hall B.

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