Chapitre 5 - D E S 7 P E C H E R S C A P I T A U X
1. La paresse
Est liée au sourd, à celui qui refuse de découvrir, celui qui est nostalgique à l’extrême, celui qui se contente d’un artiste. Ceux-là devraient s’intéresser à ce qui entoure leur(s) idoles et ce à quoi elles traitent pour s’ouvrir au monde. Elle est également liée à celui qui vit uniquement dans le présent, ignorant son passé et refusant le futur.
Pour l’artiste ou le créateur, elle est le plagiat ou la pâle copie.
Pour celui qui consomme le média, c’est de non comprendre le sous texte et se contenter du bruit.
2. La luxure
Est liée à la consommation par le public de l’artiste, idolâtrer l’image sans s’intéresser à la personne, à son propos hors scène est refuser sa propre identité au profit d’un moule pré crée empêchant le libre arbitre.
Pour l’artiste, c’est être la copie de ce qui fut, pour celui qui consomme, c’est être la copie de l’artiste ; pour ceux qui l’entourent, c’est être une coquille vide.
Se contenter d’un seul artiste, quelque soit le média, est l’acte de vampiriser son image, vidant l’artiste de sa substance et son message.
Se complaire dans la gloire ou la chute d’un artiste accapare la vie de celui qui agit de la sorte, le privant de sa propre vie sociale.
3. L’avarice
Est liée à la possession des œuvres ; en disposer est une chose, les avoir consultées en est une autre ; les avoir comprises pour en faire une collection en est la finalité. Posséder pour l’acte vide les œuvres de leurs substances faisant de la bibliothèque un cimetière ou l’herbe ne repoussera jamais plus.
Posséder pour le fait pousse l’artiste à créer, la création finira par ne créer que du vide de manière progressive. Le vide comblant le vide par du vide.
Pour l’artiste ou le créateur, elle est le désir d’être ce qu’il aurait pu devenir avant l’acte de création, elle mène soit au plagiat soit à l’hommage maladroit mais sincère.
Pour le public, sa propre avarice pousse l’artiste ou le créateur à plagier ou rendre hommage pour satisfaire la gourmandise de ceux qui consomment.
4. La colère
Est liée pour le créateur ou l’artiste, au besoin de s’exprimer, elle est autant vecteur d’émotions que de traiter de sujets dits graves. Dans ce cas n’est point de pêcher mais le besoin d’exprimer une réalité.
Pour l’artiste ou le créateur le cas échéant, elle est le reflet lié à la popularité qui ne s’intéresse nullement à l’œuvre ni à la personne mais au scandale qui lui serait propre, dénigrant le travail, l’œuvre, le résultat et nourrissant la gourmandise du public.
Pour l’artiste et le créateur, la colère des uns les pousses à la création, parfois seine, parfois non.
Elle est liée au public, au consommateur et son avarice, refusant que l’artiste dispose du temps requis à ses yeux pour produire la qualité attendue, réclamant par gourmandise malsaine encore plus de contenu.
Elle est également liée à la nostalgie, la luxure du public refusant qu’un artiste ou créateur évolue, change de style ou de cadre.
Concernant le média, et donc l’artiste ou le créateur, la colère nait de ne pas être découvert par le public gourmand et sélectif.
5. La gourmandise
Est liée pour l’artiste ou le créateur au besoin de reconnaissance par la masse, lorsqu’inconnu, la gourmandise modérée est légitime. Lorsqu’elle traite de prolonger la gloire, elle mène à la création ou l’interprétation vide de sens ; lorsqu’il s’agit d’hommage, il s’agit de l’avarice de la gloire d’autrui, l’artiste rendant une copie en linceul de ce qui fut glorieux pour redorer son propre nom.
Pour le consommateur, elle est liée à l’envie que l’artiste ou le créateur reste l’image qu’il fut, refusant une quelconque évolution. Elle est également le besoin d’avarice, réclamant toujours plus à l’artiste que ce qu’il peut décemment produire.
Elle est également le besoin de possession excessive, qui mène à la paresse, l’acte de posséder un cimetière vide de tout contenu, alors que ce dernier ne demande qu’à être consulté plutôt que possédé.
La gourmandise de l’un pousse l’autre à créer, parfois du bon, souvent du mauvais et pousse un troisième à faire en sorte que l’un en réclame encore plus et l’autre à sur produire au prix de la qualité.
6. L’envie
Est liée à l’acte de création, au besoin d’expression. Si elle est le besoin d’exister par l’art elle n’est pas pêcher mais moteur.
Elle peut-être aussi le désir d’être connu, à outrance, elle mène à des créations aberrantes répondant aux attentes des plus gourmands sourds.
La paresse mène à l’envie de meubler le silence, réduisant l’artiste et l’œuvre à un objet dans un espace vide. Si l’envie accompagne un acte de vie, elle le sublime, si elle ne fait que remplir le vide, elle détruit l’œuvre.
Pour le public, l’envie crée la nostalgie OU crée le besoin que l’artiste produise. Si elle est seine, le public accepte ce que l’artiste ou le créateur propose, autrement, elle force l’artiste à soit régresser soit être oublié.
L’envie est également le besoin de se replonger dans la culture pour y puiser le nécessaire à affronter la vie, à se souvenir, à tirer des leçons des propos propagés. Dans ce cas, l’envie devient une vertu qui fait grandir celui qui consomme la culture, même de manière gourmande, le rendant ainsi sur le chemin qui mène au hiérophante.
7. L’orgueil
Est liée pour l’artiste ou le créateur à sa croyance profonde d’être meilleur que tous et ce sans même avoir produit le moindre effort, soit de création soit de prestation. Elle découle de l’accumulation des pêchers précédents sous toutes leurs formes.
Pour l’artiste ou le créateur qui débute, l’orgueil peut être justifié, le talent se cachant sous les mauvaises herbes, généralement, il est le reflet de sa non reconnaissance ou de son propre manque de culture. Dans un cas, il mérite la gloire, dans l’autre, il propage son manque de culture déformant ainsi la culture qui l’entoure, nuisant à tous ceux qui y sont liés ; ceux qui consomment ce genre d’œuvres propagent à la fois leur propre manque de culture et la vision biaisée de celui qui la clame.
Pour le public, elle est le reflet de la mauvaise fierté, vouloir être de toutes les prestations est la gourmandise à son paroxysme. S’en vanter est l’orgueil.
Posséder et connaitre, comprendre et partager est une forme d’orgueil, si tant est que la culture soit complète, elle devient le partage de l’ensemble de la culture de l’orgueilleux. Si ce dernier est perméable, il s’enrichira à travers l’orgueil, dans le cas contraire, il sera possesseur d’un château vide fermé au dialogue constructif.

Annotations
Versions