13. Fin de soirée : début d'une nouvelle vie.
Les instants qui suivirent sont comme embrumés dans ma mémoire, je faisais corps avec cet homme que je ne connaissais pas le moins du monde il y a quelques heures, encore lovée contre lui à regarder les autres s'ébattre à quelques mètres de nous mais, si loin, ils ne faisaient pas cas de nous. Je me sentais bien là, tantôt actrice tantôt spectatrice de ce ballet érotique...
Oui, là dans le plus simple appareil assise sur son sexe endormi à l'entrée de ma vulve, après avoir vécu cela, constat imparable : j'étais à ma place.
Au bout de quelques dizaines de minutes, je me suis relevée, j'ai profité d'un verre d'eau pour me rafraîchir.
J'ai batifolé ça et là avec homme comme femme. Caressé les uns, embrassé les autres, une pipe par ici, une petite branlette par là, offert mon sexe à divers langues et sexes... C'était fou. Oui une folie interminable, comment avons nous trouvé toute cette énergie ?
Une fois que la soirée semblait se calmer enfin, je demande à Michel si je peux aller me rafraîchir dans la salle d'eau.
Il m'accompagne dans une salle de bain assez grande, bien agencée. Il y a une grand vasque en pierre surmontée d'un miroir. De part et d'autre de la cloison où se trouve ce large lavabo, il y a une ouverture qui donne sur une pièce qui, d'extérieur, ne paie pas de mine mais suffisamment grande pour receler une vaste douche à l'italienne cloisonnée par une paroi vitrée. Entre cette vitre et la paroi mitoyenne à la vasque, il y a largement assez de place pour passer : un petit banc en bois contre la vitre et de quoi ranger et pendre des affaires sur le mur.
Il me détache mon collier en me posant un délicat baiser sur la bouche.
Je rentre dans la douche et Michel reste à me regarder.
Son œil est brillant, que va-t-il me réserver ?
- Ne bouge pas je reviens !
Et il repasse de l'autre côté de la pièce.
J'ouvre l'eau, et la divine et chaude pluie vient ruisseler sur la peau. Je suis dos à la vitre, les yeux fermés. Je suis encore bien bien fébrile de ce que je viens de vivre... Mais aussi et surtout de ce que j'ai été capable de faire, déjà me montrer nue devant des étrangers ! Mais en plus tous ces actes ! Je suis troublée, je ne ressens aucune honte... C'est surtout beaucoup d'émotions... Je crois que cette boîte de Pandore s'est ouverte sur moi même. Je me suis trouvée.
Les idées partent comme si l'eau venait rincer tout cela : sueur, sperme, salive et idées tout dégouline vers la bonde située à mes pieds et je suis simplement bien.
Des mains viennent se poser sur moi, je lève les yeux. Mon homme. Il m'embrasse, il sourit mais quelque chose est différent.
Je tourne la tête, Michel est là de l'autre côté de la paroi vitrée. Il a son appareil photo en main.
Christophe m'incite à me mettre face à notre hôte.
Je sais, qu'il est différent car sa présence ici n'est pas seulement dûe au fait d'être mon compagnon, mais aussi car présent sur les consignes de Michel, notre maître. Mon maître, Mon merveilleux maître.
Et sa seule présence à lui avec son appareil photo agit comme un interrupteur dans mon esprit et la salope en moi réapparaît aussitôt, elle est de retour.
Christophe me caresse, je me laisse faire en regardant l'objectif... J'ai les deux mains en appui sur la vitre.
Ce n'est pas une simple paroi de douche, c'est vraiment une vitre épaisse qui ne bouge pas sous mon poids. Je suis cambrée, et la caresse est délicieuse...
Je vois que Michel fait un signe et je l'entends appeller Paul. Celui-ci rentre. Il tient son énorme sexe dans la main...
Je regarde Michel interrogative, je lis sur ses lèvres : tout.
Mon homme me saisit le menton et tourne mon visage vers lui. Il m'embrasse puis s'efface en me faisant signe de regarder Michel.
Paul pose ses mains sur mes flancs et frotte sa grosse queue entre mes fesses. Ma tête doit satisfaire Michel car il sourit et mitraille avec son appareil.
- vas-y Paul ! Encule-moi cette salope !
Là je dois avoir un regard un peu effrayé, mais on me sourit et je me laisse faire, passive, obéissante.
Michel, bien fort : - Allez ! Une derniere folie, Sophie ! Alors ? Tu es à moi ?
- Ou oui
- Je n'entends pas, dis-le plus fort et regarde Christophe en même temps !
Je tourne la tête vers Christophe et le regarde un peu honteuse de lui avouer cette évidente vérité pour dire, effectivement :
- Je suis à vous Michel, vous faites de moi tout ce que vous voulez.
Christophe a un regard un peu particulier... Nous nous aimons, certes, mais quelque chose venait de faire évoluer notre relation ce soir.
Paul en profite pour venir poser son gland sur ma petite fleur. Je dois avoir les yeux exorbités.
Michel continue à prendre des photos, je tourne la tête vers lui, j'ai le visage collé à la vitre. Il ne rate aucun centimètre de chair qui me pénètre, je suis rapidement comblée, pleine. Ça se lit bien évidemment sur mon visage. Il n'arrivera pas à y aller à fond. C'est déjà trop.
Le corps, trempé, collé à cette vitre, je suis dans un état second sous les coups de boutoirs de Paul. Michel en bon photographe amateur mitraille encore et encore la toile exposée devant lui.
Je ne sais combien de temps ça dure, d'autres personnes sont venues nous rejoindre et comme un bouquet final je crois que tous les hommes présents m'ont baisée dans cette douche, la palme revenue à Paul pour son outrage anal.
J'ai fini par me retrouver étendue sur le sol de la douche seule épuisée, trempée. Pas vraiment seule car Michel est toujours là. Après avoir posé son appareil photo, il coupe cette eau dont le ruissellement sur ma peau la rinçait de toute cette luxure. Il m'aide ensuite à me relever.
- C'est bien Sophie, tu peux etre fière de toi... moi, je suis très fier de toi. Tu es magnifique.
Il est très tendre et délicat pendant qu'il m'aide à me sècher et me passe un peignoir qui doit appartenir à sa femme ou quand j'y pense doit être réservé à ses invitées d'un soir comme moi...
Nous sommes revenus ensemble au salon où l'ambiance était devenue beaucoup plus chaste, malgré la nudité ou la quasi-nudité de chacun.
Câlins et discussions sont de mise.
Michel s'assoit sur son fauteuil, Moi je m'installe sur le tapis à ses pieds.
Je suis comme dans un état second, après cette partie de nuit que je venais de vivre.
Et le moment fut venu de se quitter.
Christophe et moi nous levons. J'échange le peignoir contre mon trench-coat. Rien d'autre. J'enfile mes escarpins. Et après avoir dit au-revoir aux invités, je regagne l'entrée de la maison, entourée de Michel et Christophe auxquels je donne les bras.
Michel s'arrête dans le vestibule, nous échangeons un regard qui en dit long. Je viens lui déposer un baiser léger sur la bouche.
-Merci
- Merci à toi Sophie, quand tu veux.
- Bientôt ?
- J'espère.
Et je tourne les talons.
Christophe m'accompagne sur le perron. Nous restons silencieux quelques secondes. L'air frais de la nuit lyonnaise me caresse les jambes et vient enrouler mes cuisses pour rafraîchir mon ventre.
-Quelle soirée ma chérie !
- Tu l'as dit. Quelle surprise tu m'as faite ! Pas de regret ?
- Aucun regret. Et toi ?
- Aucun. Merci mon amour.
Nous nous embrassons langoureusement et je descend à ma voiture.
C'est une femme légère et assouvie qui marche en souriant, le trench-coat entrouvert, vers sa voiture.
Une autre femme.
Cette nuit venait de marquer la vie de Sophie à tout jamais.
Elle savait qu'elle était profondément amoureuse de son homme mais s'était découvert soumise à un autre homme, avec l'entier consentement de Christophe.
Cette autre femme, ce n'est que moi, Sophie et .. c'est déjà ça !
Une Sophie qui va de surprise en surprises....
Sur la route du retour, au volant de ma petite voiture, dans le petit matin naissant, je ne roule pas, non, c'est plutôt comme si je planais, ou comme si je flottais dans les rues de Lyon. Arrivée à un carrefour je m'arrête au feu.
À ma gauche un jeune, un étudiant je crois. Il attend son bus. Il a l'air perdu ou plutôt mal réveillé. Nos regards se croisent, je le regarde fixement, et j'ouvre mon manteau devant ses yeux ébahis. Le feu passe au vert, je démarre en souriant.
Oui, j'aime les surprises.
Je suis Sophie et c'est ma vie.

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