Urgence

2 minutes de lecture

L'orage couvait derrière le ciel obscurci, laissant filtrer de temps à autre quelques éclairs violets ...

Bien décidée à me coucher tôt, je m'étais préparé une petite dînette toute simple, pour profiter des derniers instants de clarté sur la minuscule terrasse qui exhalait ses parfums de fleurs.

La pluie ne tarderait pas, sans doute.

Une pluie coléreuse, brusque, qui nettoierait la terre de ses miasmes ; j'avais mis à l'abri mes pots de plantes fragiles et vérifié les fenêtres.

Il faisait lourd, les arbres s'agitaient, l'atmosphère était électrique.

Pour qui sait écouter la terre, le silence n'existe pas.

Et j'aime écouter la terre ...

J'étais bien, le museau de mon chien fidèle contre ma cuisse, je n'avais guère envie de bouger.

J'avais préparé quelques bougies au cas où, comme cela arrive souvent dans la lande, l'électricité serait coupée.

Le fanal sur la bordure du chemin éclairait l'alentour ; si quelque promeneur égaré avait besoin de se réfugier sous un abri, le hangar était là, grand ouvert. Tout était donc en ordre et j'étais paisible, en proie à une de ces longues rêveries dont j'étais coutumière.

Au premier coup de tonnerre, je me saisis immédiatement de mon carnet de bord.

Une évidence venait de me frapper brusquement.

Combien de textes m'étaient venus ainsi à l'esprit, dans la ronde folle des pensées, avant que le cerveau ne s’enfonce dans les bras de cette sacrée Morphée, et que j'avais perdus, par paresse de me lever, par optimisme, en songeant qu'ils seraient encore là demain ?

Demain ?

Il fallait à tout prix que j'écrive mes mémoires, vite.

Je venais d'avoir cent deux ans, combien de temps me restait-il ?

Je croyais avoir encore dix-sept ans et puis ... le temps avait passé.

Il fallait que je me dépêche à présent.

Je mis des piles neuves dans mon stylo magique, lissai fiévreusement la première page de mon carnet écorné et jauni et m'attablai aussitôt.

Je commençai ainsi ...

Je suis née un 6 mars à 9h20 dans une petite ville appelée Dreams ...

... Lorsque soudain, un fracas épouvantable retentit, et des lumières rouges illuminèrent le ciel ...

Le chien se mit à aboyer à la mort.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Joailes ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0