Chapitre 3
Le premier jour de cours n'est jamais le plus intéressant. Il débutait toujours par une réunion interminable lors de laquelle nous sont présentés tout les détails inutiles de l'année. Les carnets de correspondance, les notes, les horaires, les salles, et la bibliothèque : Tout y passait. La seule chose qui se faisait réelement attendre étaient nos emplois du temps. Forcément, ils nous etaient toujours distribués à la fin de cette odieuse matinée.
Mais bon, Guillaume et moi avions plein de choses à nous raconter. Il avait, durant ces vacances, voyagé à bord d'un voilier blanc, deux jours durant. Mais au moment de me raconter ce qu'il qualifiait de "truc de ouf", nous fûmes coupés par des intonations virulentes 20 mètres plus loin.
- Je vais te casser la gueule
- Bouge pas, je m'occupe de toi
Nous décidâmes d'aller jeter un coup d'œil à ce qui semblait être la première anecdote a raconter de l'année. En effet, deux garçon que ni moi ni Guillaume ne connaissions, avait visiblement décider de régler leur compte de façon très athéniennes. L'un était charpenté comme un athlète et le second, s'il il n'avait pas l'avantage du poids, avait la rage de la détermination.
- Je mets une pièce sur le gros, me dit Guillaume
- Oula, moi aussi. Il va le plier.
Les deux combattants étaient en garde, visant les jambes de l'adversaire. Ce fut le maigre qui frappa le premier mais sans succès, car a peine avait-il eut tenté son plaquage que ces jambes volèrent par-dessus sa tête.
- Tu crois qu'il faut qu'on réagisse ?
- Je sais pas, mais bon, regarde, on n’est pas les seuls et personne ne bouge.
Mais nous n'étions pas les seuls spectateurs de cette scène un peu ridicule. Deux filles observaient l'échange musclé. Nous allâmes les voir.
- Vous savez ce qu'il se passe, demanda Guillaume ?
- Pas trop, répondit l'une d'entre elle
La seconde, d'une voix plus timide expliqua
- Je crois que le garçon plus costaud a parlé de façon déplacé de la sœur du moins costaud.
C'était pour le moins favoris des deux une double injustice. D'abord parce qu'il combattait meilleurs que soi, ensuite parce qu'il semblait malgré tout très athlétique. Il avait un certain panache qui me plaisait.
- Ah, dans ce cas, il est moins ridicule que je ne pensais, dis-je. En les voyants se battre on se dit que c'était des gamins mais bon, défendre ainsi sa petite sœur, moi je dis chapeau.
Et tous d'acquiescer en chœur ma remarque qui fit qu'une euphorie s'empara du groupe. De manière aussi inattendu que stupide, nos cries soutenais notre combattants préféré , avec toute la violence nécessaire. Pourtant peu amateur de bagarre je me surprenais a hurler "vas-y, defonce-le". Les filles, qui semblait pourtant avoir un doux tempérament soufflèrent également des encouragements. "Lâche rien, fonce lui dessus," criait-elle. Le plus surprenant fut Guillaume, qui semblait maitriser a la perfection la chose du combat, en proposant des conseils stratégiques.
- Plus bas, les jambes ! proposait-il, Déstabilise-le !
La scène était aussi rocambolesque que terrible. Mais elle allais prendre fin.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? hurla alors une voix qui n'était pas celle d'un élève.
Les deux combattant mirent fin au duel, regardant d'un air gêné le surveillant.
- Tiens, Henri, je vois que vous avez prit de bonne résolution pour cette année. Vous commencez bien. Tout le petit groupe, dans le bureau de la directrice ! Allez !
- Mais Monsieur, ils ont rien fait eux !
- Ils vous encourage dans vos bêtises, c'est exactement pareil. Allez.
C'était la première fois que j'étais convoqué pour une punition. Jamais encore je n'avais fait d'assez grosse bêtises pour qu'un surveillant avec des airs de dictateur m'oblige a le suivre avec tout mes complices. Ce moment fût long et génial a la fois. Long, parce que Mme Durdeau, la directrice, n'était pas la définition même de la douceur, et géniale parce que la posture du délinquants était drôlement chouette à camper.
- Vous allez m'expliquer ? Qu'est-ce que je fais, moi ? J'appelle vos parents ?
- Mais Madame, réagit Guillaume, il a insulté la soeur d'Henri
- Tait-toi ! Je vous préviens, on ne va pas commencer l'année comme ça. Sortez de la et notez bien que vous serez en retenus samedis prochains de 8h à 10h. Tout le groupe, naturellement.
Henri et son adversaire se lancèrent un dernier regard de défiance. Ils en avaient sans doute fini là. Nous quittions alors le bureau de Mme Durdeau en groupe. Marchant d'un pas lourd, personne n'osait dire un mot. Guillaume s'arrêta et se retourna. Il y eut un silence, chacun se regardait dans les yeux. Un fou rire s'empara alors de tout le groupe.
- La tête que t'a tiré, quand le pion a débarqué ! dis-je alors avant de rire de plus belle
- C'était magique répondit une des filles ! Moi, c'est Hélène, et vous ?
- Enchanté, Hélène, moi c'est Guillaume, et mon pote, Vincent.
- Bein moi, c'est Henri ducoup, ajouta le bagarreur, et toi ?
- Madeleine !

Annotations