Le déluge : les mois suivants
Monotone. Tel est ma vie. Je vois tout noir ou blanc, je ne vois plus de nuances de gris. Je le vois, il rayonne, je broie du noir. Je pleure, parfois, quand les larmes sortent. Je sombre. Je ne vis plus, je me contente d’exister. Je n’arrive pas à m’empêcher de le regarder. Il est toujours aussi souriant, sauf quand il me voit. Lorsque je lui adresse la parole, un éclair glaçant me foudroie. Lui ai-je fait quelque chose qu’il ne faut pas ? Quand je le regarde j’ai l’impression de me regarder. J’ai l’impression qu’il était devenu moi et moi lui, que nous avions fusionné. Je pense encore à lui. Les filles me disent de l’oublier elles ont tort ! Il me sourit et parfois je le surprends à me regarder, à me frôler, les papillons reviennent. Chaque micro seconde volée au temps où l’on se reconnaît comme avant me permet d’ajouter une carte à mon château. Fragile matériau mais solide château ! Je pense qu’il m’aime encore.

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