Lundi 18 août 2025
Demain c’est la rentrée. Aujourd’hui je vais en ville et peut-être que je croiserai Jérémy, après j’irai manger une glace avec Mamie. Je me fringue plutôt bien... C’est vrai quoi, je vais sûrement voir Jérémy ! Je mets même du parfum.
À midi, maman vient me chercher, elle me dépose en centre-ville. Mon téléphone vibre : c’est Jérémy. On va pouvoir se voir ! C’est trop cool ! On se donne rendez-vous au terrain Joinville. Je m’y précipite au pas de course.
Je passe le portail du terrain et le souvenir de la dernière fois que je suis venue remonte. C’était ce vendredi-là. Avec Lïa, Jérémy et... Corentin. Mon estomac se pince mais je suis rapidement tirée de mes songes en apercevant Jérémy. Il marche d’un pas assuré.
Je suis contente de le voir mais... une partie de moi appréhende l’instant qui va s’en suivre. Hier soir il m’a promis qu’aujourd’hui, la première chose qu’il fera en me voyant, c’est poser ses lèvres sur les miennes. Je lui avais répondu « on verra si tu oses » avec un émoji mignon... Mais... au fond... je ne suis pas sûre d’en avoir envie.
Quand il arrive à ma hauteur, je m’approche et l’enlace.
Faire comme si.
J’inhale son odeur rassurante. Maintenant je ne doute plus, j’ai envie de le sentir près de moi. Comme ça on est bien, et ça nous suffit pour l’instant. Je lève les yeux vers lui mais il n’a pas l’air du même avis.
Tout à coup, ses lèvres sont contre les miennes. J’essaie de me reculer mais ses bras vigoureux me maintiennent ici avec vivacité. Mes paupières ne se ferment pas, elles scrutent les alentours.
Faire comme si.
Tout à coup le baiser me paraît agréable. J’aime Jérémy. Je lui rends son baiser. Mais il y a une petite partie de moi qui meurt pendant ce baiser. Mes yeux le fixent et une sensation amère s’installe sur mon palais. J’aime Jérémy.
Son téléphone vibre, on se sépare. J’ai aimé l’embrasser. J’en avais envie.
On descend vers le collège récupérer nos frères et sœurs qui avaient leur rentrée aujourd’hui. Quand on arrive devant le portail, le trottoir est bondé de parents, on se regarde. Je tente de lui attraper la main timidement.
Il me repousse avec vigueur et me jette un :
« Pas ici ! On pourrait nous voir ! Qu’est-ce que tu fous ? »

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