Le Braquage aux Bonbons

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Mes rêves d’enfant n’avaient rien de grand.

Je n’ai pas rêvé d’être astronaute, ni star, ni d’avoir une vie incroyable. Mes rêves d’enfant, c’était quand j’allais me coucher et que je voulais que ce soit vite le lendemain. Pas pour un projet. Pas pour "devenir quelqu’un". Juste pour pouvoir jouer.

J’avais des rêves simples, mais ils étaient à portée de main. Ils n’étaient pas lointains, ils n’étaient pas compliqués. Ils étaient dans l’instant.

Mon rêve, c’était de retrouver mon amie.

Sortir et faire l’équilibre sur un mur comme si c’était une montagne. Jouer au foot avec les enfants du quartier, même si on n’avait pas de cages, même si les équipes changeaient toutes les deux minutes. Marcher sans but, juste parce qu’on était ensemble.

Et puis il y avait les bêtises.
Celles qu’on faisait avec ma copine, les 400 coups.

Aller au supermarché, traîner dans les rayons, se donner du courage à deux, et piquer des bonbons en libre-service. Avec ce mélange bizarre de peur et de fierté, comme si on venait de réussir un braquage minable mais mémorable.

C’était des trucs bêtes. Des trucs cons. Et pourtant, c’était immense.

Parce qu’à cet âge-là, le bonheur n’avait pas besoin d’être propre, ni d’être mérité, ni d’être expliqué. Il suffisait d’un mur, d’un ballon, d’un ami, d’une complice, d’un lendemain.

Je crois que c’est ça, le vrai rêve d’enfant : pas "réussir sa vie", mais la sentir.

Et puis on grandit. On apprend à prévoir, à compter, à faire attention, à se tenir. On apprend à appeler "rêves" des choses compliquées, des choses lointaines, des choses qui se planifient. On devient sérieux. On fait comme si c’était mieux.

Mais parfois, sans prévenir, il reste un écho.

Un mur qu’on voit en passant. Un ballon qui rebondit quelque part. Un rayon de supermarché. Une odeur de fin de journée. Et d’un coup, ça revient : cette urgence douce d’avoir demain, juste pour retrouver quelqu’un et jouer.

Mes rêves d’enfant n’étaient pas extraordinaires.

Ils étaient simples.
Ils étaient vivants.

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