Le miracle de la cabane brisée
La fée se dirige vers la vieille cabane en bois en virevoltant dans tous les sens alors que moi, je marche calmement entre les arbres de cette forêt inconnue.
Petit à petit, la cabane devient claire : Le bois extérieur est gris et fatigué, les planches toutes tordues, certaines arrachées, la peinture s’écaille en fines pelures, les tuiles du toit abimé et envahies par la mousse, les fenêtres brisées ou opaques de saleté accumulée…
Et à l'intérieur c'est encore pire… Elle est dans un état piteux : la structure penche tellement sur le côté qu’on dirait qu’elle va s’écrouler à tout moment. Le bois est grisâtre, spongieux et couvert d’une mousse visqueuse. Les fenêtres sont brisées, laissant des éclats de verre pendre comme des crocs de monstres. La porte ne tient plus que par une seule charnière rouillée qui grince dès qu’un courant d’air passe.
Le plancher est un véritable champ de mines : chaque pas provoque un craquement sinistre.
Le papier peint se décolle en lambeaux, révélant des plaques de moisissure noire qui forment des dessins abstraits et inquiétants.
Une vieille table boîteuse trône au milieu, entourée de chaises renversées.
Tout est recouvert d’une couche de poussière si épaisse qu’on pourrait y écrire des poèmes entiers avec le doigt. Des toiles d’araignées gigantesques occupent chaque angle et on entend le bruissement furtif de bestioles cachées sous les lattes du sol.
— Beurk… dit la fée, dégoûtée.
— Il faut vraiment qu’on répare cette horreur. Ajouta-t-elle avant qu’une lumière obscure jaillisse de ses petites mains, formant une tête de mort.
La lumière noirâtre commence à se multiplier. Des dizaines, puis des centaines d'espèces d'insectes brillants à huit pattes et aux yeux blancs pétillants se lancent comme des fusées, entrant et sortant de toutes les pièces.
Elles nettoient et réparent les meubles, mangent et recycle le papier peint, remplacent et renouvellent le plancher.
Tout ça en quelques secondes, montre en main.
Une fois leurs tâche accomplie, elles se ruèrent vers la fée et disparurent en formant une brume foncée et macabre.
Choquée, je regarde la pièce autrefois poussiéreuse et alarmante, devenue un salon digne de la royauté en quelques instants.
Un immense salon où le soleil frappe fort, baignant chaque recoin d’une lumière incroyable. Les murs furent repeint d’un blanc crème tellement pur au point d'en être brillant, décorés de moulures dorées étincelantes. Au centre, des fauteuils en velours beige à l’allure confortable entouraient maintenant une cheminée en marbre qui dégage une chaleur apaisante.
Et ce fut ainsi pour toutes les autres pièces de ce qui était une ruine et maintenant une maisonnée apaisante et chaleureuse.
Après avoir fait le tour de la dernière pièce et comme j’étais ebahie du résultat, la fée me sorti de ma stuppeur.
- J’espère que t’aime bien, demanda la fée d’un ton étrangement timide.
Sa voix qui était jusque là forte et digne semblait faible, je me tournais alors vers elle, sa peau était devenue rouge flamboyant…
— Qu’est-ce que t'as ? lui demandai-je, inquiète.
— Hey ! Ne pense… pas que… parce que j'suis la fée de la mort, je… je n’aime pas les couleurs claires, huh ! Ne te moque pas de moi… Sinon… sinon je vais te détruire. Attention…
A ces mots, elle vola précipitamment vers le lampadaire trônant au plafond et n’en bougea plus.
Soudain, le livre dans ma sacoche vibre doucement, mais assez fort pour que je le ressente.
je le pris, vibrante d'excitation.
je me demandais ce que ce livre me réserve de nouveau.

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