Les nuits ensoleillées
Muse de mes nuits ensoleillées par la lune,
Viens me retrouver dans la plaine abandonnée
Où la mort, la vie et l'amour j'ai délaissés.
Juif trois fois exilé, j'erre seul dans les dunes,
Où l'ennui de toi me blesse plus que les bombes
Qui tombent sur les toits, dans l'ultime Hécatombe
Des cinquantes-une étoiles de l'infortune.
Que filent ces étoiles au-dessus de moi !
Ô ! C'eût été beau pour annoncer Eiréné ;
C'est tragique en voyant où nous mène la loi...
J'attends, bras et cœur grands ouverts, l'être adoré.
Viendra-t-il demain, et viendra-t-elle jamais,
Ce bonheur naïf, cette passion blessée ?
Muse de mes jours éclairés par les nuages,
Tu es morte dans l'univers ; tu t'enflammais
Autrefois, loin avant que nous devinssions sages :
Le néant a laissé sa place désormais...

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