Un royaume enchanté 

3 minutes de lecture

Eveline Sobra est une jeune femme de 22 ans. Elle est rousse avec des yeux d’un vert émeraude et une magnifique peau aussi claire que la neige. Éveline, avide d’aventure, décide un jour de mener l’expédition la plus excitante de sa vie : atteindre des terres inexplorées.

Je marche depuis près de quatre heures maintenant. La fatigue pèse sur mes jambes, et ma gourde est vide. Il faut absolument que je trouve un village ou un refuge pour récupérer des vivres avant la nuit. J’aperçois enfin, au loin, un filet de fumée, indice certain d'une présence humaine. Mon cœur bat d'espoir, mais lorsque j'atteins l'endroit, ce n'est pas une ville que je découvre, mais une clairière.

Le lieu est d’une beauté à couper le souffle, tout simplement féérique. Les rossignols y tissent une mélodie céleste, des lapins sautillent avec une légèreté insolente, et même le hurlement lointain d'un loup paraît doux, presque un chant. Une lumière douce et pure, que je ne saurais rattacher au soleil, illumine l'herbe d'un vert profond. Cet endroit est rempli de magie, si éloigné du reste du monde qu'il semble flotter hors du temps. Dès que mes yeux se sont posés sur elle, j'ai su que je ne voulais plus en partir.

En m'approchant davantage, mon regard est attiré par un arbre magnifique en son centre, dont le tronc irise de quatre couleurs distinctes. Vert pour la Terre, bleu pour l’Eau, rouge orangé pour le Feu, et blanc cristallin pour l’Air. C'est le même arbre, m'a-t-il semblé, qui représente la vie même.

J'ai tenté d'avancer pour le toucher, mais un choc brutal et invisible m'a arrêtée net, comme si j'avais heurté une paroi de verre. La douleur n'était pas physique, mais spirituelle. C'est là que j'ai compris. L'être humain est en quête perpétuelle de la paix et de l'harmonie, mais elles sont déjà présentes dans ce lieu. L’Homme souille tout ce qu’il possède, alors la nature se protège d’elle-même. J'ai ressenti une profonde honte envers mon espèce.

Après avoir longuement réfléchi, je pris une décision qui scellerait mon destin à coup sûr : préserver cette clairière et toutes les créatures qui la peuplent, quitte à y laisser ma propre vie.

.......................................................................................

J'ai établi mon campement juste à la lisière, à quelques mètres de la barrière. Les trois années qui ont suivi ont été un combat acharné contre la faim, le froid, et surtout, contre l'indifférence. J'ai vécu en ermite, me nourrissant de baies sauvages et d'eau de source.

Mon obsession était de prouver ma valeur. J’ai agi comme une gardienne non officielle : j'ai traqué et brisé les pièges à collet laissés par les rares braconniers qui s'aventuraient dans cette région, j'ai passé des jours à dévier un ruisseau pour qu'il n'érode pas les racines d’un chêne ancien, et j'ai veillé des animaux blessés. Chaque geste était un murmure adressé à l'Arbre de Vie, une tentative de me racheter.

Un soir d’hiver, alors que j’étais à l'agonie sous une fièvre tenace, j'ai rampé jusqu'à la barrière, la suppliant de me laisser rentrer. À cet instant, l'Arbre, dont les racines parcouraient le monde, m’a enfin écoutée. La barrière disparue.

Au lieu du choc habituel, je sentis une chaleur douce et pure m'envelopper, guérissant instantanément ma fièvre. Le monde magique, que je n'avais pu que sentir, est devenu tangible. L'air vibrait, la terre respirait. Je compris : la clairière m'avait évaluée et jugée digne d’elle.

.......................................................................................

Grâce à cette confiance gagnée, j’ai découvert que la clairière n’était qu’un vestibule : elle était l’entrée d’un royaume secret, celui des Faës.

C'est là que j'ai rencontré Arthur Faehn Lewin. Il m’a trouvée à terre, émerveillée et faible. C’était un noble, mais comme un sauveur, il m’aida à m’adapter dans ce nouveau monde. Le destin nous a unis. J'ai épousé Arthur, et nous avons eu une magnifique petite fille nommée Titiana Faehn Sobra. Je n’aurais pas pu rêver meilleure vie.

Je suis Éveline Sobra, et après avoir donné le meilleur de moi-même pour cette forêt, je porte désormais le titre de Gardienne de la Forêt Sacrée. L’Homme est capable du pire comme du meilleur. Mon souhait est maintenant que d’autres personnes soient acceptées par l’Arbre de Vie et partagent l’immense mission qu’est ce titre.

Journal d’Éveline Sobra, Gardienne de la forêt sacrée.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Nokko971 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0