l'apparition

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Ça y est, ses souvenirs se remettaient en place. Elle avait été enlevée dans le coin sombre de ce parking souterrain situé non loin de son travail...

Pourquoi ?

Elle n'en savait rien, n'avait reçu aucune menace, perçu aucun signe avant-coureur.

Dans quel but ?

Pareil. aucune idée.

Elle ferma les yeux, comme pour tirer le rideau sur cette situation et pouvoir quitter cet endroit, se retrouver ailleurs... mais non, toujours cette sueur qui lui coule le long de la colonne.

Puis, ce sont des larmes le long de ses joues.

Un bruit de verrou, un courant d'air frais lui caressa le corps.

Etrangement, ce n'est pas la peur qui la saisit à cet instant mais plutôt une forme de soulagement. Oui, en effet, elle allait avoir enfin, peut-être, des réponses à ses questions.

Des pas dans son dos... Elle avait beau se tortiller, elle n'arrivait pas à voir la personne qui s'approchait d'elle.

Elle sentait maintenant cette présence toute proche.

-Qui êtes-vous ? Que me voulez vous ? hurle-t-elle, à l'encontre de la personne.

- silence-

Pour seule réponse on lui enfila un bandeau sur les yeux.

et puis, un souffle dans son cou et et une caresse sur son bras droit.

Il faisait pourtant très chaud, et elle sentit la chair de poule parcourir toute la surface de son derme perlant de sueur.

- Je t'ai enfin pour moi...

Une voix lente et grave... et inconnue.

Elle, implorante :

- Mais.... mais que voulez-vous ?

- Toi ! Et tu sais que j'en ai mis du temps à te trouver... enfin.

- Pourquoi moi ?

- Tu ne le sais pas ? tu ne le devines pas ?

en pleurs :

- Mais non, je ne vous ai rien fait, je ne sais rien, vous vous trompez c'est sûr.

la main lui caressa les cheveux, puis descendit dans son cou...

- hmm non détrompe-toi, je sais bien qui tu es, je t'ai enfin trouvée depuis le temps que je te cherche...

- Mais... pourquoi ?

- Cela fait longtemps que je te lis, il fallait que je t'ai, cela ne pouvait plus durer...

- Comment ça ?

- Tu t'es perdue, effectivement, tu as fait trop de mal, tu m'as fait trop de mal, je ne pouvais plus te laisser continuer...

La main cet homme passait sur son flanc, et se faisait plus ferme... mais ce n'était plus la main en elle-même c'était un doigt qui remontait dans son dos comme pour collecter la sueur qui dégoulinait le long de la colonne.

- Regarde, tu transpires la luxure, il faut que l'on purifie tout ça...

- Je ne comprends rien à ce que vous me racontez ! Ne me touchez pas ! Sale porc !

Il lui empoigna les cheveux et lui tira la tête en arrière. Sur l'action, elle ne put s'empêcher de pousser un cri de douleur.

- Tais-toi, femme indigne ! Toi tu es sale !

Puis la prise se relâcha, et c'est de nouveau une main caressante qui glissait de la gorge à sa poitrine... Et la voix se fit plus suave.

- Je t'ai lue, tu sais... je te connais, j'adore tes textes, je suis même, je pense ton plus grand fan, celui qui te connait le mieux. Tout ce que tu as écrit, tout ce mépris pour l'homme amoureux, celui qui t'aime... cela ne pouvait plus durer... mais, lui... le pauvre... oui lui, lui était trop faible, trop faible pour toi... cela va changer... je vais corriger tout cela...

-silence, puis une caresse-

- hmm ton corps est comme je l'imaginais, je te voyais juste un peu plus petite...

Ses doigts glissaient sur la peau de sa prisonnière, sur le ventre, et continuaient de descendre...

- Arrêtez je vous en prie...

- Tu peux toujours supplier, tu es à moi maintenant, je ferais de toi ce que je veux...

Elle tenta de reculer son bassin pour échapper à ses doigts inquisiteurs... elle se retrouva maintenant toute tendue vers l'arrière, le dos cambré...

C'est là que, sans aucun avertissement, un claquement sec s'abat sur ses fesses. Et d'une voix ferme et autoritaire :

- Tu ES à moi, TU ne peux PAS t'échapper !

Il n'y a plus de caresse sur le bas ventre, c'est une main ferme qui lui empoigna le cou.

Dents serrées, il reprit :

- Tu n'as pas le choix, tu vas finir par t'y faire.

La gorge écrasée, elle avait de plus en plus de mal à respirer, elle ne put cependant reprimer de grosses larmes qui coulent sous le bandeau.

L'étreinte se relâcha, elle toussa en reprenant sa respiration.

La présence s'éloigna, elle restait là avec son bandeau sur les yeux... un bruit de porte qui se referme. Elle fondit en larmes.

Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, la seule personne vraiment impliquée par ses écrits n'était plus de ce monde, mais, lui, son ravisseur que lui voulait-il ? Une vengeance ? Mais pourquoi ?

Dans ses textes, elle faisait pourtant amende honorable, faisait son mea culpa...

Elle réfléchit à ses lecteurs... lequel ? un lecteur assidu qui commentait beaucoup ? un lecteur de l'ombre ? Elle n'arrivait pas à identifier cet homme, ce malade.

De longues minutes passèrent, des heures peut-être ? Elle avait perdu toute notion de temps, elle n'avait plus aucun repère.

Epuisée, et malgré les tensions de ses épaules, elle finit par se relâcher et commença à s'assoupir dans cette position plus qu'inconfortable.

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