La voiture de location...

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Ah qu'est ce que j'étais heureux à conduire une Land Rover Disovery série 2… première fois de ma vie que j'ai du luxe britannique entre les mains… y'a une âme dans cette voiture… on va dire que la première heure de route était plus qu'agréable… après y'a eu comme un p'tit souci, les pneumatiques étaient… comment dire… un peu fatiguées, la route se faisait sentir dans le volent. Comme rouler la fenêtre ouverte donne encore plus chaud, j'ai voulu mettre la clim… durant une petite heure ça s'est bien passé… jusque-là…

Oui, parce que c'est à peu près là que le tableau de bord est devenu un sapin de noël… l'âme capricieuse de ce tas de ferraille à décider de méditer au milieu de nulle part, le moteur étant parti en retraite spirituelle, me laissant avec un four ambulant… j'ai bien de la charcuterie avec mais bon, avec le sable et en plein cagnard… ce serait criminel !

Bref, me voilà donc… à l'arrêt… et sans aucuns moyens de prévenir qui que ce soit, en plein milieu de nulle part… ça commence bien, et y'a intérêt que ça continue sans quoi j'les aurai au tournent au Disconomicron… même si c'est eux qui payent tout, y'a de l'abus ! Et le tableau de bord qui a plus de loupiottes allumées qu'un jackpot de las vegas… j'ai gagné quoi ? des heures au soleil… youhouuuuuuu… la chance !

Bon ben y'a qu'une chose à faire… se foutre torse nu et bronzer… de toute manière, si, et j'insiste sur le si, une voiture passe, j'la verrai venir, c'est plat jusqu'à l'horizon dans les deux sens… y'a rien ! mais quelle chaleur bordel, j'crois que j'peux enterrer dignement ce qu'il reste de la charcuterie à ce stade… c'est cuit, enfin, ça a sué… bref, c'est immangeable.

Je me lamentais donc sur l'irrémédiable perte depuis une bonne heure lorsqu'un véhicule eut la décence de s'arrêter pour me venir en aide… à la réflexion, tu parles d'une aide… une tarée oui !

J'vous raconte… donc, elle (la voiture aux vitre teintées) s'arrête à ma hauteur… la vitre descend tranquillement, et y'a c'te blondinette… au visage aussi agréable qu'un plateau de coppa chorizo qui se dévoile… en commençant par le gratin de fromage fondu … j'en avais l'eau à la bouche…

Elle me sort toute tranquille "alors mon bichon, t'as pas pris la bonne voiture de location on dirait"…

Ça, ça a été un indice confirmant que j'm'étais bien fait avoir avec ce voyage à la con…

J'lui ai répondu que c'était pas mon choix, c'était réservé d'avance… tout comme mon hôtel que j'eus aimé rejoindre au plus vite…

- Et c'est ou ton hôtel petit lapinou ? demanda t'elle tout sourire.

Je lui tendis donc la fiche descriptive de l'hôtel… s'eut dû être le second indice… son rire franc et sincère… trop franc, trop sincère, que pour être honnête.

Alors le jambonneau est sortie de sa voiture… des jambes comme des cuisseaux de biche à mijoter aux petits oignons champignon, un ventre plat comme une planche à charcuterie et deux superbes demi cervelas bien épaisses en guise de poitrine le tout caché par un petit top et une petite jupe… la viande était à peine protégée sous plastique, y'avait qu'à se servir…

Elle a fait le tour de la carcasse, comme s'il s'était agit d'un barbecue géant en sifflotant comme la cocotte-minute qui termine de mijoter le potage au gras et en agitant la main comme on se sert un bol de soupe trop chaude en sachant qu'à part attendre, on y fera rien… et elle me sort qu'à part me déposer en ville elle n'y pourra pas grand-chose, le moteur est cuit.

- tu sais le touriste, fallait pas allumer la clim sur ce genre de poubelle… tu sais quoi j't'emmène mais tu révèle pas mon p'tit secret qui est caché là… promis ? en disant cela elle désigne à peine plus bas que la petite olive mignonne de sa planche à charcuterie…

Qu'est-ce que tu veux que j'réponde à ça… je savais même pas de quoi elle parlait, sa mini-jupe cachait le poisson !

Alors j'ai versé une larme sur la tombe de mon sac à jambon que j'avais acheté à la sortie de l'aéroport et j'suis monté avec la dame… j'allais pas continuer de cuire au soleil, si ?

Devinez quoi, elle m'a tenu la grappe sur tout le trajet….

- Et tu fais quoi en australie ? et tu diras pas mon secret hein… et dis-moi merci pour mon aide…

N'ayant rien de mieux à faire, à part la dévorer des yeux et en cacher des petits bouts dans mes poches, mes cernes hein… un coin de souvenir si vous voulez, parce que si non ce serait autre chose…j'lui ai expliqué… que je venais vérifier l'existence de grain de sable cubique sur une plage suite à un essais nucléaire des années 50… et confirmé que non je ne parlerais pas de son "secret" même si je ne savais toujours pas ce que c'était… et j'ai ajouté un grand merci pour sa serviabilité… j'aurais bien aimé me servir d'ailleurs mais bon….

Vous savez ce qu'elle m'a dit… elle m'a dit que la zone était toujours radioactive et interdite au public… et que j'devrais la remercier pour l'info. Voilà ce qu'elle m'a dit ! quand je pense que je devais en ramener un kilo pour faire des sabliers de luxe… tu parles, j'me demande bien ce qu'ils font vraiment au Disconomicron… vouloir du déchet radioactif… mais bon, c'est mon job maintenant, et vu comment je galère pour trouver autre chose… verra bien !

Elle s'est pas arrêtée… faut pas croire… si vite j'avais fini de lui répondre qu'elle me demande si je connais l'hôtel ou j'vais… et si je suis certain de ne pas dévoiler son "petit secret"…

J'lui répond qu'à part la brochure je n'en sais grassement rien de cet hôtel…

C'eut du être l'indice suivant sur la vaste enfumade de jambon qu'était cette mission…

- tu sais lapinou… si tu m'en dis merci, voilà ce que c'est ton hôtel… il est folklorique… kvant1 fait un boucan d'enfer qui fait trembler les murs, kvant2 est une annexe au sas poubelle… les chambres tiennent debout avec la tuyauterie et les câbles…

J'en étais livide comme une tranche de jambon soit trop salée, soit desséchée, au choix…. Alors j'ai dit merci à ma charcuterie ambulante… pour ces infos vitales…

Mais faut pas croire… si j'promettais de ne pas parler de son "petit secret" elle continuerait de parler de l'hôtel, histoire que je n'y arrive pas comme une cruche…

Histoire de meubler le silence et finir de sécher comme la viande au séchoir, j'ai dit "bien sur que je ne dévoilerai pas ton petit secret… et je vous en remercie de vos infos qui me seront utiles"… ceci dit, j'ignorais toujours la signification entre nous soit dit…

- les chambres sont habitées, t'as intérêt à avoir un coffret de verroterie avec toi pour négocier le lit… et oublie la douche, j'crois qu'elle n'a jamais marché !

Elle rigolait la garce… de mon malheur à venir… alors j'lui ai demandé si le service de chambre était au moins correct… en promettant d'avance de ne pas parler de son petit secret… et en la remerciant des infos distillées comme un alcool un peu trop fort dans le quel une grenouille séchée aurait récupéré sa taille d'origine depuis le temps d'incubation…

C'est là qu'elle m'a regardé comme un cornichon tout juste sorti de son bocal encore dégoulinant de vinaigre… et qu'elle a ris encore plus fort !

- si tu aimes la nourriture en tube au goût de bortch tiède, oui c'est un régal, si non oublie… vaut mieux aller au dinners plus loin sur la route… mais vu l'état de ta bagnole, tu devras prendre la navette So Used… trois places dont le chauffeur… un luxe à ne pas manquer m'assura t'elle… si non y'a le shuttle, un départ le matin à 5h et un retour le soir à 23h… 7 place, c'est mieux…

On arriva en ville… enfin, si on peut appeler cela une ville… une pompe à essence, un bed and break fast et un bar… le tout entouré de trois maisons… c'est là qu'elle m'a laissé pour appeler une dépanneuse…. Et elle insista, quoi que tu écrives, ne parles pas de mon petit secret… et dis à tout le monde que c'est moi qui t'ai aidé, je suis Opale La Guide d'Australie

Quand elle est partie j'connaissais toujours pas son petit secret, donc j'peux vraiment pas vous dire ce qu'il en est !

A la réflexion… Only Light Gum Assfuck ? honnêtement, je préfère ne pas savoir son petit secret… c'est mieux pour moi !

Mon tirage : 5 / 4 / 6 / 2 / 4 / 3 / 2

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