Paresse. V.

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J'ouvre silencieusement la porte de l'appartement. Le léger grincement des charnières perturbe le silence du lieu. Les ronflements de mon Georges me parviennent de la chambre. Au moins, il ne s'est pas inquiété pour moi. Si seulement il savait pour ce soir...

Je ferme la porte et me dirige à pas feutrés dans la chambre. Je pousse la porte entrouverte et le découvre nu, comme à son habitude, la bedaine se soulevant au rythme de sa respiration. Son visage a l'air apaisé. Je regrette mon écart de tout à l'heure, mais mon feu intérieur me ramène à la réalité : j'en avais besoin. Mon corps réclame encore, je n'en ai pas eu assez. Je me déshabille et me glisse entre les jambes de mon Georges. J'empoigne son petit sexe mou. L'image de Rodrigue me revient à l'esprit. Le sien était plus gros. Bon, ce n'est pas la taille qui compte.

Je le caresse doucement avant de le prendre en bouche. Je le sens enfin se durcir. Je n'ai pas fait ça depuis des années. Son corps sent encore le bitume et le goudron, j'ai des hauts-le-coeur. Je le recrache et reprend le travail manuellement.

Le voilà enfin prêt et tendu. Je l'ai entendu gémir et grogner pendant son sommeil, il ne devrait pas tarder à se réveiller. Sans plus attendre, je m'installe à califourchon et m'empale sur lui. La sensation est différente. C'est plus fluide, plus naturel, plus simple. Mais cette odeur de chaussée qui émane de mon Georges est insupportable. Penchée sur lui, je respire ses effluves à plein poumons.

Finalement, je me retire et me retourne. Dos à lui, je l'enfonce à nouveau en moi. C'est encore différent. C'est un peu comme quand Georges me prend par derrière, mais cette fois, c'est moi qui commande. C'est moi qui contrôle. C'est moi la cheffe. Je n'écoute que moi, mon corps, mes envies. Je repense à Jessica et à ses caresses. Je me rappelle sa main qui frottait ma vulve, qui pelotait mes seins. Je me redresse et mime ses gestes. Une main sur mon sexe, l'autre empoignant ma poitrine, je me caresse tout en baisant mon Georges. Le plaisir monte rapidement, mes gestes et mon souffle sont saccadés. Les yeux fermés, je revois l'image fugace de Rodrigue, comme s'il était tatoué sous mes paupières. Ce n'est pas Georges qui est en moi, c'est lui qui me prend. Ce ne sont pas mes mains qui me caressent, ce sont celles de Jessica. Je suis encore avec eux, et ce n'est que la suite de notre partie à trois.

Je suis sur le point d'exploser quand j'entends mon Georges hurler de plaisir. Il vient de se réveiller et admire mon cul aller et venir sur lui. Nous jouissons en choeur. Enfin.

***

Quelques semaines ont passé. Nous avons enfin retrouvé toute notre intimité. Nous baisons plus qu'à l'accoutumée et le plaisir est toujours aussi présent. Le souvenir de cette nuit volage persiste dans ma mémoire et maintient mon sexe en éveil permanent.

J'attends que mon Georges rentre de son travail. Je dois lui parler. Je me suis faite belle pour lui. Robe près du corps, escarpins et maquillage léger. Sobre mais féminin. Le voilà qui arrive. Je l'embrasse, l'enlace tendrement et l'invite à s'assoir. Surpris, il s'exécute et me reluque des pieds à la tête. Je vois dans son regard qu'il me désire, mais j'ai autre chose en tête.

- Tu es très en beauté, ma Minette.

- Merci, mon Georges. J'ai un aveu à te faire. J'ai quelque chose à t'annoncer ......

Il a l'air surpris, presque inquiet. Je m'amuse à le voir ainsi. S'il savait...

Je glisse mes mains à plat sur mon ventre, formant comme une coupe autour de mon nombril.

- Je suis enceinte, murmuré-je, la voix tremblante d'émotion et la larme à l'oeil.

Interloqué, ses yeux s'arrondissent et son sourire s'efface. Il baisse la tête et se terre dans un silence glacial. Je ne comprends pas son comportement. Je le scrute, presque dépitée, dans l'attente d'une réponse.

- Et bien ? C'est tout ce que ça te fait ?, lui demandé-je. Tu n'es pas heureux ?

Je l'entends marmonner. “Ce n'est pas possible…”. Il relève la tête. Il a l'air malheureux et triste. Ses yeux sont rouges de larmes. Il entrouvre la bouche, et murmure à son tour, la voix tremblante :

- Je suis stérile.

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