3 — La valeur du travail

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Marin et Süskind passèrent quelques jours à ne rien faire d’autre que se remettre de leur long voyage. Au grand soulagement de Maxence, ils ne firent que manger et dormir.

Il les trouvait étranges, comme s’ils venaient d’un autre monde, ou bien aspiraient ardemment à y retourner. Souvent, ils parlaient un langage qui lui échappait, non pas tant dans sa grammaire que dans leur façon de tourner les phrases, ou plutôt dans le sens qu’ils cherchaient à convoyer. C’était comme s’adresser à de très vieilles âmes, ou bien à des enfants qui refusent tout simplement de grandir.

Parfois, après avoir tiré un peu de fumée sur une pipe, l’un ou l’autre disait d’une voix calme et très sérieuse :

« Il faudra tout de même penser à faire le compte… »

Alors, l’autre répondait au bout d’un certain temps :

« C’est sûr oui… pour l’instant, ça s’annonce pas brillant, mais qui sait ? »

Suite à quoi ils conversaient pendant de longues minutes dans un charabia incompréhensible pour le pauvre Maxence un peu trop dépassé. De temps à autre, ils se tournaient vers lui pour s’enquérir de la vie de la ville, de ce qu’on y faisait, de comment sont les gens, n’importe quoi qui donne du contenu à ce qu’ils essayaient d’éclaircir.

— « Y est-on heureux, au juste ?

— Ni plus ni moins qu’ailleurs, je pense… » s’essayait-il à répondre tant bien que mal.

— « Pourtant, les gens d’ici semblent agrippés à eux-mêmes… comme s’ils avaient peur de se perdre dans le regard de l’autre, répondait Marin, pensif. Pour moi, ça a bien le signe d’un endroit où l’on n’est pas heureux.

— Oui, poursuivait Süskind. En fait, tout porte à croire que les gens d’ici s’ignorent eux-mêmes. Comme s’ils ignoraient qu’au plus profond d’eux se trouve encore l’autre. Ils ont comme désappris la géographie de ce pays qu’on connait tous depuis l’enfance. C’est paradoxal en fin de compte… ils ne savent rien d’eux et ne se voient pas eux-mêmes comme un trésor à protéger, et pourtant ils se gardent de tout et de tous, de peur de se perdre dans le vaste du monde !

— Le plus troublant, c’est qu’ils n’ont pas l’air très disposés à accueillir qui que ce soit…

— Ça pose problème en effet... Qu’en penses-tu, mon cher Maxence ?

— Eh bien, dit-il après une longue hésitation, je crois que les gens d’ici sont comme partout ailleurs, ils sont pris dans les rouages d’une vie qui ne leur laisse pas beaucoup l’opportunité à l’introspection. Je crois que vous en demandez beaucoup à des gens qui aspirent simplement à ne pas être trop malheureux… Pour le coup, ici le mot même de bonheur me semble un peu fantastique !

— C’est peut-être vrai… Je crois qu’on n’a pas encore assez éprouvé ces gens ma foi ! Marin jeta un œil du côté de son compagnon. T’es chaud ?

— Oui… ça peut valoir le coup ouais ! Répondit-il avec un large sourire. Ah… ça fait longtemps ma foi, je ne sais même plus comment on fait haha ! »

Le lendemain, ils trouvèrent un travail. Ils partirent sur ce qu’ils savaient faire de mieux, c’est-à-dire pas grand-chose. Süskind, avec son allure de savant de campagne se fit faire précepteur pour une famille notable de la ville. Marin traina près des quais pour offrir ses bras.

Dans sa tête trainait un sifflement ancien, presque enfantin. Un vent de fraicheur passait en lui. De nouveau, comme à l’époque, comme au temps où il ne savait pas ce qu’il cherchait, mais qu’il cherchait quelque chose quand même, il avait tous ses sens à l’affut. Tout son être était tourné vers l’extérieur. Ce qu’il était au fond de lui disparaissait par à-coup… Il était tout dans ses mains, tout dans ses pieds, tout dans sa bouche qui voulait goûter les choses.

Quel dommage que tout cela dût partir et disparaitre…

Autour de lui, des gens s’agitaient en suant. Une même huile coulait de tous ses bras noircis par le goudron. Un même appétit grandissait à mesure que la journée passait… une seule soif de la même boisson, du même rire et des mêmes empoignades ! Bien vite, tous iraient au bar du coin pour diviser leur salaire en autant de verres. Alléger la peine, alléger les maux de dos, alléger le manque d’amour parfois.

Marin finit par trouver un grand gaillard qui gueulait un peu sur tout le monde. Selon lui — il le disait avec ses mots, c’est-à-dire rarement en phrases — les gens étaient de bien mauvais viveurs ! Ils ne buvaient pas d’assez bon cœur, et quand ils le faisaient, c’était pour insulter la mémoire des autres ! Tout allait à vaut l’eau après tout… et le boulot qui ne payait plus assez… et les grands de ce monde qui se gorgeaient de tant de plaisir pendant que lui et ses camarades trimaient dans la fange. On avait même plus de quoi aimer et faire des gosses !

C’était une sorte de buffle qui soufflait et s’agitait. Ses poings étaient comme deux masses qui échauffaient l’air et heurtaient une tête ou deux à l’occasion. Il y a des corps comme ça… de grand cœur piégé dans de grands tonneaux de chair. C’est la misère de certains hommes que de ne connaitre la peau des autres que par des griffures et des coups.

Marin vit dans ce large corps un cœur qui vibrait à l’identique du sien. Par un heureux tour de la Providence, il s’avéra que celui-ci cherchait des bras pour l’aider. Bien que Marin ne lui parut pas bien fort, la manière dont il enchainait les verres, sa composition somme toute robuste, et surtout quelque chose dans ses yeux qui criait la fraternité et les franches tapes dans le dos, il accepta de l’engager.

Dès lors, Marin passa le plus clair de son temps près du port. Il chargeait et déchargeait des caisses et partageait volontiers ses repas avec des matelots, de vieux armateurs et des manutentionnaires en tout genre. Ici, au moins, ça rêvait de bout du monde. Ça ne se leurrait pas sur des choses aussi triviales et élémentaires que la vie.

Amour, travail, idéal… tout coulait d’une même source silencieuse. On ne buvait aux fleuves des pensées que par le corps, et jamais on ne se permettait d’en dire un mot qui puisse sonner un tant soit peu conceptuel.

Même si le boulot était dur, et qu’à la fin de la journée son dos et ses bras lui brulaient jusqu’aux pleurs presque, il avait pitié pour Süskind. Une pitié mêlée d’un mépris vague en réalité.

Non content de vivre aux crochets de la pire des espèces, d’une race de petits privilégiés, l’autre passait à côté de l’essentiel. Il se complaisait dans un monde de parfaites illusions. Il ne vivait en fait que dans un monde prémâché par lui-même. Tout ce qu’il était susceptible de rencontrer, il l’avait déjà deviné puisqu’il était maître de ce qu’il lui arrivait.

Ainsi sont les choses quand on ne fait que le métier des mots et des petites pensées. Quand on apprend à des gens ce que font deux et deux, mais qu’au delà de ça des corps et des cœurs pleurent sous la pluie au-dehors.

De son côté, Süskind menait effectivement une existence plus douce. Physiquement, il n’était jamais mis à mal. Malgré son aspect un peu provincial, on lui octroyait le respect réservé spécialement aux serviteurs érudits. Il avait même l’intime honneur d’accompagner la fille aînée.

Petite poupée de porcelaine dans un univers de coton, elle ne goûtait du monde que les meilleurs parfums. Tout était douceur et tranquillité.

Süskind lui enseignait ce qu’il lui manquait encore de finesse dans sa pensée, non pas que cela pusse lui servir à autre chose qu’agrémenter les soirées de son futur mari. Philosophie, Histoire, Lettres classiques, elle pourrait au moins passer une partie de son temps libre à aérer son esprit qui devra rester le plus vide possible par ailleurs.

Il lui enseignait tout cela sans grande passion, parfois même avec un brin de désinvolture, mais son tempérament calme et ses yeux accueillants faisaient de lui une sorte de confident. De sorte que, quand le père s’enquit de lui auprès de sa fille, elle répondit qu’il était « adéquat », ce qui dans son langage voulait dire beaucoup.

Ainsi, Süskind resta attaché auprès de Manon. Il profita du lien qu’il commençait à tisser auprès d’elle pour apprécier plus largement les ressentis de sa caste. Ayant surtout à cœur sa mission, il redoubla d’un tempérament serviable et docile pour devenir comme un protecteur indolent.

Au marché, dans les parcs, au milieu du forum parfois, Un Süskind hagard suivait de près la jolie princesse. Tout était occasion à une leçon improvisée, qui souvent ne voulait rien dire.

« Prêtez attention à cela, Mademoiselle Manon. Cet obélisque, il est tout à fait représentatif de la grandeur de style élamite ! Regardez, c’est l’histoire d’une princesse qui a provoqué une guerre par amour… »

— Oh ! Oui c’est joli en effet. Mais n’est-ce pas plutôt un vestige Amorrite ?

— Comment ?

— Avez-vous confondu ?

— Qu’est-ce que je vous ai dit ? Élamite ? Non, grand Dieu non ! Évidemment, c’est une bâtisse Amorrite. Deuxième dynastie sans doute ! C’est bien, Mademoiselle, vous écoutez vos leçons. »

Dans l’ensemble, Süskind s’en sortait plutôt bien. La jeune fille ne cherchait pas à apprendre quoi que ce soit de toute manière. Il lui fallait juste un chaperon pour aller où elle veut.

Pour la première fois depuis longtemps, elle goutait à un semblant de liberté. Ses précédents précepteurs ne lui autorisaient rien. De vieux croutons qui lui récitaient toute la journée l’histoire des Patriarches, dans une soporifique psalmodie de toutes les générations depuis l’aube de l’humanité jusqu’à aujourd’hui, et ne lui permettaient jamais de sortir un orteil dehors sous prétexte « qu’une jeune fille de bonne éducation ne devrait pas se mêler à la foule ».

Si ce Monsieur Süskind n’était pas toujours très drôle, au moins était-il laxiste. Parfois même, elle le soupçonnait de l’accompagner pour d’autres desseins. Elle le trouvait de temps à autres à contempler un peu trop longuement un temple ou un groupe de personnes, comme un enfant qui s’aventure hors de chez lui pour la première fois. Et les perpétuelles contradictions qu’il laissait glisser dans ses leçons étaient suffisantes, à vrai dire, pour le disqualifier tout à fait.

Qu’il soit imposé ou non, on pouvait vivre bien longtemps dans un tel état d’hébétude. Combien d’autres avaient vécu la vie qu’ils mimaient ? Marin, Süskind, ç’aurait bien pu être mille autres noms, mille autres visages. Pourtant, le cri était le même au fond.

Marin pourrait bien en faire un semblant d’existence ! Ça n’était pas trop mal, après tout. En fin de compte, lui n’avait ni femme ni enfant. Il n’avait que lui-même à gérer, ce qui n’était déjà pas simple.

Allons même jusqu’à dire qu’il se sentait parfois heureux. Oui, heureux. Aussi fou que cela puisse paraitre, son labeur qui lui servait de vie ces derniers temps le remplissait d’un sens d’accomplissement. Et puis, Bruno était si fascinant, si attendrissant surtout. Marin sentait qu’à ses côtés, il pouvait affronter le monde entier !

Longues alors étaient les nuits qu’ils passaient à boire, à rire, à s’engueuler parfois. Ils partageaient à peu près tout, jusqu’aux coups portés lors des émeutes, jusqu’à la peur qui troue le ventre quand les noirs manteaux de l’ordre s’abattaient sur eux.

C’est peu à peu que le travail se mua pour eux en amour. Là, dans la plus corruptrice des villes, dans celle-ci ou dans n’importe quelle autre en vérité, le péché se fit jours à leur cœur. Ils ne pourraient échapper aux chaînes ignominieuses du labeur et embrasser une liberté vraiment complète s’ils aimaient ce qu’ils faisaient… au moins en partie.

Chacun dans leurs coins, ils ruminaient cet inquiétant constat. Si eux-mêmes se condamnaient, que dire alors du vaste troupeau qui errait à l’intérieur des murs ?

Süskind, un jour qu’il était particulièrement soucieux, manqua de prudence auprès de Manon. Alors qu’elle faisait tranquillement ses gammes à la lyre, il s’exprima d’un ton distrait, plus pour lui-même que pour elle.

— « Avez-vous jamais rêvé d’autre chose ?

La jeune fille fut immédiatement piquée.

— Si vous voulez parler de nos leçons, dit-elle après un moment, j’avais certes bien des envies divergentes.

— Et vous n’avez jamais pensé à ce qui se passera quand les leçons seront terminées…

— Oh si ! dit-elle d’une voix qui scintillait. Ne soyez pas heurté, mon cher Monsieur… je vous apprécie, je vous aime beaucoup oserais-je même. Mais il me tarde d’en avoir fini avec tout ça et de vivre enfin ma vie ! »

Süskind resta un moment à la regarder en silence. Il souriait tendrement.

— « Votre vie. Puis-je en avoir quelques bribes, quelques images… un coup de sonde vers l’avenir ?

— Je ne vous avais jamais vu si sombre, Monsieur.

— C’est pourtant parce qu’en moi règne un soleil gentil que je me permets aujourd’hui de dire tout haut ce que d’ordinaire je taisais volontiers. »

Manon faisait mine de s’occuper. Elle avait délaissé la lyre qui l’encombrait trop pour passer au tricot. Il ne manqua pas à l’attention de Süskind qu’elle ratait quelques mailles. Elle répondit d’un air qu’elle aurait souhaité désinvolte.

— « Je n’ai pas souvenir d’avoir jamais vu chez vous de soleil, aussi gentil soit-il !

— Alors ce sera un tas de nuages ! lança-t-il pour clore la discussion.

— Oh… je ne vous savais pas si susceptible ! Que me demandiez-vous ? De quoi ma vie sera-t-elle faite ?

— Si une telle chose est à votre portée, naturellement…

— Moi, je rencontrerai un garçon ! Un homme qui rentre de campagne, parti se battre au loin, qui revient fourbu et triste de tous ces mois de réclusion et de violence. Alors… il me verrait ! Oh, j’irais certainement voir ma marraine. Ce jour-là, je n’aurai envie de voir personne d’autre qu’elle en vérité ! Je ne ferai ni attention à lui ni à quiconque. Lui m’aura repéré de loin… il me suivra alors. De rue en rue, de place en place, son cœur précédera de lui chaque pas qu’il fera vers moi. Il m’aura aimé alors… avant même que je ne le vit à mon tour. Là, avant de le larguer quelque part, je lui jetterai un regard, un seul. Un œil meurtrier qui le rendra fou et qui…

— Pardonnez-moi, Mademoiselle, j’ai abusé de votre temps. lâcha Süskind d’un ton sec et sévère. Reprenez vos leçons.

— Monsieur ?

— J’ai eu tort de vous poser une telle question. Visiblement, vous êtes encore bercée par des contes de grand-mère et des rêveries de petites filles. Toutes mes excuses.

— Des rêveries de petites filles ? rétorqua-t-elle effarouchée. Ah c’est bien cela ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir !

Sans plus tarder, Manon laissa là son tricot, bouscula la lyre qui reposait près d’elle, enfila son voile et se pressa vers la sortie.

Avant que Süskind ait pu faire un pas vers elle, elle était déjà à la porte. En quelques foulées, elle s’était déjà bien trop engagée pour qu’il pût l’arrêter.

— « Mademoiselle Manon ! Allons, c’est ridicule ! » lançait-il à sa course, au milieu d’une ruelle.

Manon se retourna vigoureusement.

— « Où vous rendez-vous exactement quand vous prenez congé ?

— Je vous demande pardon ?

— Ne jouez pas ce jeu, de grâce ! Jamais mon père n’aurait engagé quelqu’un qui vit près du port, pourtant vous vous y rendez tous les soirs ou presque. Où vous rendez-vous ?

— Je…

— Ah ! » lança-t-elle avant de repartir de plus belle.

Le pauvre Süskind la suivait en titubant. Essoufflé, il craignait pour la sécurité de la petite. Il avait le sentiment de faillir à sa tâche. Et pourtant elle était simple !

Comme si le ciel grondait pour lui et pour lui seul, une tempête éclata subitement. Le firmament se noircit, et le monde fut presque entièrement plongé dans des ténèbres orageuses.

Manon continuait sa course sans se soucier d’autre chose.

Ni les suppliques, ni les invectives, ni même les misérables menaces de Süskind ne purent ralentir la jeune fille. De temps à autre, elle se retournait pour lui jeter un regard de défi. « Vous ne voulez pas répondre ? lui lança-t-elle. Alors, j’en aurais le cœur net ! »

Bravant la pluie, la foule qui courrait à l’abri, et les cris du pauvre Süskind, Manon fusait en direction du port. Elle allait en direction d’un endroit qu’elle n’avait jamais visité que dans le confort d’une diligence. Plus elle avançait, plus les rues se faisaient petites et fourmillantes. Elle pénétrait dans une souricière dont elle n’aurait su retrouver la sortie toute seule. Aussi pria-t-elle pour que Süskind soit encore à ses trousses.

Son cœur courait devant elle. Elle-même ne savait plus exactement pourquoi elle avait décidé de venir ici, mais ses pas la portaient malgré tout. Il lui semblait que le ciel tout entier s’empressait avec elle. Les grondements, les masses noires tout là-haut, le monde entier se fracassait tout autour.

Et Manon, plus légère que le vent lui-même, courait encore et toujours vers une lumière dont elle ignorait le nom.

Devant, elle ne voyait que le phare de la ville qui bravait les ténèbres. Elle n’entendait que les grands cris des matelots qui tentaient de sauver les navires. Elle n’aurait su dire s’ils hurlaient de joie, d’amusement, ou bien si c’était l’effroi et la terreur qui perçaient leur gorge.

Manon livrait bataille au ciel. Elle courait de toutes ses forces vers le phare, comme si à l’intérieur se trouvait la clef pour défaire le firmament coléreux, ou bien comme si elle-même était la lumière dont il avait besoin pour en venir à bout.

Elle se précipitait, Süskind à ses trousses, vers les ténèbres qui écrasaient la flamme.

Le phare grinçait sous le coup des vagues, il vacillait sous le poids du ciel tumultueux. Manon manqua d’être emportée à une ou deux reprises, chaque fois rattrapée par Süskind qui ne voyait désormais aucune autre issue que de la presser à l’intérieur.

Ils pénétrèrent enfin.

Et pour la première fois depuis longtemps

des siècles peut-être

deux anges se trouvèrent en présence d’une flamme nouvelle.

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