Effondrement
Les jours et les semaines couraient à une vitesse vertigineuse et nous étions déjà milieu septembre.Le temps semble me filer entre les doigts.Lui aussi.Il file loin, loin, très loin vers cette fille.
Célia.
Qu’elle est belle.
Pas comme moi.
Qu’elle a de beaux cheveux.
Ce que je n’ai plus…
Cette décision regrettable de me séparer de mes longueurs et de faire un carré.Idée saugrenue de couper mes cheveux, inspirée par les nombreux « Tu as trop de cheveux » de Jérémy.
Mes cheveux me manquent.
Je ne sais plus trop où j’en suis.Je ne sais plus ce que je veux.Je ne sais plus ce que je suis.
Si je sais ce que je suis.Je suis perdue.
Perdue en amour.Perdue dans mes notes.Perdue dans le vent instable et changeant de la vie.
Il la regarde.Moi aussi je la regarde.Je la regarde et me demande ce qu’il me manque par rapport à elle.
Quand je le regarde je vois toujours mon point de repère sans trop savoir si j’aimerais toujours l’enlacer, l’embrasser.Je vois la personne à qui je m’identifiais.Et pourtant…
Il n’est plus le même.Et moi je suis toujours là, comme si l’on s’était arrêté au milieu d’une phrase et que j’attendais le point final.
Je tripote mon doudou panda qui porte son nom, offert et baptisé par Alixe quand il m’a larguée.
Je me sens vide.Vide de sens.Sens contraire.Contraire à ma nature.Nature manquante.
Je pense aux 12 000 pas que j’ai faits tout à l’heure en apprenant qu’il est amoureux d’elle.Ces 10 kilomètres pour vider mes larmes, ma peine, mon chagrin.Chagrin toujours là, béant dans mon cœur.Comme une sensation d’abandon.
Il était devenu une part entière de mon identité et maintenant je suis paumée, sans lui, sans ce morceau de moi.

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