Dans le secret des alcôves

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De retour chez elle, Sapienta, rêveuse, s'apprête à raconter son aventure amoureuse sur sa tablette de cire. Le style trace les lettres avec délicatesse. Elle aime se remémorer cette rencontre qui, deux heures après, la fait encore vibrer.

Hadès est dans son esprit, s'empare de ses sentiments, fait ployer ses certitudes.

Ne voulait-elle pas gérer sa vie seule sans personne pour la guider ?

Ne se sentait-elle pas suffisamment forte au point de penser n'avoir besoin de personne ?

Elle est en train de découvrir l'amour.

Soudain, elle se rend compte que, toute à ses pensées, elle a oublié sa mère.

Elle l'aide chaque jour à parcourir les champs et les bois pour trouver les plantes qui guérissent. Sa mère est devenue indispensable au peuple de Pompéi.

Contre une poule, une chèvre ou un mètre de tissu, Domitia calme les maux de ces femmes et de ces hommes en proie à des douleurs parfois difficiles à guérir. Rage de dent, douleurs abdominales, maux de tête, à chaque personne est dispensé un traitement à base de plantes. Celles-ci sont utilisées comme onguent, infusion ou encore comme boisson bienfaisante.

Bien souvent, la recette fonctionne. Parfois, ses efforts sont vains, l'échec est au rendez-vous.

Sa mère ferme alors sa porte pour quelques jours et s'isole pour prier.

Sapienta est son assistante. Elle aussi aime rendre les gens heureux, écouter leurs confidences, les soulager.

Elles détiennent toutes deux un pouvoir essentiel, aussi grand que celui de l'empereur : gagner le respect des plébéiens.

Jusqu'à ce jour, Titus n'a jamais consulté les deux femmes. Il dispose d'une cohorte de conseillers qui, quotidiennement, vérifient l'aptitude du vice-empereur à mener ses fonctions. Par chance, sa santé est robuste.

À vrai dire, sa plus grande crainte est de ne plus pouvoir régner. Chaque jour, les prétoriens rendent compte de sa santé publiquement lors d'une annonce faite sur la place des tribuns.

Et il se sait de plus en plus en sursis. Cette première année auprès de son père, dont il prendra bientôt la succession, fut éprouvante.

Il aime le pouvoir, il aime se sentir libre. Il ferait n'importe quoi pour conserver ce statut, mais il rechigne à présider les réunions, à écouter les innombrables plaintes du peuple et à prendre les décisions de justice.

Si seulement sa douce et dévouée Bérénice était auprès de lui...

Malheureusement, le peuple et même son père l'ont dissuadé d'officialiser cette relation sous prétexte qu'elle nuirait à son efficacité. Bérénice est juive, elle ne bénéficie donc pas de la confiance des pompéiens, longtemps en prise au peuple sémite. Titus doit agir seul et veiller quotidiennement au bien-être de ses administrés. C'est une tâche lourde et, parfois, il plie sous le poids des responsabilités.

Chacun de ses gestes, chacune de ses sorties est commentée. Il se sent espionné, contrôlé, jugé en permanence. Bien souvent des gouttes de sueur perlent à son front. Il sait qu'au détour d'une rue peut se cacher un opposant, prêt à l'éliminer pour faire place à plus compétent que lui. Son père va l'imposer. Le peuple devra subir ses sautes d'humeur, ses nuits de débauche cent fois racontées au coin des rues. Lucide, il perçoit bien l'attitude de ses sbires, enclins à le satisfaire toute la journée. Certains ne cachent pas leur dégoût pour cet homme attiré par le sexe.

Titus, résigné, mais pas vaincu, garde son train de vie habituel. Il continue d'organiser de somptueuses orgies aptes à lui faire oublier les contraintes de cette vie trépidante.

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