Naissance et renaissance

4 minutes de lecture

Au premier jour du printemps, le temps se réchauffa brusquement et un monstrueux orage s'abattit sur la Haute Normandie. C'est ce jour-là que choisit notre enfant pour venir au monde. Quelle arrivée spectaculaire !

Lorsque Sophie eut ses premières douleurs et perdit les eaux, j'emmenai, assez paniqué, je le reconnais, ma femme dans la Deudeuche ressuscitée, avec la valise prévue au cas où. Il faisait nuit et je roulais à tombeau ouvert vers la maternité, sous la pluie battante et le ciel zébré d'éclairs. Contrairement à moi, elle gardait tout son calme et, s’efforçant de respirer doucement, me demanda de conduire moins vite, m'assurant qu'il n'y avait aucune chance qu'elle accouche dans la voiture et que ce n'était pas la peine de risquer un accident.

Ensuite, pendant que je faisais les cent pas dans la salle d’attente de la maternité, sur fond de grondements du tonnerre, elle mit au monde un petit Jérôme de trois kilos environ, quelques heures plus tard. Lorsque je fus prévenu, ému et le cœur en fête, j’allai tout de suite rejoindre Sophie dans sa chambre et voir la petite merveille.

Evidemment, je trouvai que notre fils était le plus beau bébé du monde et je ne cessais de m’extasier en le regardant dans les bras de sa maman. Je ressentis une émotion inconnue lorsque je le pris dans les miens. Il était si petit, si fragile, et j’étais si maladroit ! J'avais peur de le casser. Sa tête recouverte de fins cheveux blonds, ses yeux fermés, la moue boudeuse de sa bouche minuscule, son petit nez… Tout cela fit chavirer mon cœur et me mit la larme à l’œil.

C’était mon premier né…

Le lendemain, je suis parti me promener le long de la Seine. Encore chahuté par les événements récemment vécus, j’avais besoin de réfléchir. M'étant arrêté à Yville, ma Deux Chevaux rouge garée près du bac, j'avais fait quelques pas, contemplant le fleuve, hypnotisé par le lent va et vient du bateau chargé d'automobiles.

La pluie de ces derniers jours avait gorgé d'eau les sols et la végétation, créant des brumes de condensation car l'air se réchauffait. Des nappes cotonneuses trainaient encore sur le fleuve, donnant à la scène une atmosphère irréelle, presque automnale, bien que nous soyons au printemps, sous un ciel aux nuages sombres où perçaient parfois des éclats bleu vif.

Le spectacle du courant m'apporta progressivement de l'apaisement. Mes pensées, tel un flot incessant, bourdonnant jusqu'à présent dans ma tête comme une ruche, se diluaient, emportées vers l'estuaire, puis la mer et son infinité où elles se dissiperaient enfin.

Je pensai alors à mon fils, ce petit être fragile que j'avais tenu dans mes bras la veille pour la première fois. Revoir en pensée sa petite bouille confiante pendant son sommeil de nouveau-né me réconforta tout en me remplissant de bonheur et de tendresse. C'était la meilleure chose arrivée depuis longtemps. Cette naissance contrebalançait les événements tragiques et mouvementés que je venais de vivre.

Je pensai aussi à Sophie, qui a toujours été présente à mes côtés et qui me remettait dans le droit chemin lorsque je déraillais. Je ne l'avais malheureusement pas beaucoup aidée pendant sa grossesse, car je n'avais pas été souvent présent.

En songeant aux miens, un flot de pensées positives commença à envahir mon esprit. J'avais trouvé aussi des frères et une sœur dont j'ignorais l'existence auparavant. Et j'avais l'espoir que cette famille m'accepte. Je me promis de venir les voir souvent, et aussi de rendre visite à Pierre en prison et de l'aider par tous les moyens quand il en sortira... probablement dans quelques années.

Repensant à ma petite famille, je me demandai comment je pourrais continuer à exercer mon métier de policier que j'adore, avec autant de conviction et de passion qu'auparavant, tout en préservant ma vie de famille et aussi moi-même. C'était un équilibre difficile à atteindre, mais j'avais l'espoir d'y parvenir plus ou moins.

Puis, après avoir tant réfléchi, je sentis subitement que les nuages sombres qui obscurcissaient parfois le paysage de ma vie depuis six mois s'étaient enfin dissipés, comme un couvercle que l'on aurait retiré d'un seul coup, faisant pénétrer une lumière nouvelle. Ces épreuves m'avaient finalement révélé à moi-même et je me sentais comme régénéré et apte au bonheur.

Et peut-être aussi, que ces expériences douloureuses m'avaient apporté un peu de sagesse et me feraient grandir. Cette pensée me rendit également le cœur plus léger.

Poussant un profond soupir, et les mains dans les poches, je repris doucement le chemin vers ma voiture. Un rayon de soleil, annonçant le printemps, perça enfin entre les nuages sombres et éclaira le paysage d'une intense lumière dorée et soudain, le vent printanier se remit à souffler, chassant le mauvais temps. Il était temps de se remettre au travail. Mais, d’abord, allons voir les Malandain…

FIN

Note de l’auteur :

Fin ? Il y aura sûrement une suite. Juste le temps de l’écrire… Merci infiniment aux lecteurs d'avoir lu un texte de la novice en écriture que je suis et pour l’aide qu’ils m’ont apportée.

Ne connaissant pas les codes du roman policier, je les ai certainement joyeusement transgressés. C’était d’ailleurs plus un roman qu’un polar, et j’ai laissé mon imagination vagabonder. J’espère quand même que cette histoire vous aura plu et fait passer un bon moment.

Maintenant, il me faut corriger ce premier jet.

A bientôt pour de nouvelles aventures…

KatieKat

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Vous aimez lire KatieKat ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0