13,02,2026, LA RANDONNÉE DE L'ÉTRANGE
… il faut quitter la route puis laisser la voiture, continuer à pieds, marcher entre les arbres, sous leur ombrage dense, avancer en silence, à pas légers se fondre dans le paysage. Ensuite, il faut s'oublier malgré la chaleur, le vent ou le froid, malgré les pieds endoloris et la fatigue.
La première fois, j'ai eu soif à en avoir les lèvres craquelées.
La seconde fois, j'avais emmené une gourde. Mais j'ai eu faim, le ventre qui gargouillait, des points argentés devant les yeux, une sueur collante au visage. J'ai fait demi tour.
La troisième fois j'avais prévu le nécessaire pour tenir quatre jours et de quoi dormir : une bâche pour m'abriter, un sac de couchage, de quoi allumer un feu, une lampe et des piles de rechange. J'avais aussi un carnet, un stylo, mon téléphone et le kit solaire pour le recharger. Mais c'est le réseau qui manquait à partir du sentier que je suivais maintenant, direction Est-Nord Est. Tant pis ! De toutes façons, quand j'étais jeune, il n'y avait pas de mobile dans toutes les poches. Et on vivait bien !
J'ai continué à avancer. Je me sentais bien, léger, malgré le sac qui pesait sur mes épaules. Parfois je faisais fuir des animaux, des oiseaux, des lapins, des écureuils. Mais j'ai vu aussi des chevreuils, et plus inquiétant : des sangliers. Cependant, j'intuitais que je n'avais rien à craindre d'eux. Certains m'ont regardé avec curiosité, d'autres se sont éloignés lentement. Je ne leur inspirais visiblement pas la panique...

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