Épilogue

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— Je ne savais pas que Stanley avait une telle collection ! C’était pour sûr un homme de goût, je vous le concède ! s’exclama une femme que Stanley avait sans doute côtoyée. C’est une véritable tragédie qu’il nous ait quittés si tôt.

Linda porta son verre de Martini à ses lèvres et s’autorisa un bref sourire.

— C’est bien plus qu’une collection à mes yeux. Je vois davantage cela comme un héritage. La plupart des œuvres qu’il nous a léguées n’ont pour la plupart jamais été exposées. Des tributs de certains de ses artistes pour honorer sa dévotion et son amour pour l’art. Stanley était un passionné.

Linda ne put réprimer un pincement au cœur tandis que ses yeux s’embuaient de larmes. Ce gala de bienséance faisait remonter en elle des souvenirs et des émotions qu’elle ne parvenait pas à contenir. Les fonds allaient être reversés au WFP (World food program), c’était ce que Stanley Jacobi aurait voulu…

Stanley avait disparu depuis maintenant six mois sans laisser de trace. Ne restait que cet étrange appel échangé peu de temps avant sa disparition, bref et quasiment inaudible. Linda avait essayé en vain de remettre en place les pièces d’un puzzle incompréhensible, sans y parvenir. Sullivan, sa disparition, sa dernière peinture, qui demeurait encore aujourd’hui introuvable. Stanley avait omis de donner plus de détails. Cette peinture était un mystère, et ce qu’elle représentait une énigme.

Le galeriste et son artiste s’étaient volatilisés. Un colis vide avait été retrouvé dans la galerie. Son contenu manquait. Linda avait passé des heures à fournir toutes les informations susceptibles de faire avancer l’enquête, mais ces dépositions n’avaient mené à rien.

Elle vida d’un trait son martini, appréciant les notes florales et épicées, tandis que ses yeux se portaient sur une nouvelle toile.

Son interlocutrice fit la grimace et ne put s’empêcher de partager son point de vue sur cette dernière.

— Je n’arrive pas bien à comprendre ce que celle-ci a de si spécial. C’est d’une banalité affligeante. Je la qualifierais même de grotesque !

Linda n’était pas du même avis. Les détails étaient époustouflants malgré la nature quelconque de l’œuvre. Le choix des couleurs et des textures était maîtrisé. La peinture ne portait aucune signature, comme inachevée.

C’était une nature morte représentant une table où étaient dressés plusieurs mets. Le couvert était mis, comme dans l’attente de recevoir des convives pour l’heure du souper.

La nourriture semblait plus vraie que nature, riche et appétissante.

Les yeux de Linda se figèrent sur un détail en particulier. Une paire de lunettes. Similaire à celles que portait habituellement Stanley.

Joli clin d’œil, pensa-t-elle, tandis qu’elle balayait la salle dans l’espoir de trouver quelque chose à se mettre sous la dent.

FAIM..

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