Luxure V

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La lumière du jour s’infiltra par les rideaux entrouverts. Noémie se réveilla en sursaut. Lucie, sa voisine de lit, était blottie dans ses bras, le visage enfoui contre son sein. Toutes deux étaient à demi-nues, enlacées l’une en l’autre. Noémie écarta une mèche de la chevelure brune de Lucie pour observer son visage. C’était une fille plutôt, mais son visage irradiait encore de l’orgasme nocturne et lui donnait un air apaisé et épanoui.

Lucie ouvrit lentement les yeux et frotta son visage contre la poitrine de Noémie. Elle lui adressa un timide “Salut” et se leva pour s’habiller. Elle traversa la chambre, vêtue d’une simple culotte et alla chercher ses vêtements. Noémie observa le corps gracile de sa partenaire d’une nuit qui s’éloignait comme si de rien n’était. Elle ne comprenait pas pourquoi elle agissait ainsi, avec une telle indifférence.

  • Ca va ? lança Noémie. Tu as… passé une bonne nuit ?
  • Très bien, merci.

Lucie enfila à la va-vite un débardeur choisi au hasard. Elle remarqua que Noémie ne la quittait pas du regard et lui lança :

  • Pourquoi tu me regardes comme ça ?
  • Pour rien. C’est juste que je te trouve bizarre. Tu sais, après la nuit qu’on vient de passer…
  • Oui, c’était sympa. Il est plutôt cool, le sextoy de Pauline. Je n’avais pas encore testé celui-là, il faut dire qu’elle a une sacré collection. Des boules de geishas, des godes doubles, des vibrants, des canards, des godes durs, des mous, des menottes…

Noémie entendait la liste se dérouler sans vraiment l’écouter. Elle était donc la seule à être embarrassée d’avoir couché avec sa voisine de lit. Finalement, elle n’avait peut-être pas sa place ici.

  • Mais ça t’arrive souvent ? Je veux dire de… coucher avec ta voisine de lit ?
  • Ca nous arrive à toutes. On ne peut pas sortir d’ici, on n’a pas de contact avec l’extérieur, alors il faut bien qu’on se tienne compagnie les unes les autres. Tiens, la semaine dernière, j’ai fini dans le lit de Clarisse, et la semaine d’avant, c’est Emilie de la chambre voisine qui a fini dans le mien.
  • Aussi souvent que ça ?
  • Ce n’est rien. Beaucoup d'entre nous ne passe aucune nuit dans leur lit et rend visite à une personne différente par nuit. Emilie n’est jamais venue te ...
  • Laisse tomber, coupa Noémie. J’en ai assez entendu. Tu veux dire qu’ici, tout le monde couche avec tout le monde ?
  • Tu t’attendais à quoi ? C’est un institut pour nymphomanes, ici ! Tu penses qu’on faisait des soirées tricot en buvant du pisse-mémé et qu'on se limitait à se caresser l'abricot à la nuit tombée? Non, on baise, on se lèche, on se pelote. La vraie vie, quoi ! Pas vrai, Clarisse ?

Noémie se tourna vers la doyenne de la chambre qui venait de s’éveiller.

  • Ouais, la baise, il n’y a que ça de vrai ! D’ailleurs, tu reviens quand ?
  • On n’a plus le temps, Pauline va passer dans quelques minutes. Mais bientôt, promis.
  • Je me la taperais bien celle-là, aussi. Pauline. Même si elle n’est plus toute jeune, elle en a une sacré paire !
  • Tu parles de quoi ?
  • De ses miches, de ses nichons… Et quelle femme ! Tu te rends compte qu’elle est rentrée à l’institut dès ses huit ans ? Ca, c’est une femme d’expérience. Entre ses mains, tu n’as plus qu’à te laisser porter, elle arrivera forcément à faire jouir la plus frigide de nos grand-mères !

Noémie restait silencieuse, à écouter ses camarades vanter les atours de l’éducatrice. “C’est vrai qu’elle est sexy, Pauline.” Elle repensa à leur entrevue de la veille, à sa poitrine qui débordait du chemisier, à ses cuisses largement dévoilées. Cela suffisait à raviver ses ardeurs, et elle eut une idée soudaine. Elle se redressa à califourchon, les seins à l’air et tenait en l’air le jouet intime. Elle coupa toute conversation en s’écriant : “Qui a envie de s’amuser avec moi ?”

Ses voisines la dévisageaient d’un air circonspect. Clarisse rompa le silence la première :

  • Mais c’est qu’elle en a une sacrée paire aussi, la petite ! Preum’s !, cria-t-elle en se jetant sur Noémie.
  • Attendez-moi, s’écria Alice, qui sortait tout juste de son sommeil et suivit tant bien que mal sa voisine.
  • Bon, s’il ne reste plus que moi, alors… Faites-moi une place, même si je ne sui spas très grosse !, prévint Lucie.

Noémie ne comprenait plus ce qui se passait. Autour d’elle, tout n’était qu’un amas de chair froide et tiède, musclée et molle, généreuse et mince. Des mains la touchaient, lui pelotait tour à tour le ventre, les cuisses, les fesses, les seins, son sexe. Les corps se frolaient, se touchaient se caressaient. Des mains palpaient, des lèvres embrassaient, des dents mordillaient. Elle ne savait pas qui la touchait, elle même ne savait plus qui elle caressait. Elle voyait des doigts s’infiltrer dans des orifices, elle faisait de même. Les souffles se mêlaient, tout comme les salives et autres fluides corporels. Le jouet passait de main en main, de sexe en sexe, glissait parfois dans un cul qui trainait là. La masse de chair gémissait comme un orchestre polyphonique, chacune jouant la partition de la plaisir.

La porte s’ouvrit à la volée, accompagnée de quelques pas sur le parquet et d’un exclamation qui résonna dans la pièce. “Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?” cria une voix familière.

La chair informe s’immobilisa, et plusieurs paires d’yeux se tournèrent vers la porte. Pauline, l’éducatrice en chef, les observait d’un air sévère, les bras croisés.

  • Mesdemoiselles, je n’ai pas confié à votre camarade Noémie ce jouet dans le but que vous vous écharppiez et que vous reconstituiez une scène de lutte gréco-romaine ! Rendez-moi ça ! hurla-t-elle en retirant le jouet qui était insérée dans une des pensionnaires. Rhabillez-vous immédiatement. Noémie, je vous attends dans mon bureau dans cinq minutes ! Bougez-vous !

Elle tourna les tâlons et quitta la pièce en claquant la porte. Les trois comparses s'esclaffaient, à la surprise de Noémie qui restait immobile.

  • Alors, toi, tu vas passer un sale quart d’heure ! riait Lucie.
  • Oui, tu risques de passer plus de temps ici que prévu ! relança Clarisse.

Noémie s’exfiltra tant bien que mal de l’orgie et s’habilla à la va-vite avant de filer au bureau de Pauline. Celle-ci l’attendait, assise sur le plateau de son bureau, les jambes croisées, comme à son habitude. Elle ferma la porte et se planta devant l’éducatrice, les mains jointes et la tête baissée. Pauline la rappela à l’ordre : “Regarde-moi. Ne baisse pas la tête”

Noémie leva le visage, mais ne dit rien. Elle attendait sa sentence, sa punition. Même si elle n’avait rien fait de mal.

  • Noémie, quand je t’ai confié cet objet, c’était pour que tu puisses patienter jusqu’à ta sortie, pas pour que tu déclenches une orgie dans ta chambre. Tu sais ce que j’ai ressenti quand je vous ai vues vous ébattre toutes les quatre ?
  • De la colère ? De la déception ?
  • Non. De la nostalgie, et un brin d’envie.
  • Pardon ?, lâcha Noémie, les yeux écarquillés.
  • Oui, quand je vous ai vues baiser sans retenue, ça m’a rappelé ma première semaine que j’ai passé ici, quand j’avais onze ans. Je me suis moi aussi retrouvée dans une partie à plusieurs. C’est assez perturbant, quand j’y repense.
  • Onze ans ? On m’a dit que vous étiez arrivée ici à huit ans ?
  • Oui, mais j’étais mise en quarantaine dans un autre établissement, pour me protéger des autres. Et je suis arrivé ici à onze ans. Bref, il ne s’agit pas de moi. Je veux que tu saches qu’après ce que j’ai vu, il n’est pas envisageable que tu rentres chez ta tante de suite. Il est de toute évidence encore trop tôt. Si ça se savait, on me mettrait à la porte.
  • Je suis d’accord, je ne pense pas être prête à retourner chez eux, souffla Noémie, un brin de soulagement sur le coeur.
  • Parfait. J’ai une dernière requête à te soumettre avant que tu ne partes.
  • Laquelle ?

Pauline posa pied à terre et dégraffa son chemisier, dévoilant deux énormes seins fermement soutenus par une lingerie fine et déboutonna sa jupe qui tomba au sol. Elle s’appuya les fesses contre son bureau et regarda l’adolescente d’un air provocateur.

  • Si tu veux que je garde le silence et que je passe l’éponge, il va falloir y mettre du tien, susurra-t-elle à la jeune fille.

Sans un mot, Noémie s’approcha et posa ses mains sur ce corps interdit, l'embrassa et se dénuda à son tour. S’il fallait ainsi acheter son silence pour rester à l’Institut, c’est même avec plaisir qu’elle lui glisserait un pourboire.

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