118 - le déclin de l'Humanité

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Après l’Office en Blanca, Marwah passe au coquetèle du parvis. Sa présence est magnétique, je l’ai sentie venir de loin. Elle aussi se sent irrémédiablement attirée par moi. Elle finit par arriver dans mon groupe de discussion. Marwah est une belle orientale qui sent bon. Elle nous fait profiter de son art interdit, la musique, seulement autorisée par l’Occulte.

  • Mais ça n’a jamais été ma religion, la musique non plus. J’ai été sexuellement convertie, tout comme ma propre mère.
  • Maintenant c’est toi qui nous convertit, avec la chaleur de ton charme.

Elle a l’air de bouillir d’excitation, ça me fait un peu peur. Serai-je à la hauteur de ses attentes ? Avec sa fille, Camélia, c’est plus facile, c’est une locale. Mais Marwah est une terrienne, elle a la même anatomie que moi, c’est moins pratique pour échanger nos humeurs intimes. Elle nous suit jusqu’à Genève où l’expérience est tout de même intense. Elle me joue en pianotant tout mon corps de ses partitions interdites. Ava nous rejoint dans notre couche pour une valse à trois temps. Nos laits giclent les unes dans les autres bouches avant de se connecter en série fermée où nos têtes s’abaissent et se touchent pour une même prière. J’aime bien faire des choses nouvelles avec Ava et pas sans elle. Marwah a l’air aussi de beaucoup apprécier quand je l’invite à chevaucher notre petite rouquine. Je me mets derrière Marwah pour la guider en massant son ventre et laisser venir en elle les humeurs de notre proie. Marwah se retourne et me lance un regard inquiet. Elle a mal. Mes pratiques ne sont pas faites pour toutes. Je la pousse sur le visage de Ava et elle se retourne pour me regarder faire avec mon déhanchée osé et motivé, mes contractions pour absorber le jus acidulé avant de m’en soulager deux fois plus et ainsi de suite. Marwah se cambre sous les assauts buccaux de Ava entre ses cuisses et je la tire à moi pour l’embrasser et étancher ma soif avant de m’évanouir de bonheur et m’écrouler à la merci de mes partenaires de couche. Je me réveille avec mes deux seins occupés par une double tétée en sentant une dizaine de doigts danser entre mes jambes à chercher le bon endroit pour me faire frémir de bonheur. Avec Ava, on ne se réveille que le lendemain, seules en couche. En cuisine, on découvre les douces pâtisseries que Marwah est en train de nous préparer. Elle nous propose d’y goûter, à toutes et à toutes les étapes de la préparation. Son visage rayonne, heureuse et comblée.

  • Vous m’avez convaincue les filles, la Fémunité, c’est bien meilleur.
  • À nous de jouir encore et encore.

C'est l'avènement de la Fémunité après le déclin de l'Humanité.

Analyse du chapitre "118 – le déclin de l'Humanité"

Ce chapitre introduit un nouveau personnage, Marwah, qui sert de catalyseur pour explorer les thèmes de la conversion culturelle/sexuelle, de la différence anatomique, et de la supériorité affirmée de la Fémunité sur l'Humanité passée. Il s'agit d'un chapitre fortement sensuel et presque prosélyte, célébrant le mode de vie de la Fémunité comme un aboutissement heureux après l'échec de l'Humanité.

Symbolique

- La conversion sexuelle comme rite d'intégration :

Marwah révèle avoir été "sexuellement convertie", tout comme sa mère. L'acte charnel n'est pas seulement un plaisir, mais un outil de transformation identitaire et d'adhésion à un nouveau système de valeurs (la Fémunité). Jenna et Ava deviennent à leur tour des "convertisseuses".

- La musique comme art interdit et sacré :

La musique est "seulement autorisée par l'Occulte". Marwah, musicienne, utilise son art pour jouer sur le corps de Jenna ("pianoter tout mon corps de ses partitions interdites"). La musique est une magie sensorielle qui sublime l'acte charnel.

- La différence anatomique et l'échange des fluides :

Jenna note que Marwah, terrienne, a "la même anatomie que moi, c’est moins pratique pour échanger nos humeurs intimes." Cela souligne que dans la Fémunité, les corps ont peut-être évolué ou été modifiés pour faciliter des échanges spécifiques. La différence anatomique est un obstacle, mais pas une barrière insurmontable.

- Le rituel lacté en série fermée :

L'image des laits qui giclent "les unes dans les autres bouches avant de se connecter en série fermée" évoque un circuit, un échange circulaire et parfait qui crée une unité sacrée ("une même prière"). C'est une communion biologique et spirituelle.

- La douleur et les limites :

Marwah a mal. "Mes pratiques ne sont pas faites pour toutes." Cette reconnaissance rappelle que l'extrême sensualité de la Fémunité n'est pas universellement supportable. L'expérience doit être guidée (Jenna guide Marwah) et adaptée.

- La cuisine comme métaphore de l'intégration :

Marwah exprime son bonheur et sa conversion en préparant des pâtisseries, invitant à goûter "à toutes les étapes". La nourriture devient le symbole de sa nouvelle appartenance et de sa gratitude. Le soin domestique (cuisine) est une forme d'amour et d'intégration.

- Le déclin de l'Humanité et la jouissance comme nouveau projet :

La dernière phrase est un manifeste : "À nous de jouir encore et encore après le déclin de l'Humanité." La Fémunité se définit comme l'héritière d'une Humanité en déclin, et sa mission n'est plus le progrès ou la conquête, mais la jouissance perpétuelle et partagée.

Bilan

- Marwah :

Elle est la figure de la convertie. Orientale, terrienne, musicienne, elle apporte une nouvelle sensorialité (odeur, musique) et une nouvelle anatomie. Son parcours (convertie sexuellement) montre comment la Fémunité assimile et transforme les individus. Son bonheur final ("rayonnante") valide la supériorité du modèle.

- Jenna et Ava :

Elles jouent le rôle de prêtresses initiatrices. Jenna est la guide parfois brutale ("elle a mal"), Ava est la partenaire plus douce. Leur couple est le noyau stable qui accueille et "convainc" la nouvelle venue.

- Camélia (mentionnée) :

Fille de Marwah, "une locale", suggère que la génération suivante est déjà née dans la Fémunité, sans besoin de conversion.

Conclusion

Ce chapitre propose une vision de la civilisation post-humaine (la Fémunité) comme une société dont le projet fondamental est l'hédonisme raffiné et collectif. Après les échecs supposés de l'Humanité (sans doute le patriarcat, la guerre, la répression), la Fémunité offre un paradigme alternatif centré sur le corps féminin, l'échange des fluides, l'art sensuel et la jouissance partagée comme formes suprêmes de lien social et de spiritualité. La "conversion sexuelle" n'est pas une coercition, mais une persuasion par l'expérience : goûter à cette vie "convainc". Cependant, le chapitre n'occulte pas les difficultés (la douleur, les différences anatomiques), montrant que cet idéal exige un apprentissage et une adaptation. Enfin, l'affirmation finale est radicale : l'Histoire (le déclin de l'Humanité) est derrière eux ; l'avenir est un perpétuel présent de jouissance. Il s'agit moins d'une utopie à construire que d'un état de grâce à entretenir, à "jouir encore et encore". Le bonheur, ici, est un devoir civilisationnel et une réponse politique à l'échec du passé.

Suite générative

Et si la conversion enthousiaste de Marwah et sa célébration du "déclin de l'Humanité" cachaient en réalité une mission secrète venue des derniers vestiges de cette Humanité, chargée d'infiltrer et de saper la Fémunité de l'intérieur par le même biais sensuel qui devait la séduire ?

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