Épilogue

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Le bar des Niçois recevait ses derniers clients. Une lumière tiède filtrait sous la tonnelle, dessinant des ombres longues sur le carrelage usé. Des bruits des verres, quelques rires étouffés, la radio qui crachotait du rock.

Tout était paisible, la fin d’un été presque banal.

Jean-Philippe gravit les trois marches de la terrasse. Il avait troqué sa salopette contre une chemise claire et un jean un peu froissé. Dans sa main, un porte-clé Lotus, dans sa tête, un rien de flou, une sorte de calme étrange, comme après une longue gueule de bois.

Son regard balaya la salle ombragée… puis, s’arrêta.

Elle était là.

Assise à une table métallique, près d’un mûrier-platane. Un livre ouvert entre les mains, une tasse vide devant elle. Océane.

Il s’approcha sans bruit, l’estomac un peu noué.

— La Route Intérieure ? murmura-t-il.

Elle releva les yeux, d’abord surprise, puis un sourire vint éclairer son visage.

— Ce n’est pas mon bouquin préféré, je l’avoue…

Il hésita une seconde, puis tira une chaise.

— Psychologie ? demanda-t-il en désignant le livre.

— Oui, sous forme de roman. Ça parle d’un type qui entend des voix, répondit-elle avec un clin d’œil malicieux.

Il eut un sourire gêné :

— Ça m’a l’air bien barré, ton truc.

Elle le fixa longuement :

— Comment ça va, Jean-Phi ?

Il baissa les yeux un moment puis porta un regard étrange sur elle, un regard qu’elle ne lui avait jamais vu :

— Je suis venu pour m'excuser. Je sais que je...

— On n'en parle plus, Jean-Phi... D'accord ?

— Océane... J’aimerais que tu m’aides. Faudrait que je voie un médecin et je ne sais comment m’y prendre…

Elle lui sourit tendrement :

— On va le chercher ensemble, ton médecin. Et cette fois, on évite les routes de montagne, d’accord ?

Ils se levèrent et sortirent du bar en direction du Vieux-Port. Ils commencèrent à marcher côte à côte, leurs ombres s’étirant sous les derniers feux du jour. Le soleil se couchait sur la ville, étalant sur les façades des nuances de cuivre et de miel. Un calme étrange, presque parfait. Ils marchaient depuis une minute à peine, les pas calés dans un silence apaisant, quand une voix familière s’éleva dans le dos de Jean-Philippe, sans prévenir :

— Franchement… Tu crois vraiment qu'elle pourra te sauver ? Elle finira par t'abandonner. Comme Élisa...

Jean-Philippe s’arrêta net. Il se retourna lentement. Lucas était là. Mains dans les poches, le regard moqueur, toujours ce demi-sourire insolent accroché aux lèvres. Il le fixa un instant, puis il souffla :

— Lucas… va te faire foutre !

Océane le regarda, interloquée. Elle voulut parler, mais il la coupa, un sourire en coin :

— Je disais juste au revoir à un vieil ami.

Elle ne répondit rien. Elle hocha simplement la tête, comme si elle avait compris. Puis ils reprirent leur marche, ensemble, vers la lumière qui tombait sur la ville.

La route s'offrait devant eux.

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