30,01,2026, IL FAUT QUITTER LA ROUTE
… Il faut quitter la route puis laisser la voiture, continuer à pied, marcher entre les arbres, sous leur ombrage, dense, silencieux, marcher en silence, se fondre deans le paysage. Il faut ensuite s'oublier soi-même, malgré la chaleur, le froid ou le mauvais temps, malgré les pieds endoloris et la fatigue.
La première fois, j'ai eu soif à en avoir les lèvres parcheminées.
La seconde fois, j'avais emmené une gourde. J'ai eu faim, le ventre qui gargouillait, des points lumineux devant les yeux, des vertiges. J'ai fait demi tour.
La troisième fois, j'avais prévu des provisions pour quatre jours et de quoi dormir : une bâche pour m'abriter et un sac de couchage, de quoi allumer un feu, une lampe et des piles de rechange, quelques bougies. J'avais ajouté un carnet et un stylo neuf, mon téléphone et le kit solaire pour le recharger. Mais c'est le réseau qui manque depuis que je suis ce sentier où on ne passe qu'à un de front. Tant pis. De toutes façons, avant, quand j'étais mino, il n'y avait pas de mobile. Et on vivait bien. D'accord, depuis qu'on en a, il y a des voyageurs égarés, blessés, malade qu'un appel d'urgence et une géo-localisation ont sauvés.

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